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Le nettoyage-désinfection et la préparation d'un poulailler font partie d'un programme en neuf jours. Neuf jours scindés en quatre étapes capitales.
SORTIR LE MATÉRIEL
Les volailles évacuées, les deux jours qui suivent sont consacrés à la préparation du bâtiment pour le nettoyage. Première opération : la sortie du matériel. Les assiettes de chaînes, les abreuvoirs... sont stockés sur une plate-forme bétonnée. Suit, le décapage du circuit d'eau. "Opération essentielle pour éliminer les dépôts de tartre et le biofilm bactérien", insiste Félix Mahé. Pour obtenir un bon résultat, on commence par remplir les circuits d'eau avec une solution d'acide minéral ou organique dilué qu'on laisse agir pendant une demi-heure maximum. Puis on rince avant de passer à l'étape de désinfection du circuit d'eau. Pour cela, il est recommandé de remplir le bac et le circuit avec une eau javellisée (1 berlingot pour 500 litres) qu'on laisse agir pendant 24 heures avant de vider sous pression. Enfin, on remet le circuit sous eau légèrement chlorée (1/4 de berlingot pour 1 000 l d'eau) et on couvre le bac.
Vient ensuite le moment d'évacuer la litière en évitant de contaminer les abords du bâtiment. Un balayage du sol permet d'enlever les derniers débris de litière. "Dans les bâtiments où le sol sèche difficilement, il est possible de laisser une bande de fumier d'une largeur de 1 m le long des parois latérales. Le fumier absorbera les eaux de lavage. Il sera ensuite enlevé et suivi d'un décapage du soubassement", conseille le spécialiste.
Dernière phase de cette première étape, la vidange et le nettoyage du silo d'aliment ainsi que du sas sanitaire.
UN BON LAVAGE = 70-80% DE LA DÉCONTAMINATION
La seconde étape s'articule autour du décapage. "Pas de bonne désinfection sans bon nettoyage. Un bon lavage assure déjà 70 à 80% de la décontamination", évoque en prélude M. Mahé avant de rappeler un principe de base : "Le lavage et le décapage du bâtiment se fait du haut vers le bas". En pratique l'efficacité du nettoyage dépend de quatre facteurs : l'action mécanique de la pression (120 bars), la température de l'eau (60°C), la concentration du détergent et la durée du nettoyage (temps de contact 30 mn avant détergent). "L'absence d'un de ces éléments devra être compensé par un autre élément. Par exemple, si on travaille à l'eau froide sans détergent, il faut travailler avec un jet à haute pression et plus longtemps", explique le technicien du GDS.
Outre la carcasse du bâtiment, les systèmes de ventilation (intérieur des jupes, intérieur du chapiteau statique ou caissons de ventilation) et les soubassements doivent être méticuleusement lavés.
Le lavage et la désinfection du matériel amovible se pratiquent avec une eau bactériologiquement potable et sur une aire bétonnée. Après lavage, brossage, rinçage dans une eau propre, la désinfection se fait en plongeant le matériel dans un bac contenant une solution javellisée pendant 20 mn.
Les abords du bâtiment ne sont pas non plus à négliger. "Enlever les restes de fumier sur les quais de chargement, devant les portails. Curer ou nettoyer les fossés et les rigoles bétonnées", avertit encore F. Mahé. Enfin, le nettoyage du matériel de chargement et de transport de fumier est important.
UNE BONNE DÉSINFECTION
Troisième étape, c'est la désinfection des surfaces nettoyées. Une bonne désinfection passe par une pulvérisation de solution préparée avec un produit homologué des parois intérieures, des systèmes de ventilation, du plafond. Il ne doit pas y avoir de ruissellement. La dose de 1 l de solution désinfectante pour 3 m2 maxi est un bon compromis.
Concernant les sols du poulailler et des abords de bâtiment, deux stratégies sont à appliquer selon la nature du sol. Sur sol bétonné, après décapage, la pulvérisation peut se faire avec une solution désinfectante réalisée avec des produits commerciaux. Sur terre battue, préférer la soude caustique (50 à 100 kg/1 000 m2 épandus sur sol humide), formol à 10% (120 l de formol commercial à 30% + 240 l d'eau pour 1 000 m2) ou chaux vive (500 g/m2, puis humidifier le sol).
En complément, il convient de mettre en place un pédiluve et remettre en service le sas sanitaire. "Ne plus intervenir dans le bâtiment sans revêtir une tenue", insiste l'ingénieur du GDS avicole. A partir de ce moment, la fermeture des portes et portails doit être effective, mais les systèmes de ventilation restent ouverts.
Dernière opération, la désinfection des silos se pratique à l'aide d'une bougie fumigène antifongique.
DERNIERS PRÉPARATIFS
72 heures avant la livraison des animaux, c'est le moment de mettre en place la litière et le matériel de démarrage. 48 heures avant l'arrivée des poussins, une deuxième désinfection par voie aérienne parfait la décontamination. "Laisser le bâtiment fermé pendant 24 heures, puis aérer avant la mise en place du lot", souligne Félix Mahé.
Enfin, une deuxième désinsectisation par pulvérisation avec un produit peu toxique pour les oiseaux est nécessaire. Elle s'applique de préférence dans un bâtiment chauffé. En cas de forte infestation, un traitement de la litière avec un produit larvicide par pulvérisation est conseillé 48 h avant la livraison des poussins. |