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Beaucoup
d'éleveurs se posent la question de la chaîne d'alimentation en fourrages
conservés et concentrés en termes de performances techniques du troupeau.
Ce n'est pourtant pas la bonne question à se poser car toutes peuvent
donner de bons résultats sur ce plan.
Il faut plutôt se poser les questions en termes de coût (d'investissement
et de fonctionnement ) et de temps de travail. C'est ce qu'a fait
l'Institut de l'Élevage en étudiant une soixantaine de chaînes pour des
troupeaux de 20 à 80 vaches. Mais, au niveau des temps de travaux, il faut
relativiser car on constate dans la pratique que "l'effet éleveur" est
plus important que le système lui même.
A ces notions de temps et de coût, il faut en plus pour l'éleveur tenir
compte de la situation de départ, de ses propres goûts, de la quantité de
fourrages à stocker et distribuer (1,5 tonne de matière sèche par vache ou
4 tonnes ce n'est pas pareil), de la pénibilité, de la possibilité de
remplacement et enfin aussi des problèmes environnementaux liés aux
bâtiments.
Moins de 500 F par vache :
L'un des éléments importants du choix est le coût de l'investissement et
d'utilisation. L'Institut de l'élevage estime qu'une chaîne valable doit
coûter moins de 500 F par vache et par an. Quant au temps de travail pour
la reprise, le transport et la distribution des fourrages et des
concentrés, il ne devrait pas dépasser 30 à 40 minutes pour une
quarantaine de vaches et 70 à 80 minutes pour 80 vaches (voir tableau 1).
Au-delà de ces coûts ou temps, les chaînes peuvent devenir "limites" ou
mêmes complètement aberrantes sur l'un ou l'autre plan.
Dans les chaînes à faible coût et temps (voir tableau 2), on trouvera
toujours le libre-service associé à la distribution de concentrés en salle
de traite ou au Dac. Pour les troupeaux de 40 vaches, on peut encore
recommander la désileuse distributrice et concentré au cornadis (ou à la
rigueur Dac), la fourche crocodile et remorque distributrice. En raison du
coût, il faudrait par contre exclure la désileuse-mélangeuse-distributrice.
Pour 80 vaches, les systèmes à fourche crocodile seule et concentrés
distribués en salle de traite ou cornadis deviennent trop exigeants en
temps. Par contre avec une remorque distributrice en plus, coûts et temps
deviennent tout à fait raisonnables et la désileuse mélangeuse
distributrice devient également acceptable.
Le libre-service n'est pas dépassé :
Le libre-service est incontestablement le système le moins cher et peut
être recommandé au moins jusqu'à 40 vaches. Il a en plus l'avantage d'un
temps de travail limité, d'une faible exigence horaire et d'un
remplacement facilité. Même avec des concentrés au Dac, le coût reste
raisonnable (pour une quarantaine de vaches).
Mais, libre-service ne veut pas dire laisser aller et il faut respecter
certaines règles pour obtenir de bons résultats : dimension du silo, front
d'attaque couvert, nettoyage de l'auge, abaissement du front d'attaque
...A condition de respecter ces quelques règles simples, le libre service
permet des performances aussi bonnes que le distribué et il est tout sauf
un système dépassé.
Les principaux problèmes qui peuvent se poser sont au niveau de
l'alimentation des génisses (ou autres bovins) et surtout des eaux
souillées qui peuvent nécessiter des capacités de stockage importantes ou
une couverture des silos ou (et) aires d'exercice.
Du plus simple au plus complexe en distribué :
Pour la distribution de l'ensilage, le choix proposé aux éleveurs est
particulièrement vaste. Il peut aller de la simple fourche crocodile à 10
000 F à la désileuse-mélangeuse-distributrice automotrice à 1 million de
F.
À moins de 40 vaches, on peut éventuellement envisager une simple fourche
crocodile qui a l'avantage de ne pas coûter cher mais elle devient
rapidement trop exigeante en temps. Par contre, à 40 vaches, une désileuse
distributrice peut faire l'affaire si elle a une capacité adaptée. Simple,
ou mieux pailleuse, elle affourage tous les animaux pour un coût limité.
