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(Ed 29) SOUTIEN À L'INSTALLATION:L'Adasea ajoute une pierre à l'édifice
 
(Ed 29) SOUTIEN À L'INSTALLATION : L'Adasea ajoute une pierre à l'édifice
 

Hebdomadaire N° 2453 - 26/04/2002

Depuis quelques mois, l'Adasea guette tous les prochains départs en retraite. Objectif : repérer les exploitants sans successeur susceptibles de transmettre leur outil à des jeunes tiers candidats à l'installation. Un premier bilan d'étape indique, qu'à 18 mois de la retraite, 40 % des agriculteurs ne sont pas encore fixés sur le devenir de leur exploitation.

Avec les classes creuses de la guerre dont les effets se feront sentir jusqu'en 2005, les opportunités d'installations ne foisonnent pas. Si l'on considère qu'à peine 250 exploitants finistériens peuvent prétendre à la retraite cette année (autour de 300 de 2003 à 2005, puis plus de 440 à partir de 2006), on peut affirmer sans risque que ce n'est pas dans les proches années que l'on explosera le plafond du nombre des installations.

MAINTENIR LE CAP DES 150 INSTALLATIONS

Au contraire même. La première étude approfondie des Dica (Déclaration d'intention de cessation d'activité, rendue obligatoire 18 mois avant le départ en retraite), portant sur un semestre, laisserait à penser qu'il faudra ramer dur pour maintenir le cap des 150 installations.

"Le bilan de la première vague de départs annoncés dans 18 mois montre que la reprise est assurée pour 60 % des exploitations. Sur ces 60 %, plus de la moitié se destine à l'agrandissement et un quart à l'installation. Le reste, c'est soit une poursuite d'activité après 60 ans ou une reprise par le conjoint", explique Gaby Le Meur, directeur de l'Adasea. Et d'ajouter : "En parallèle, 40 % des exploitants atteignant 60 ans dans 18 mois ne connaissent pas le devenir de leur ferme".

C'est sur 40 % que la profession entend ferrailler dur pour maintenir le cap des 150 installations, un palier en dessous duquel la profession ne souhaite pas descendre. François Simon, ex-président de Jeunes Agriculteurs, ne disait-il pas en janvier dernier dans nos colonnes : "Depuis deux-trois ans, c'est l'alerte. Au rythme actuel, nous nous orientons vers un département à 4 500 exploitations. Tant que nous restons en dessous de 200 installations aidées par an, le renouvellement correct des agriculteurs n'est pas assuré".

ALIMENTER LE RÉPERTOIRE À L'INSTALLATION

En se dotant d'un nouvel outil (le Dica), l'Adasea entend apporter une pierre supplémentaire à l'édifice fragile des installations. Avec le programme pour l'installation et le développement des initiatives locales (Pidil), le Sija (Soutien à l'installation des jeunes agriculteurs dans le cadre du contrat de plan Etat-Région), le RDI (répertoire départemental à l'installation), le Dica s'avance comme un outil complémentaire pour favoriser l'installation de tiers.

"Les inscriptions d'exploitations au RDI ont augmenté en 2001. On peut penser, qu'avec le nouvel outil qu'est le Dica, cette tendance se confirmera en 2002", espère Maurice Talec, responsable de ce dossier à l'Adasea. Avec en corollaire un autre souhait : celui d'assister à une progression souhaitable et envisageable du nombre d'installations de tiers, favorisée par la mise en contact des cédants et des jeunes par l'intermédiaire du répertoire d'installation. Une vingtaine d'installations sont d'ores et déjà inscrites au bilan du RDI chaque année depuis trois ans. Bilan qui, à l'heure où chaque installation compte, s'avère très positif.

Cependant, M. Talec ne manque pas de pointer un des freins qui s'oppose à la progression de ce chiffre : "Les installations sont rendues difficiles en raison du coût élevé de la reprise de certaines exploitations, en productions laitière et porcine notamment". Ce qui fait dire aux responsables de l'Adasea que l'outil ne garantit pas le résultat.

DÉFICIT D'ENFANTS D'AGRICULTEURS

Hervé Le Saint, président de l'Adasea, atteste cette nécessité de concrétiser toutes les installations pérennes. Et de s'appuyer sur un constat : "Sur le peu de départs, il y aura peu de possibilités d'installations. Car la vitalité économique exige aussi que certaines exploitations aillent conforter des exploitations existantes". Dans la balance figure également "l'effet préretraite qui a vidé une classe d'âge démographiquement creuse", complète-t-il.

Peu d'exploitations à céder, peu d'enfants d'agriculteurs candidats. C'est ainsi qu'apparaît également le dénominateur de l'équation. "Si l'on compte exclusivement sur les enfants d'agriculteurs pour pourvoir les installations, il y a déficit", indique H. Le Saint qui ne voit pas d'autre solution que "d'aller chercher des tiers. Tout en veillant à ce que les installations se fassent sur des bases économiques", réitère-t-il.

MAÎTRISER LE PRIX
DE REPRISE

Au regard des chiffres, le pari de la rentabilité économique semble jouable pour des reprises après tiers. "En moyenne, à structure comparable, en installation individuelle, un jeune tiers s'engage pour un coût de reprise supérieur de 45 000 euros par rapport à un jeune installé dans le cadre familial".

Ce surcoût n'apparaît pas, pour l'Adasea, un handicap majeur pour assurer la rentabilité de l'outil. Elle étaie son analyse sur le versement de la deuxième tranche de la DJA qui intervient trois ans après l'installation. "Globalement, il n'y a pas de rejet de dossiers. Ce qui signifie que la rentabilité est correcte", avance le directeur. Et de préciser : "Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire la chasse aux investissements inconsidérés". Un message qui semble partiellement entendu si l'on en croit la relative stabilité des prix de reprise ces dernières années : 172 000 euros en 2001 pour une exploitation individuelle.

Didier Le Du



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Date de l'article : semaine du N° du 26 Avril au 3 Mai 2002
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