Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " POLITIQUE AGRICOLE " | Article n°2962 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 17 février 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
CONCENTRATION, BAISSE DU NOMBRE DE PAYSANS:L'UDSEA du finistère refuse "l'inéluctable"
 

Hebdomadaire N° 2487 - 27/12/2002

Le 17 décembre à la Martyre, l'UDSEA-Confédération Paysanne a dénoncé ce qu'elle appelle "le dogme du maintien du potentiel de production" au détriment du nombre de paysans.

Des paysans et des paysannes nom-breux". C'est sans surprise que ce point figure en bonne place dans le projet syndical élaboré au mois d'octobre par l'UDSEA-Confédération paysanne du Finistère. Un projet qui s'articule autour de deux autres axes prioritaires : maîtrise et répartition des productions ; reconquête de la qualité de l'eau.

LES HOMMES AVANT LA PRODUCTION

Dans son allocution, Joëlle Huon, présidente, a déclaré "partir en guerre contre les verrous qui, un à un, sautent pour favoriser l'agrandissement. Pour l'équipe en place à la Chambre, c'est la seule solution face aux prix pour maintenir le revenu". Et de poursuivre : "Ils ne veulent surtout pas perdre une truie. Par contre, les paysans, on s'en moque. On a déjà sacrifié la production avicole au profit du porc. Le phénomène va s'accentuer avec l'intensification de la restructuration".

Joëlle Huon rebondissait ainsi sur quelques fatalités "inéluctables" abordées lors de la dernière session Chambre d'agriculture, mais vivement repoussées par le syndicat minoritaire. "Accompagner l'inéluctable, c'est accepter une réduction drastique du nombre de paysans et une modification en profondeur du paysage agricole".

De ce scénario, l'UDSEA n'en veut pas. "Nous refusons l'inéluctable. Être paysan, c'est choisir un style de vie où l'on peut concilier sa vie professionnelle et familiale. Accepter l'inéluctable, c'est accepter la mort annoncée de notre conception du métier de paysan".

UNE PLACE POUR LES JEUNES

Pour atténuer la diminution du nombre d'agriculteurs, le syndicat propose, entre autres, une révision du barème laitier "ultra-libéral" en vigueur et qui "privilégie dans les faits l'agrandissement sociétaire, y compris par l'installation d'un nouvel associé, au détriment de l'installation individuelle sur le site du cédant". Pour ce syndicat, les principales victimes de cette course à l'agrandissement sont les jeunes. "Les prix de reprise après tiers, les valeurs locatives ne cessent d'augmenter. Peut-on encore parler d'installation", s'élèvent les syndicalistes qui dénoncent le poids "de l'argent roi sur le foncier".

En prolongement, les possibilités de restructuration évoquées récemment en CDOA sont vivement rejetées par l'UDSEA. "Nous n'acceptons cette possibilité que pour les JA-EDEI", a déclaré Dominique Pot, membre du bureau. "L'administration envisage d'autoriser une restructuration jusqu'à 400 truies avec 30 % de prélèvement. Quelle est dans ce cas la rentabilité d'un tel atelier ?".

Sur le dossier de l'environnement, les syndicalistes contestent l'idée "de délais plus importants accordés aux élevages qui étaient, depuis 1996, dans l'obligation de traiter (maximum 31 mai 2005) qu'aux nouveaux élevages (31 décembre 2004). C'est totalement inacceptable. Ce n'est que justice que les nouveaux élevages bénéficient également de 6 ans".

IMPACT DÉSASTREUX

Invité à prolonger les débats, le porte-parole de la Confédération de l'Orne, Christian Boisgontier, a, quant à lui, fustigé ce qu'il appelle le "troisième étage libéral des propositions du commissaire européen Fischler". Et de citer : "Instaurer un système de primes calculé sur une moyenne de campagnes précédentes sera la récompense des chasseurs de primes. Ce principe serait tout simplement scandaleux".

Le porte-parole normand s'est également montré très circonspect face au découplage des aides qui permettrait d'obtenir un "montant identique de primes sans obligation de production. Le producteur de poulet pourrait ainsi faire du porc, le céréalier pourrait s'orienter en légumes, etc. Ce système ouvrirait la porte à de profonds déséquilibres au niveau des productions".

S'il considère que "le projet actuel de Fischler est encore pire qu'Agenda 2000", Christian Boisgontier estime néanmoins qu'il faut modifier la Pac car, dit-il, "son impact sur le nombre de paysans, sur l'environnement… est tout simplement désastreux".
UN PROJET ALTERNATIF

Dans ce contexte très incertain, la Confédération Paysanne nationale a élaboré un projet alternatif qui conteste entre autres "l'exportation de produits basiques fort coûteuse en argent public". Un projet qui revendique aussi des prix rémunérateurs pour les produits, une maîtrise de la production avec ajustement sur l'offre et la demande, une désintensification des modes de production.

Prochaine étape, les responsables nationaux vont solliciter un débat parlementaire sur le sujet. "Nous allons rencontrer Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin pour les convaincre que réformer la Pac avant 2006 permettra d'éviter des départs de charters de paysans", conclut le porte-parole de l'Orne.

Didier Le Du



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 27 Décembre 2002 au 10 Janvier 2003
Imprimer l'article Imprimer l'article



La révolution rurale des années 60





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12487 depuis 1997)