Elle permet également une ration mélangée simple (ensilage + concentré).
Pour des troupeaux de 40 à 80 vaches, la fourche crocodile avec
remorque-distributrice est une des solutions les mieux adaptées , tant en
coût qu'en temps de travail (si 2 tracteurs). C'est un système assez
polyvalent qui permet aussi des rations semi-complètes ou complètes
simples.
La mélangeuse-distributrice (150 à 300 000 F) n'est envisageable que dans
les grands troupeaux en raison du coût. Elle a l'avantage de permettre de
mélanger de nombreux fourrages de nature très différente.
Quant aux remorques automotrices (400 000 F au minimum) utilisées en
commun (il en existe quelques unes en Bretagne), elles permettent aux
troupeaux moyens d'accéder à ce type de matériel tout en gagnant du temps
(grâce en particulier au chauffeur qui fait le travail). Mais le facteur
limitant, en plus du coût, est souvent la densité insuffisante des
exploitations concernées, ce qui impose beaucoup de déplacements pour le
matériel.
Les systèmes et les chaînes de distributions possibles sont multiples. Il
appartient à chaque éleveur de réfléchir et d'adapter son choix en
fonction de l'ensemble des éléments pour rester cohérent.
Le libre-service depuis longtemps et pour longtemps :
Depuis près de 30 ans, les vaches de l'élevage sont en libre-service et
Jean-Yves Le Jallé n'a pas l'intention d'en changer, d'autant que les
bâtiments ont été refaits il y a 2 ans et mis "aux normes".
Installé en Gaec avec ses parents en 1982 ( transformé en Earl au départ
en retraite en 1992), Jean-Yves Le Jallé, à Muzillac, n'a connu que le
libre-service pour les vaches laitières. À 38 ans, seul sur l'exploitation
(son épouse travaille à l'extérieur), il a voulu un système simple pour le
travail et pas trop coûteux en investissement.
Mise aux normes :
Dans cette exploitation laitière, le libre-service est une vieille
habitude, mais c'est aussi un choix que l'exploitant a fait, en
particulier il y a 2 ans, lorsque la question de la mise aux normes s'est
posée. Elle s'est posée non dans le cadre du PMPOA, mais en raison d'un
captage d'eau qui alimente les habitants de la région. Il fallait mettre
les bâtiments aux normes et aussi assurer tout autour de l'étang et en
bordure des ruisseaux une bande de 50 m enherbée et sans fertilisation ni
traitement (soit 6 ha pour l'exploitation).
Cette nécessaire mise aux normes a été l'occasion de réfléchir au type de
bâtiment et d'affouragement : "On trouvait que le libre-service était,
dans notre situation, un bon système car il ne me demandait pas beaucoup
de travail au quotidien. Pour la mise aux normes, le principal problème
était celui de la capacité de stockage des déjections. Mais nous étions en
libre-service et nous voulions le rester ainsi que conserver des logettes
pour le couchage".
Une fosse un peu trop petite :
Construite il y a 2 ans, la nouvelle étable est constituée pour le
couchage de 50 logettes (pour 40 vaches actuellement). Elles sont paillées
à 3 kg par jour (pendant environ 4 mois) et le fumier est stocké sur une
aire couverte (24 m x 13,70 m) en bout des logettes (avec en plus le
fumier des génisses). Un système qui donne toute satisfaction.
Par contre, l'aire d'exercice devant les silos (120 m2) est découverte
ainsi que les 2 silos (9 m et 9,70 m de large). Et, pour recueillir toutes
les eaux et lisier de raclage ainsi que les eaux de la salle de traite
(l'eau de nettoyage est recyclée pour le nettoyage des quais), la fosse
découverte de 400 m3 s'avère un peu insuffisante. Les calculs avaient été
faits pour 6 mois et en réalité on ne les atteint pas. Et ceci bien que
l'on soit dans une région où la pluviométrie est plutôt limitée (650 à 700
mm par an).
À l'avenir, pour résoudre ce problème, J-Y Le Jallé n'envisage pas du tout
de remplacer le libre service, ni même d'augmenter le stockage des
déjections mais éventuellement de couvrir les silos.
