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René Loyzance de Saint-Sauveur-des-Landes recevait mardi dernier les adhérents des GEDA (Groupements d’étude et de développement agricole) pour leur journée consacrée à l’agriculture raisonnée. Il fait partie des agriculteurs chez qui ont été vérifiées les conditions à remplir. Il respecte 80 % des 70 points prévus pour un élevage laitier. Il lui reste à améliorer l’élimination des déchets (bâche d’ensilage…) et à s’engager sur des questions de formation. Rien de vraiment difficile.
Il faut préciser que cet exploitant a déjà un passé de respect de certaines conditions de productions : c’était le code d’hygiène dès 1992, ensuite la charte des bonnes pratiques en élevage. «Le plus difficile, c’est les enregistrements. Il faut les faire aussitôt». Et donc prévoir le carnet dans le tracteur ou la poche, un support pour écrire dans la laiterie, le classement de documents (ordonnances)…
Quelques adaptations supplémentaires
Bon nombre d’agriculteurs ne partent pas de zéro. Il existe plusieurs démarches en place qui sont proches de l’agriculture raisonnée : Agri-Confiance, Cidef (dinde), VPF (porc), CCP (certification de conformité produit), bio, label. La plupart des agriculteurs enquêtés sont dans les mêmes pourcentages que René Loyzance. Les problèmes rencontrés se situent au niveau des phytosanitaires, des ordonnances, des enregistrements, de la gestion des déchets. Des points relativement faciles à régler. Mais avec la crainte évoquée de contraintes administratives supplémentaires.
Le dispositif «Agriculture raisonnée» prévu au niveau national se veut une approche globale de l’exploitation avec l’enregistrement des pratiques. «Il faut être crédible tout en restant accessible à la majorité des agriculteurs», précise Anne Audoin (Chambre régionale). Parmi les points à examiner, on trouve l’environnement, le sanitaire, le bien-être animal, les conditions de travail et de sécurité.
Pas de plus-value
«L’agriculture raisonnée va permettre de sécuriser la production», explique Michel David en charge de ce dossier. Les industries agroalimentaires veulent que la chaîne soit sûre de la production aux produits finis. La grande distribution a les mêmes exigences et tend à imposer ses propres conditions. Il n’y a pas réellement de choix». Il reste des questions à régler comme le coût de la certification des exploitations, la façon de faire connaître les produits de l’agriculture raisonnée. Des points qui sont actuellement travaillés en commun avec les interprofessions.
L’agriculteur peut-il espérer une plus-value ? «Ce serait la logique, répond Gilles Guillomon. En pratique, il ne faut rien espérer si ce n’est un renforcement de la sécurité des filières qui va jouer comme une protection des marchés vis-à-vis des produits importés qui auront plus de difficultés à démontrer qu’ils apportent autant de sécurité au consommateur». L’agriculteur, en plus de bien travailler, doit maintenant le prouver.
Paul Chauvin
La dynamique des groupes fonctionne
L’Ille-et-Vilaine compte 49 groupes (+2 par rapport à l’année précédente) rassemblant plus de 750 agriculteurs (+140). Ceux s’occupant de la production laitière sont les plus nombreux (28) avec des sujets variés : charges, environnement, travail, sanitaire, conduite d’élevage... Ils sont suivis par des groupes d’agricultrices et mixte (19) travaillant sur des sujets plus horizontaux et sur la formation. Des groupes s’intéressent aussi aux cultures, à l’aviculture. Des nouveaux apparaissent : veaux de boucherie et viande bovine.
Les GEDA s’ouvrent aussi à un public plus large avec de la formation sur des thématiques spécifiques. Ils sont aussi acteurs dans leur environnement proche : Terriales à Châteaugiron, Randonnée pédestre à Argentré, Moisson solidaire à Vitré, Fermes en ville à Rennes, comices… Un des objectifs des Geda reste de renforcer leurs actions et qu’un maximum d’agriculteurs en bénéficie.
Charles Leprêtre,
président départemental des Geda.
«les geda se réorganisent »
Les GEDA (Groupements d’étude et de développement agricole) qui étaient une section de la FDSEA se restructurent pour s’adapter à l’évolution de l’agriculture. Désormais, chaque Geda cantonal aura le statut d’association et une fédération les réunira au niveau départemental. La FDSEA en conservera l’animation.
Une des particularités des nouvelles structures sera de rassembler en plus des agriculteurs, des organisations professionnelles ainsi que des élus locaux. «L’agriculture n’a pas qu’un volet économique, il faut y ajouter le social et le territorial, surtout dans un département très urbanisé où il faut partager le territoire, explique le président Charles Leprêtre. Il est nécessaire de cultiver les complémentarités et ne pas rester isolés». D’ailleurs les agriculteurs en groupe ont su montrer leur efficacité.
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