Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
La lutte contre la BVD aboutit
 
La BVD, encore appelée maladie des Muqueuses, est due à un virus et peut provoquer de lourdes pertes dans les élevages bovins. Elle se traduit par des avortements, des retours en chaleurs tardifs, des mortalités de veaux et de jeunes, des retards de croissance… Et, même lorsqu'il n'y a pas de signes cliniques, une étude a montré qu'après une circulation virale, les mortalités des veaux et les diminutions de fécondité pouvaient être sensiblement plus importantes.
La principale source de contamination est bien connue, ce sont les fameux IPI (Infecté Permanent Immunotolérant), infectés par le virus et qui sont des excréteurs permanents. Selon les zones, ils représentent de 0,5 à 2% des bovins.
Depuis 3 ans, le GDS du Morbihan (et les autres départements bretons) a mis en place un plan de maîtrise collective de cette maladie. La lutte est basée sur la connaissance des troupeaux susceptibles de détenir des IPI, estimés à 10% du total. Dans le même temps, une maîtrise des risques de voisinage et celle de l'introduction d'animaux IPI a été mise en place.

Légère amélioration

Depuis 3 ans, le département a mis en place des actions de maîtrise collective. La situation vis-à-vis de la BVD est connue en particulier grâce aux analyses de lait de mélange.
Les derniers résultats (octobre 2003), portant sur 4 148 élevages montrent que 44% des troupeaux sont indemnes (classés en A) et un peu plus de 20% auraient une circulation virale stoppée (classés B). Par contre, un peu plus de 30% des troupeaux ont des vaches positives mais le nombre de troupeaux avec des animaux IPI serait à la baisse. Pour les troupeaux allaitants, les proportions sembleraient à peu près les mêmes.
Une analyse plus fine montre que les résultats s'améliorent chez les éleveurs qui ont engagé des actions de maîtrise avec l'aide du GDS. Ces éleveurs représentent une large majorité mais il resterait encore environ 500 éleveurs, concernés par la maladie, qui n'ont pas démarré d'action de maîtrise. Pour ces éleveurs, le GDS va leur proposer des analyses de lait de petits mélanges.

Un fichier des animaux indemnes

Un palier important est actuellement franchi dans la maîtrise collective de cette maladie. Pour la première fois en France, et grâce à la volonté des éleveurs, on va passer à la qualification des animaux garantis non IPI.
Ce fichier permettra de mettre à la disposition des éleveurs une garantie individuelle pour les animaux non IPI, ce qui dispensera d'un contrôle individuel lors des transactions ou des concours par exemple. Cette garantie sera valable pour toute la vie de l'animal. Elle ne concerne évidemment pas les virémies transitoires (et ne dispense donc pas de l'isolement à l'introduction). La garantie ne concerne pas non plus les veaux des femelles pleines. Mais globalement, la garantie apportée par ce fichier sera supérieure à celle d'une virologie négative à l'introduction.
Ce fichier a pu être établi à partir d'un cahier des charges technique (validé par des experts) et qui définit les conditions d'éligibilité des animaux. Elles sont basées sur des analyses individuelles, des analyses de mélanges, une gestion des ascendants et descendants et des sondages. En sont, pour l'instant, exclus les virologies ou PCR sur veaux de moins de 6 mois.
Le fichier sera alimenté en permanence et chaque éleveur disposera d'une liste pour son élevage. À terme, il pourrait y avoir des certificats individuels. Ces listes seront distribuées aux éleveurs concernés à l'occasion des prochaines réunions cantonales du GDS.
Actuellement, sur les
400 000 bovins du département, 167 000 font partie de ce fichier. C'est bien sûr en bovins allaitant qu'il y en a le moins compte tenu qu'il n'y a évidemment pas d'analyses de laits de mélanges comme en bovins laitiers. Pour ces derniers, le fichier ne comporte pas non plus pour l'instant les génisses, même pour les troupeaux classés en A. À terme, on peut espérer qu'il sera possible d'attribuer un statut à ces génisses en fonction du statut des mères.
Dans quelque temps, on devrait pouvoir arriver à 95% des bovins répertoriés dans le fichier des animaux garantis non IPI. En ce domaine comme pour les autres maladies, le but est d'avoir une garantie sanitaire avant l'introduction, et pour un coût moins élevé.

Jean Louis Le Rest

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Date de l'article : semaine du N° du 21 au 28 Novembre 2003
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