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SANTÉ DES VACHES LAITIÈRES:Les métrites aigües touchent jusqu'à un tiers des vaches
 

Hebdomadaire N° 2487 - 27/12/2002

Infections bactériennes de l'utérus, les métrites aiguës ou chroniques peuvent atteindre plus de 30 % des vaches d'un troupeau. La prévention passe par l'hygiène et l'alimentation. Les traitements classiques se font par antibiotiques, en injections et localement (oblets). De récentes données confirment l’intérêt du Ceftiofur, antibiotique injectable par voies sous-cutanée.

Un vêlage difficile, une rétention placentaire, des lésions inflammatoires, des déchirures vaginales ou des lésions utérines sont des facteurs déclenchant des métrites. Le point de départ des métrites est rarement d'origine infectieuse, mais les surinfections bactériennes sont la règle.

UNE VACHE SUR TROIS

La flore initiale est surtout constituée de coliformes (Eschérichia coli) et parfois des streptocoques, entraînant un état fébrile de la vache. Ensuite, on retrouve souvent en plus A. pyogènes, agent principal des métrites sévères, associé à bien d'autres. Les métrites peuvent être chroniques ou aiguës.

Les métrites aiguës (ou suraiguës) surviennent dans les deux premières semaines après le vêlage. Les "classiques" sont de loin les plus fréquentes. De nombreuses métrites ne sont pas détectées car les symptômes sont peu caractéristiques. Elles se traduisent par un abattement modéré, associé à une baisse d'appétit, une perte d'état, une baisse de production laitière et une température de 39,5° et plus. Les écoulements vulvaires odorants sont plus tardifs. Les métrites aiguës toxiques sont beaucoup plus rares (< 1% des cas). Elles se manifestent plus rapidement par un abattement plus important et des écoulements vulvaires bruns-rougeâtres de mauvaise odeur.

Les métrites chroniques (ou endométrites) sont fréquentes et sont la plupart du temps la conséquence de métrites aigües (elles évoluent aussi souvent en chroniques). Elles sont détectées autour des premières chaleurs et peuvent avoir différents niveaux de gravité.

Compte tenu des symptômes diffus, beaucoup de métrites passent inaperçues et ne sont détectées que tardivement (au moment des premières chaleurs). Des suivis systématiques d'élevages ont montré qu'une vache sur trois pouvait être infectée, là ou les éleveurs n'en dénombraient que une sur dix.. Le coût des métrites dans un élevage peut représenter plus de 10 % des dépenses de santé, sans compter les pertes de production. Il faut se souvenir que les métrites aigües (dans les 10 jours qui suivent le vêlage) sont très fortement corrélées avec des maladies telles que l’acétonémie ou les déplacements de caillette.

PRÉVENTION

Pour limiter les métrites, la prévention est essentielle. Elle passe en particulier par l'alimentation et l'hygiène. Pour les causes alimentaires, on constate souvent plus de métrites chez les vaches trop grasses ou trop maigres. Elles sont plus fréquentes après une fièvre de lait et plus encore après des difficultés de vêlage et des non délivrances. Or, ces différents points peuvent être liés à l'alimentation dont les déséquilibres entraînent des diminutions d'immunité. On sait par exemple que des déficiences en calcium, magnésium, vitamines (A,D,E) et oligo-éléments (cuivre, sélénium, zinc …) ont une incidence. Mais avant tout une gestion précise du tarissement et du niveau d’engraissement des vaches est essentielle. Il est toujours utile de vérifier les notes d’engraissement du troupeau avant et après le tarissement quand on est en prise avec un problème de métrite. La résolution des problèmes commence toujours par une remise en cause de l’alimentation.

Les mesures d'hygiène sont particulièrement importantes au vêlage, tant au niveau du local et du matériel que des intervenants pour éviter les diverses contaminations. Les facteurs de risques les plus importants restent les vêlages difficiles et les rétentions placentaires. On constate également plus de métrites en période hivernale et une sensibilité plus grande des primipares.

ALTERNATIVE AU TRAITEMENT CLASSIQUE

L'objectif du traitement des métrites n'est pas d'aseptiser l'utérus et les voies génitales qui ne deviennent stériles que 30 jours en moyenne après le vêlage. Mais, il faut si possible contrôler précocement toute inflammation utérine et prolifération bactérienne anarchique pour ne pas avoir ensuite à traiter une métrite ou une endométrite. Le traitement doit empêcher les effets septicémiques et toxiques des coliformes et limiter la prolifération de bactéries comme A. Pyogenes.

Le traitement classique en cas de problèmes ou de facteurs de risques importants se fait par injection intramusculaire d'antibiotiques pour atteindre l'ensemble de l'utérus et aussi localement par des oblets gynécologiques. Ce traitement est renforcé par l'administration de prostaglandines, hormones qui renforcent la tonicité de l'utérus et donc favorisent une bonne "vidange".

L’administration de l’antibiotique injectable Ceftiofur par voie sous-cutanée, a confirmé son efficacité dans différents essais. Cette efficacité a été démontrée sans l’adjonction d’oblets gynécologique. Tout d'abord, sur des vaches fébriles traitées comparées à des vaches témoins, on a constaté une amélioration clinique significative et rapide ainsi qu'une courbe de lactation meilleure.

Sur des vaches présentant des rétentions placentaires et de la température (39,5° et +) un lot a été traité au Ceftiofur pendant 3 jours, sans délivrance manuelle et sans traitement inta-utérin. L'autre lot a été traité classiquement avec délivrance manuelle, traitement intra-utérin (ampicilline-cloxacilline) et ampicilline par voie générale. Au bout de 10 jours, le résultat de guérison clinique est le même dans les deux lots, mais les vaches traitées au Ceftiofur ont eu une fertilité sensiblement meilleure.

Un autre essai portant sur des vaches atteintes de métrites aiguës dans les 10 jours du vêlage a également montré un taux de guérison comparable à un traitement injectable (tétracycline par voie intra-musculaire). Dans cet essai la disparition des signes clinique (température) est plus rapuide avec le Ceftiofur. Il apparaît ainsi, dans les différentes situations que ce produit est efficace et d'autant plus qu'il est administré tôt et constitue une alternative aux traitements habituels.
 

Jean-Louis Le Rest



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Date de l'article : semaine du N° du 27 Décembre 2002 au 10 Janvier 2003
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