Travail et coût en moins :
Ces petits problèmes de stockage des déjections ne remettent surtout pas
en cause le libre-service. Pour l'éleveur, celui - ci a bien trop
d'avantages.
Le premier avantage, lors de la construction, a été de limiter les
investissements : pas de table d'alimentation (seulement une auge couverte
au front d'attaque), pas d'investissement en matériel de distribution.
Le deuxième avantage est celui du travail. Avec cependant une contrainte
importante pour la distribution aux génisses :
"Je distribue manuellement, ce qui me permet en même temps de nettoyer
l'auge pour les vaches laitières, un travail que je devrais faire
également si je distribuais à l'auge (environ 20 mn par jour). Au delà du
travail lui -même, le libre-service est aussi une facilité pour se faire
remplacer, sans consignes particulières".
La distribution de concentrés se fait au Dac : "C'est la seule solution
que j'avais (la salle de traite est à traite par l'arrière, sans
distributeurs) et je le souhaitais depuis longtemps. On s'y retrouve car
il y a moins de gaspillage de concentrés que je n'avais auparavant dans
l'ancienne salle de traite. Ce n'est pas la seule raison, mais de 1 700 kg
de concentrés, je suis descendu à 1 000 kg par vache et je dois encore
pouvoir descendre ..."
Pour un bon résultat :
Pour Jean-Yves Le Jallé, l'objectif pour le troupeau n'est pas la
performance maximale (voir encadré). Il recherche plutôt un équilibre, un
optimum, avec le maximum de fourrages produits sur l'exploitation.
Pour l'exploitant, conduire un libre-service maïs est particulièrement
simple. Il est important toutefois de respecter certaines règles
élémen-taires : "Il faut une auge couverte pour que les vaches consomment
bien et la nettoyer régulièrement. La largeur du silo doit être
suffisante, même si chez moi c'est un peu juste théoriquement mais ça
marche bien. Par contre, il faut un temps de présence des animaux
suffisant". Si c'était à refaire aujourd'hui, Jean-Yves opterait encore
pour le libre-service, tout en reconnaissant que "en général chacun se
trouve bien dans son système". À ceux qui envisagent une construction ou
une rénovation, il adresse cependant une mise en garde : "Il faut bien
réfléchir au départ, et en particulier aux conséquences éventuelles de la
mise aux normes".
Ration complète : le choix de la mélangeuse distributrice :
Depuis quelques mois, le Gaec Les Closeaux à Brie (près de Janzé, 35) a
fait le choix de la mélangeuse distributrice. Pour limiter le travail,
améliorer la ration et en diminuer le coût.
Le Gaec familial parents - enfants a démarré il y a une dizaine d'années
avec l'association des parents (Marcel et Arlette Bouget et l'un des fils,
Bruno. En 1992, un deuxième fils, Yannick, est venu compléter le Gaec.
Les associations successives ont amené à l'exploitation actuelle (voir
encadré) d'un peu plus de 100 hectares, 140 truies en naisseur-
engraisseur et surtout une production laitière avec un quota de 486 000
litres (autour de 60 vaches et presque autant de génisses).
Travail et performance :
Plusieurs raisons ont amené progressivement les Bouget à s'intéresser à la
ration complète et à sa distribution pour les bovins. Il y avait tout
d'abord la situation géographique dans une zone plutôt sèche qui impose
une distribution de fourrage conservé presque toute l'année. Cette même
situation faisait que depuis longtemps l'exploitation adhérait à la
coopérative de déshydratation (pour du ray grass, de la luzerne et des
épis de maïs). Il y a eu également la construction d'une étable neuve pour
la mise aux normes (logettes avec table d'alimentation).
Mais plusieurs autres éléments ont encore amené les associés à franchir le
pas. Il y avait tout d'abord le choix de la performance avec des vaches de
haut niveau. Pour cela il fallait faire consommer plus de fibres aux
animaux pour les faire ruminer (car il y avait déjà beaucoup de
déshydratés dans la ration). Un autre objectif était de diminuer le coût
de la ration en utilisant le maximum d'aliments produits sur
l'exploitation, les fourrages grossiers bien sûr mais aussi les céréales
ou encore des sous- produits industriels peu chers.
