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Le bassin versant du Meu est l'un des plus importants d'Ille et Vilaine avec ses 81 560 ha (dont 54 000 de SAU). Il concerne 57 communes et 1 200 agriculteurs. Comme beaucoup d'autres, il a ses problèmes de qualité d'eau dus aux nitrates et aux pesticides. Un problème d'autant plus important qu'il y a deux prises d'eau pour la consommation humaine à Montfort sur Meu et à Mordelles.
C'est en ce sens que la Chambre d'agriculture, les Cuma, le syndicat des eaux du Meu et Bretagne Eau Pure ont invité les agriculteurs du secteur à Breteil pour voir des couverts végétaux en place et participer à une démonstration de semis par divers matériels (pour cette partie, voir page 8)
Champs couverts
Depuis bien longtemps déjà, on connaît des solutions simples pour limiter les problèmes liés aux nitrates et aux pesticides. Parmi celles-ci, les couverts végétaux pour l'hiver s'imposent. Ils ont certes un coût de semences, de semis et de destruction, mais qu'il est possible de limiter.
Pour le lessivage d'azote, des essais précis ont permis de mesurer les quantités piégées par les couverts végétaux. Ainsi, après céréales, un couvert réduit le lessivage de l'ordre de 80 kg d'azote et un RGI implanté sous couvert de maïs piège en moyenne 50 kg d'azote. Plus globalement, c'est 60 à 90% de l'azote qui peut être retenu par un couvert végétal. Une partie de cet azote absorbé sera remis à la disposition de la culture suivante par le couvert enfoui (20 à 30 kg). Pour les phytosanitaires, le même couvert végétal, en évitant le ruissellement, retient l'essentiel des pesticides.
En plus de ces actions directes, les couverts ont également une action agronomique importante, en améliorant la structure et en évitant la battante et en évitant le salissement. On constate aussi sur les cultures suivantes une amélioration de rendements que l'on attribue en particulier à une meilleure activité biologique.
Un choix varié
Pour le choix du type de couvert, l'agriculteur dispose d'une large palette. Il choisira en fonction du coût, de la simplicité d'implantation, mais aussi de la date de semis possible (l'idéal étant avant le 15 septembre) ou encore de son assolement (pour ne pas faire revenir les mêmes types d'espèces). Sur la parcelle visitée, les agriculteurs ont pu voir quatre types différents.
La moutarde a l'avantage d'une levée et d'une croissance rapide pour en plus un coût modique. On la déconseillera dans des rotations avec du colza ou des légumes. Semée à 8-10 kg /ha, le coût de la semence est de l'ordre de 15 euros par hectare.
La phacélie a l'avantage d'être d'une famille non cultivée, d'avoir un système racinaire très structurant, d'être gélive (ce qui évite la destruction). Elle demande une préparation un peu plus fine et son coût de semence est un peu plus élevé (40 à 50 euros/ha pour 10 à 12 kg).
Le ray grass d'Italie (alternatif de préférence)est intéressant si on prévoit de le valoriser par les animaux. Il a d'autres avantages avec son installation rapide et un semis assez tardif possible. Par contre la semence achetée a un coût assez élevé et surtout, la destruction est relativement difficile.
L'avoine (80 à 100 kg/ha) constitue également un bon couvert avec une implantation et une destruction relativement faciles.
Bien d'autres couverts sont possibles, et en particulier des mélanges commerciaux, mais il faut veiller à ne pas augmenter les coûts de semences ou les difficultés d'implantation.
Tout au cours de l'hiver, des mesures de reliquats d'azote seront réalisés sous les différents couverts et les agriculteurs seront à nouveau invités en février pour une démonstration de destruction.
J. L. Le Rest
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