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Dans
une conjoncture qualifiée de morose pour plusieurs secteurs de
l’agriculture, le marché du machinisme agricole s’est plutôt
bien comporté sur les 9 premiers mois de 2002. Cette
augmentation compense pour partie la forte baisse de 2001.
Tracteurs neufs : + 4 %
Lors d’une récente conférence de presse, Michel Siebert,
président du syndicat général des constructeurs de tracteurs et
machines agricoles (Sygma) a en effet annoncé que les ventes du
marché français s’étaient élevées au cours de premier semestre à
2,06 milliards d’euros en hausse de 7,9 % par rapport à 2001. Il
explique cette tendance favorable par la confiance en partie
retrouvée des éleveurs de bovins et par un climat favorable à la
production de céréales et de fourrages.
Dans ce contexte, alors que la profession prévoyait une baisse
de 10% , le marché des tracteurs neufs a progressé sur le
premier semestre de 7 %. Les perspectives de fin d’année sont un
peu moins optimistes, mais le marché de l’année devrait se
situer aux environs de 37 000 tracteurs, soit une hausse de 4 %
par rapport à 2001.Cette tendance à la reprise sur 2002 se
confirmerait aussi en Bretagne, sauf sur les Côtes-d’Armor où le
marché pour les tracteurs dits standards serait en recul de près
de 2 %. Les autres départements enregistreraient une hausse sur
les 9 premiers mois. Il s’avère cependant que les stocks
d’occasions pèsent sur la situation financière de nombreux
concessionnaires. «Ce pourrait être un frein à la poursuite de
cette dynamique».
Le marché des tracteurs s’illustre en outre par une augmentation
des puissances, puisque la vente des plus de 120 chevaux
progresse de 23 % et celle des plus de 150 chevaux de 36 %. Ces
derniers représentent désormais 15 % de marché contre 11 % en
2001. L’augmentation de la taille des exploitations, la
diminution de la main-d’œuvre ne sont sans doute pas étrangères
à cette tendance. Le rythme d’augmentation des puissances
s’accélère, puisqu’en 2002 la puissance moyenne a augmenté de 2
ch contre 1 ch habituellement.
Autres matériels : plus hétérogène
Les autres secteurs du machinisme agricole connaissent des
fortunes diverses. Ainsi la campagne de moissonneuses-batteuses
s’est terminée fin août avec un marché en recul de 6,7 %, avec
1600 machines. Un score cependant jugé honorable compte tenu de
la conjoncture et de l’augmentation des performances. Le marché
des ensileuses, beaucoup plus restreint (320/330 machines) a
régressé légèrement (-3,6 %). Par contre la puissance ne cesse
d’augmenter. 40 % du marché est désormais occupé par des
machines de plus de 420 chevaux. Le marché des presses a lui
aussi baissé.
Les ventes de matériels de travail du sol et de culture ont
aussi connu une embellie, après 5 années délicates. C’est le cas
notamment des charrues portées (5 et 6 corps), et des outils
animés. Même tendance pour les semoirs à céréales qui profitent
d’une demande de plus de précision. Par contre les conditions
climatiques délicates ont affecté le marché des semoirs de semis
simplifiés. La tendance sur le marché des matériels de
protection des cultures est légèrement favorable.
Prudence pour l’avenir
Les prévisions, trop souvent démenties, ne sont pas évidentes.
Les incertitudes qui pèsent sur différentes productions, les
réformes annoncées de la Pac, pourraient amener à établir un
tableau plutôt pessimiste. Les constructeurs ne les ignorent
pas, mais préfèrent miser sur des éléments plus favorables :
bonne affluence aux manifestations d’automne, récoltes 2002
favorables quantitativement et qualitativement, soif
d’innovation des clients. Autant de facteurs qui laissent
espérer un marché 2003 du même niveau que celui de 2002. À plus
long terme, les constructeurs sont plus prudents.
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