Enfin, un autre élément a pesé lourd dans la décision, c'est la
simplification du travail, et en particulier de l'alimentation, aussi bien
pour les vaches que pour les génisses. Déjà, auparavant, l'exploitation
utilisait une ration semi-complète (avec concentrés au Dac) et
l'importance des produits déshydratés imposait des mélanges manuels longs
et pénibles.
Remorque peseuse mélangeuse distributrice :
La réflexion des associés a duré plus d'un an et a abouti en fin 97 à
l'achat d'une peseuse-mélangeusedistributrice de 10 m3 à pâles (marque
Keenan). Un matériel qui, suivant la taille et les équipements, vaut de
150 à 200 000 F . "Nous avons choisi cette machine d'origine irlandaise
pour sa simplicité, sa facilité d'entretien, la faible déstructuration des
produits, la puissance limitée (50 à 55 cv) nécessaire et la possibilité
de traiter les céréales à la soude caustique" . Ils ont choisi également
le service complémentaire nutrition (habituellement payant) proposé par la
firme.
Chaque mois, les éleveurs fournissent une fiche de renseignements et le
nutritionniste calcule une ration en fonction des matières premières
disponibles. Une ration qui peut contenir en général de 6 à 10 produits
(paille, ensilage maïs, luzerne et herbe déshydratées, blé traité à la
soude, soja, urée, mélasse, minéraux ...). Une ration qui s'équilibre
autour de 30 kg de lait : "En fait le nutritionniste veille surtout à
l'équilibre énergie - azote - fibres". Toutes les vaches en production
reçoivent la même ration, seules les taries étant séparées : "Pour celles
ci, nous veillons à avoir beaucoup de paille dans la ration (jusqu'à 4,5
kg)". Toutes les génisses reçoivent une ration identique mais avec bien
sûr des quantités différentes.
Du mieux :
Les éleveurs ne prétendent pas pour l'instant avoir un avis tranché et
définitif sur leur nouveau système d'alimentation car il est trop récent
(8 mois). Ils ont cependant pu faire quelques constatations sur les
productions, le comportement et l'état des animaux.
Les quantités de lait par vache ont progressé (+ 2 à 3 kg par vache sur
l'hiver) avec un taux butyreux légèrement à la baisse et un taux protéique
à la hausse (+ 1,2 sur l'hiver). Les vaches perdent également moins d'état
après vêlage. Ceci est bien sûr lié aux quantités importantes consommées
grâce à l'appétence de la ration (il n'y a plus besoin de nettoyer la
table d'alimentation).
Sur le plan de la santé des animaux, les problèmes d'acidose n'existent
plus (en raison de la régularité de l'ingestion de la ration), pas plus
que les retournements de caillette (grâce à la paille).
Si le recul est insuffisant sur les aspects techniques, il ne l'est pas au
niveau de la simplification et du temps de travail. Pour les vaches, la
distribution est faite une seule fois par jour, pour les taries et les
génisses tous les 2 jours (et même 3 jours pour les week-ends en hiver :
"Pour alimenter l'ensemble des bovins en hiver, nous mettons seulement une
heure et demie par jour, dont la moitié pour les vaches en lactation et
nous gagnerons encore du temps avec quelques aménagements simples".
Des regrets ? En fait un seul : "Celui de ne pas l'avoir fait plus tôt".
Ration semi-complète : la simplicité, la rapidité et l'efficacité :
Une simple désileuse distributrice, un concentré azoté sur le maïs puis
des concentrés de production permettent un système d'alimentation peu
coûteux, simple, rapide et efficace.
A Langonnet, au Nord Ouest du Morbihan, il tombe chaque année plus de 1
200 mm d'eau. Pourtant ne dites pas à Jérome Le Boursicot qui y est
producteur de lait qu'il est privilégié pour la production fourragère :
"Nous sommes dans un secteur sec de la zone humide". L'explication vient
de la nature granitique des sols qui sont de ce fait très filtrants et
donc très séchants.
