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Bâtiments porcs 1998
 

Conduite des bâtiments
Ne pas oublier les règles de base

Quand les temps sont durs au plan de la conjoncture, les éleveurs se doivent d'être encore plus performants. Il n'est donc pas inutile de rappeler quelques données qu'il ne faut pas perdre de vue. Elles concernent les surfaces, les températures et la ventilation.

Une bonne conduite d'un élevage porc commence par une chaîne cohérente de bâtiments. Si cette affirmation paraît une évidence, Jean-Yves Jégou, technicien bâtiments porc à la Chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor, tient à le rappeler. C'est une des conditions pour appliquer une autre recommandation : les différents bâtiments doivent être conduits dans le système "tout vide ou tout plein", et ce, quels que soient les postes de l'élevage. Le mélange de porcs de bandes différentes est toujours à éviter.

La cohérence de la chaîne de bâtiments est souvent mise à mal. D'une part la productivité progresse : en Bretagne en dix ans, le nombre de porcelets sevrés par portée est passé de 9,2 à 10, soit 9 % de plus. D'autre part, le gain moyen quotidien (GMQ) a progressé. L'addition de ces deux éléments, nombre et poids des porcelets en sortie de post-sevrage, contribuent à transformer un post-sevrage suffisant à la création de l'élevage en un bâtiment trop petit aujourd'hui.

Si la taille de l'élevage a progressé, la situation n'est pas nécessairement meilleure avec les différents aménagements réalisés. Parfois, l'éleveur n'a pas obtenu les autorisations administratives nécessaires pour adapter ses bâtiments.

Que faire ? La location d'un bâtiment (souvent un engraissement) est une solution. Vendre du porcelet ? Possible, mais des petits lots d'une vingtaine ne sont pas pas faciles à négocier surtout quand le marché n'est pas porteur. On peut aussi ajuster le nombre de mise-bas en réformant des truies pleines. Pas si évident ! Alors la surcharge guette, car malgré tout les bâtiments ne doivent pas être sous-employés. Si les conditions sanitaires sont excellentes, ça se passe plutôt bien. "Mais à marcher sur un fil, il y a des risques", prévient le technicien.

Ne pas surcharger :

Un certain nombre de normes existent, il vaut mieux s'en rapprocher le plus possible. Au niveau des surfaces à respecter notamment. Ainsi dans les pouponnières, ces bâtiments qui accueillent les porcelets surnuméraires sevrés très tôt (1 à 2 semaines), il ne faut pas dépasser 5 animaux par mètre carré. La norme reste la même pour les élevages qui disposent d1une nurserie laquelle permet d'accueillir les porcelets pendant deux à trois semaines après un sevrage à 21 ou 28 jours.

En post-sevrage, l'éleveur veillera à ne pas dépasser 90 à 100 kg par mètre carré. Pour l'engraissement, la réglementation prévoit 0,65 m2 par porc jusqu1à 100 kg.

Préchauffer :

Autre norme à respecter, les températures. Un animal qui change de salle doit retrouver la même température dans le bâtiment suivant. Les chocs thermiques affaiblissent le porc qui par ailleurs doit souvent subir un changement alimentaire.

Se limiter à vérifier que la température de l'air correspond aux normes habituelles ne suffit pas, il faut aussi prendre en compte la température des parois. Si elles sont froides à l'entrée des animaux, il va se produire de la condensation. "C'est une double perte d'énergie, le porc devant ensuite par sa propre production de chaleur faire évaporer cette condensation, d'où une consommation supplémentaire d'aliment", explique Jean-Yves Jégou. En pratique, une température de l'air de 22° avec de l'humidité ne correspond qu'à une température de confort de 20°.

Pour y remédier, une solution : préchauffer pendant suffisamment de temps les bâtiments avant l'entrée des animaux. Les parois seront alors en température (encore plus important pour les salles en pignon).

L'engraissement fait aussi partie des bâtiments à préchauffer, généralement avec un matériel mobile. Au moins une raison à cela : un porcelet de 30 kg dans un engraissement normalement ventilé avec 0,65 m2 par animal produit juste assez de chaleur pour maintenir la température, mais pas pour l'augmenter. En hiver et même à d'autres périodes, avec une température trop basse à l'entrée, il faudra plusieurs jours pour atteindre la température optimum. Les risques de dérapages sanitaires sont alors accrus. A éviter aussi en engraissement les écarts de température entre le jour et la nuit. On ne conduira pas de la même façon en période chaude ou par temps de gel.

Pas simple de bien Ventiler :

A la notion de température, il faut associer la ventilation. Le problème est difficile : les besoins de renouvellement de l'air varient de 1 à 10 en post-sevrage et de 1 à 8 en engraissement en fonction du poids des animaux. Mais les ventilateurs classiques n'assurent que des variations de 1 à 4. D'autres moyens doivent être mis en oeuvre comme des entrées et des sorties d'air réglables. A noter que les ventilateurs à contrôle de débit limitent les interventions de l'éleveur.

A l'entrée dans la salle, la vitesse de l'air doit être suffisamment rapide pour réaliser un mélange correct de l'air froid et de l'air chaud et ainsi obtenir une températures homogène dans toute la salle. La vitesse de l'air au niveau des animaux ne doit pas dépasser 20 cm par seconde. Si elle est du double, cela correspond à deux degrés de moins au niveau de la température de confort.

L'éleveur se doit d'adapter la conduite des bâtiments aux conditions dans lesquelles il se trouve. Et avant d'effectuer des modifications en matière de ventilation, il est nécessaire de comprendre pourquoi le système ne donne pas satisfaction.

Paul Chauvin


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Date de l'article : semaine du N° du 27 Novembre au 4 Décembre 1998
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