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Une bonne
conduite d'un élevage porc commence par une chaîne cohérente de bâtiments.
Si cette affirmation paraît une évidence, Jean-Yves Jégou, technicien
bâtiments porc à la Chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor, tient à le
rappeler. C'est une des conditions pour appliquer une autre recommandation
: les différents bâtiments doivent être conduits dans le système "tout
vide ou tout plein", et ce, quels que soient les postes de l'élevage. Le
mélange de porcs de bandes différentes est toujours à éviter.
La cohérence de la chaîne de bâtiments est souvent mise à mal. D'une part
la productivité progresse : en Bretagne en dix ans, le nombre de porcelets
sevrés par portée est passé de 9,2 à 10, soit 9 % de plus. D'autre part,
le gain moyen quotidien (GMQ) a progressé. L'addition de ces deux
éléments, nombre et poids des porcelets en sortie de post-sevrage,
contribuent à transformer un post-sevrage suffisant à la création de
l'élevage en un bâtiment trop petit aujourd'hui.
Si la taille de l'élevage a progressé, la situation n'est pas
nécessairement meilleure avec les différents aménagements réalisés.
Parfois, l'éleveur n'a pas obtenu les autorisations administratives
nécessaires pour adapter ses bâtiments.
Que faire ? La location d'un bâtiment (souvent un engraissement) est une
solution. Vendre du porcelet ? Possible, mais des petits lots d'une
vingtaine ne sont pas pas faciles à négocier surtout quand le marché n'est
pas porteur. On peut aussi ajuster le nombre de mise-bas en réformant des
truies pleines. Pas si évident ! Alors la surcharge guette, car malgré
tout les bâtiments ne doivent pas être sous-employés. Si les conditions
sanitaires sont excellentes, ça se passe plutôt bien. "Mais à marcher sur
un fil, il y a des risques", prévient le technicien.
Ne pas surcharger :
Un certain nombre de normes existent, il vaut mieux s'en rapprocher le
plus possible. Au niveau des surfaces à respecter notamment. Ainsi dans
les pouponnières, ces bâtiments qui accueillent les porcelets
surnuméraires sevrés très tôt (1 à 2 semaines), il ne faut pas dépasser 5
animaux par mètre carré. La norme reste la même pour les élevages qui
disposent d1une nurserie laquelle permet d'accueillir les porcelets
pendant deux à trois semaines après un sevrage à 21 ou 28 jours.
En post-sevrage, l'éleveur veillera à ne pas dépasser 90 à 100 kg par
mètre carré. Pour l'engraissement, la réglementation prévoit 0,65 m2 par
porc jusqu1à 100 kg.
Préchauffer :
Autre norme à respecter, les températures. Un animal qui change de salle
doit retrouver la même température dans le bâtiment suivant. Les chocs
thermiques affaiblissent le porc qui par ailleurs doit souvent subir un
changement alimentaire.
Se limiter à vérifier que la température de l'air correspond aux normes
habituelles ne suffit pas, il faut aussi prendre en compte la température
des parois. Si elles sont froides à l'entrée des animaux, il va se
produire de la condensation. "C'est une double perte d'énergie, le porc
devant ensuite par sa propre production de chaleur faire évaporer cette
condensation, d'où une consommation supplémentaire d'aliment", explique
Jean-Yves Jégou. En pratique, une température de l'air de 22° avec de
l'humidité ne correspond qu'à une température de confort de 20°.
Pour y remédier, une solution : préchauffer pendant suffisamment de temps
les bâtiments avant l'entrée des animaux. Les parois seront alors en
température (encore plus important pour les salles en pignon).
L'engraissement fait aussi partie des bâtiments à préchauffer,
généralement avec un matériel mobile. Au moins une raison à cela : un
porcelet de 30 kg dans un engraissement normalement ventilé avec 0,65 m2
par animal produit juste assez de chaleur pour maintenir la température,
mais pas pour l'augmenter. En hiver et même à d'autres périodes, avec une
température trop basse à l'entrée, il faudra plusieurs jours pour
atteindre la température optimum. Les risques de dérapages sanitaires sont
alors accrus. A éviter aussi en engraissement les écarts de température
entre le jour et la nuit. On ne conduira pas de la même façon en période
chaude ou par temps de gel.
Pas simple de bien Ventiler :
A la notion de température, il faut associer la ventilation. Le problème
est difficile : les besoins de renouvellement de l'air varient de 1 à 10
en post-sevrage et de 1 à 8 en engraissement en fonction du poids des
animaux. Mais les ventilateurs classiques n'assurent que des variations de
1 à 4. D'autres moyens doivent être mis en oeuvre comme des entrées et des
sorties d'air réglables. A noter que les ventilateurs à contrôle de débit
limitent les interventions de l'éleveur.
A l'entrée dans la salle, la vitesse de l'air doit être suffisamment
rapide pour réaliser un mélange correct de l'air froid et de l'air chaud
et ainsi obtenir une températures homogène dans toute la salle. La vitesse
de l'air au niveau des animaux ne doit pas dépasser 20 cm par seconde. Si
elle est du double, cela correspond à deux degrés de moins au niveau de la
température de confort.
L'éleveur se doit d'adapter la conduite des bâtiments aux conditions dans
lesquelles il se trouve. Et avant d'effectuer des modifications en matière
de ventilation, il est nécessaire de comprendre pourquoi le système ne
donne pas satisfaction. |