Du maïs toute l'année :
C'est ce qui explique, au moins en partie, le système fourrager avec une
assez forte proportion de maïs dans la ration des vaches laitières, avec
une distribution toute l'année (minimum 2 à 3 kg de matière sèche). À
l'inverse, la période de stabulation totale est relativement brève puisque
les vaches sont mises à l'herbe vers le 15 février et sortent jusqu'à la
fin octobre. Une autre explication vient de la répartition des terres en
plusieurs sites (les vaches, petites génisses et celles à inséminer sont
au siège d'exploitation, les autres à 5 km).
L'herbe pâturée est à base de Ray Grass Anglais avec ou sans trèfle blanc,
mais avec une tendance à aller vers l'association. Trois hectares de Ray
Grass Hybride sont cultivés pour faire du foin. L'exploitation de l'herbe
par les vaches se fait en pâturage continu sur les 13 hectares mis à leur
disposition (dont 6,6 accessibles directement de la stabulation, utilisés
en parcelles de nuit et 6,4 pour lesquels il faut traverser une route et
utilisés le jour).
Selon les calculs réalisés dans le cadre du suivi des éleveurs du réseau
EBD (Éleveur Bovin Demain), sur l'année, les vaches laitières
consommeraient environ 4 140 kg de matière sèche de maïs et seulement 1
500 kg d'herbe. C'est donc une très forte proportion de fourrages
conservés qui rentrent dans la ration : "Certaines années, c'est du maïs
intégral à partir de la fin juin et en juillet - août car il n'y a plus
d'herbe".
Ration semi-complète :
Pour la distribution des fourrages conservés et pour pailler, tant pour
les vaches que les génisses, l'éleveur utilise une désileuse pailleuse
portée (10 ans d'âge) de 2,2 m3.
Depuis plusieurs années, Jérome Le Boursicot distribue une ration
semi-complète avec maïs et foin ou paille broyée, mais sans avoir fait
d'investissement supplémentaire. Le concentré azoté (tourteau tanné) est
mis dans la désileuse et en passant plusieurs fois sur la table
d'alimentation, l'éleveur estime la répartition suffisamment homogène.
En moyenne, l'objectif est d'arriver à une ration équilibrée autour de 25
à 26 kg. Mais cela évolue en fonction du mois moyen de lactation des
vaches (qui ne varie pas très sensiblement car les vêlages sont
relativement étalés). La distribution complémentaire de concentré se fait
ensuite à l'auge (cornadis) avec deux aliments : les plus fortes
productrices reçoivent un complément de concentré azoté puis un concentré
équilibré. Un chariot bien adapté avec un tableau de distribution vache
par vache permet d'aller très vite.
Pour la transition à l'herbe, l'éleveur diminue progressivement le
concentré azoté pour ne finir qu'avec l'aliment équilibré : "Je me fie
beaucoup à l'état des bouses pour la distribution des concentrés".
Simple et efficace :
Jérome Le Boursicot est tout à fait satisfait de son système. Tout d'abord
au niveau du travail : "En hiver, je passe une heure et demie par jour
pour la distribution et le paillage des vaches et des génisses. Un racleur
hydraulique pour la table d'alimentation a permis de simplifier
sensiblement le travail. En cas d'indisponibilité, un voisin peut venir
faire le travail avec sa propre désileuse. Et si la mienne est en panne,
je peux toujours désiler au godet, mais c'est rare".
Quant à l'efficacité, elle se traduit dans les résultats techniques et
économiques, même si l'alimentation n'en est pas seule responsable. Tout
d'abord avec une production par vache qui varie autour de 9 000 kg de lait
standard, un peu plus ou un peu moins suivant les années (voir encadré sur
les résultats). L'an dernier les concentrés distribués en moyenne par
vache ont été de 1 100 kg, ce qui correspond à une ration de base de
l'ordre de 6 000 kg de lait par vache.
Toujours l'an dernier, le coût alimentaire n'a été que de 38 centimes par
litre, dont 18 centimes pour les concentrés et 20 centimes pour les
fourrages malgré une forte proportion de maïs, et ceci grâce en
particulier à une bonne utilisation des fertilisants organiques. Comme
quoi, on peut allier simplicité, travail et efficacité technico -
économique.
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