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La
recherche d'une meilleure compétitivité et d'un respect de
l'environnement doivent aller de pair dans la conduite des maïs.
Le désherbage des maïs n'échappe pas à cette logique. Un champ
important d'applications et d'innovations avec une exigence de
maîtrise des coûts de production est ouvert depuis le début des
années 90.
LA FIN DU MODÈLE UNIQUE
L'arrivée de nouvelles molécules et la prise en compte
d'objectifs durables pour concilier économie et respect de
l'environnement permettent aujourd'hui d'envisager des solutions
nouvelles en désherbage du mais. Que ce soit en programme avec
prélevée ou post-levée, les possibilités d'interventions sont
aujourd'hui diverses et doivent être adaptées à chaque parcelle.
C'est là, la suite logique et technique des bonnes pratiques que
la profession agricole a choisi d'adopter de façon volontaire.
Les traitements systématiques sont de plus en plus remplacés par
des interventions ciblées et ajustées en fonction des mauvaises
herbes présentes, des conditions pédoclimatiques, du temps de
travail et des exigences de maîtrise des coûts.
DÉVELOPPER DES RÉFLEXES NOUVEAUX
La base de raisonnements nouveaux commence par l'application des
bonnes pratiques dans le cadre d'une utilisation raisonnée des
produits de protection des plantes. Un pulvérisateur entretenu,
bien réglé est un gage de réussite en matière d'efficacité et de
sélectivité mais aussi d'économie et de respect de
l'environnement. Le rinçage du pulvérisateur et la pulvérisation
des eaux de rinçage au champ sont des réflexes à développer.
Agir selon la flore présente ou attendue est également un
réflexe à développer pour tenir compte des situations diverses
que l'on rencontre dans les exploitations : présence de
dicotylédones sensibles, de graminées estivales, de vivaces.
Tenir compte de la nuisibilité des mauvaises herbes en fonction
de leur date de levée, du stade des maïs est un réflexe à mettre
en pratique. Les relevées tardives notamment au-delà de 8
feuilles du maïs ne sont pas très préjudiciables à la culture.
L'ÉVOLUTION DE LA FLORE, UN FACTEUR ESSENTIEL
La réduction effective et massive des doses d'atrazine depuis le
début des années 90 a entraîné une évolution considérable de la
flore des mauvaises herbes. Cette évolution décelée très tôt
dans le "Réseau Observatoire Evolution de la flore dans les
Lycées agricoles de Bretagne" a permis d'anticiper les tendances
rencontrées aujourd'hui chez les agriculteurs.
La flore dans les maïs aujourd'hui est bien diversifiée alors
que celle des années 70-80 était monospécifique : morelle,
chénopode. Cette diversité biologique est un facteur essentiel
pour guider les agriculteurs dans leurs interventions.
LES STRATÉGIES POSSIBLES
Les choix possibles sont nombreux et dépendent des facteurs
suivants :
€ risque d'enherbement des parcelles en relation avec
l'historique, la succession culturale, le type de sol et le mode
de travail du sol.
€ situation de proximité du lieu de traitement par rapport au
cours d'eau ou point d'eau.
€ possibilité d'entrer dans les parcelles et de réaliser les
interventions.
€ rapport qualité de l'intervention (efficacité des techniques
et sélectivité), coût et nombre de passages.
€ disponibilité et calendrier de travail des agriculteurs et des
éleveurs.
Les stratégies possibles sont aujourd'hui plus variées tant du
point de vue des programmes, du choix des produits que des
périodes d'intervention. On peut citer :
1 - Le programme avec application en pré-levée et post-levée
Il reste à la base du désherbage en flore mixte avec présence
des graminées : antigraminées en prélevée (FRONTIERE, LASSO,
DUELOR Safeneur) suivi d'un antidicotylédone en post-levée
(MIKADO, BASAMAIS, LENTAGRAN, EMBLEM).
L'intervention en pré-levée permet de contrôler une partie
importante des mauvaises herbes et donne de la souplesse pour
l'intervention en post-levée.
Pour un coût de 350 à 450 F/ha, il représente la sécurité et la
fiabilité tant du point de vue de l'efficacité que de la
sélectivité.
2 - Le passage unique
Il est tentant de vouloir réaliser tout en un passage en
prélevée avec une association de matières actives à spectre
large : antigraminées et antidicotylédones.
Quand les conditions d'humidité sont suffisantes, les produits
suivants INDIANA - AKTON - PROWL associés à de l'atrazine
donnent de bons résultats. Des restrictions d'emploi existent en
sol sableux et filtrants à cause du manque de sélectivité. Des
efficacités insuffisantes sont également observées en conditions
sèches. Les nouvelles spécialités de 1998 : LAGON - ACAJOU -
DIPLOME devraient permettre de conforter cette stratégie de
prélevée.
3 - La post-levée en flore simple
Aujourd'hui différer le désherbage du maïs après la levée est
désormais possible avec la venue de nouveaux produits. Convenant
à des maïs assolés ou à des parcelles peu infestées, c'est la
solution en situation sans difficultés particulières pour un
coût de 200 F à 300 F/ha. Il faut intervenir ni trop tôt pour
avoir le maximum de mauvaises herbes levées, ni trop tard pour
éviter les effets « parapluie » dus aux feuilles du maïs.
L'adjonction de 500 g/ha d'atrazine permet d'apporter un bon
complément soit à des produits d'action de contact (EMBLEM -
BASAMAIS - LENTAGRAN - SAXO) soit à des produits à action
racinaire (MIKADO).
4 - La post-levée en flore mixte
Dans cette stratégie, il est difficile de réaliser tout le
désherbage en un seul passage. Il faudra le plus souvent
réaliser deux interventions ce qui augmente le coût du
programme, le plus souvent supérieur à 450 F/ha. On combinera
plusieurs matières actives en association.
Un engagement des firmes est absolument nécessaire pour proposer
des préconisations associant plusieurs matières actives.
5 - Les programmes sans atrazine
Dans l'intérêt de tous, il convient que chacun respecte la dose
maximale d'utilisation de l'atrazine de 1000 g/ha. Mieux, dans
certaines situations, cette dose peut être abaissée
volontairement à 500 g.
Sans atrazine, l'efficacité mais aussi la régularité du
désherbage est moindre et le coût est nettement plus élevé. On
peut intervenir :
€ soit en programme :
prélevée avec FRONTIERE, post-levée avec MIKADO,
€ soit en post-levée :
2 passages de MIKADO + MILAGRO à faible dose.
Les résultats sont acceptables en situation moyenne
d'infestation pour un coût supérieur à 500 F/ha.
6 - Les techniques associant binage et traitement localisé.
Les méthodes de désherbage sur le rang avec binage dans
l'interligne demandent une très bonne maîtrise technique et
allongent les temps de travaux.
Les résultats varient selon les conditions météorologiques : le
binage marche mieux en conditions sèches tandis que le
désherbage préfère une certaine humidité. L'expérience montre
aussi que les équipements de pulvérisation sont souvent
sommaires.
7 - Les désherbages mécanique et thermique en culture
biologique
Sauf si la parcelle est envahie de vivaces : chardons,
chiendent, rumex ou dans des conditions exceptionnelles
(pluviométrie excessive au printemps) il est possible de
contrôler les mauvaises herbes en culture biologique. Des
interventions nombreuses, gourmandes en temps et demandant une
disponibilité certaine sont nécessaires pour régler l'ensemble
des problèmes de désherbage. Le schéma le plus fréquent est le
suivant :
€ avant le semis : réaliser un faux semis si les conditions
météo le permettent.
€ au stade maïs pointant : réaliser le premier passage de herse
étrille destiné à détruire les mauvaises herbes en phase de
levée ou déjà levées.
€ binages avec buttage éventuel : Ces deux opérations sont
réalisées simultanément (stade 4-5 f. - stade 6-8 f.) ou
séparément suivant l'état du maïs et le problème de mauvaises
herbes à régler. En effet, le buttage n'est profitable que si
les maïs ont un certain développement végétatif.
€ le désherbage thermique peut être réalisé sur la ligne mais
pas systématiquement. C'est une technique d'appoint pour
compléter un désherbage mécanique qui demande beaucoup de temps
et de technicité.
ÉCONOMIE, QUALITÉ ET ENVIRONNEMENT
Le désherbage des mais ne devient pas forcément plus compliqué
mais plus technique. En effet, en appliquant des techniques
connues mais aussi nouvelles, il est possible de limiter
considérablement le risque d'entraînement des produits
phytosanitaires dans les eaux sans pour autant bouleverser le
système fourrager des exploitations. Les maïs peuvent être
désherbés en tenant compte des défis d'aujourd'hui et de demain:
économie, qualité, environnement, aménagement de l'espace. Des
solutions économiques et durables existent, il faut les faire
connaître. Un effort important de formation technique, de
conseils et développement doit être réalisé pour expliquer et
adapter ces stratégies nouvelles aux situations concrètes:
éleveurs, situation parcellaire, type de sol et système de
culture.
ESSAIS VARIETES
Résultats des essais 1997 en variétés de maïs ensilage et
grain
Les variétés dont nous vous présentons les résultats dans les
pages suivantes sont des variétés d'inscription récente, en
dehors bien sûr des témoins de rendement et de précocité.
Ces variétés ont été testées dans un réseau mis en place par l'ITCF
et l'AGPM avec le concours du Seproma (semenciers) et de divers
services de développement. Les tableaux concernent uniquement
les résultats Bretagne et Ouest tant en ensilage plante entière
qu'en grain.
Ils sont tous présentés de la même façon et donnent :
- les variétés et la firme qui les commercialise
- la floraison femelle, la vigueur au départ et la sensibilité à
la verse,
- la densité à la récolte, c'est le nombre de plantes par ha
obtenues à la récolte dans les essais,
- le rendement exprimé en % de la moyenne générale,
- la sensibilité au charbon des inflorescences et au charbon
commun
- les taux de matière sèche à la récolte (ensilage) ou taux
d'humidité (grain), mesurés dans les essais 1997.
Ces essais permettent de comparer les nouvelles variétés aux
témoins. Ils sont à interpréter avec prudence car il s'agit de
résultats sur un ou deux ans seulement. Pour compléter les
sources d'information, il est souhaitable d'analyser également
les résultats des essais réalisés localement par les Chambres
d'Agriculture, les organisations économiques. L'introduction de
nouvelles variétés doit se faire progressivement dans unes sole
de maïs car si celles-ci apportent un progrès génétique sur
certains critères, elles peuvent décevoir pour d'autres qui sont
pourtant importants.
Pour télécharger les tableaux des variétés, cliquez ici (Format
PDF)
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