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Faire plus et mieux pour la formation et l'autonomie des agriculteurs
 
Faire plus et mieux pour la formation et l'autonomie des agriculteurs
 

Hebdomadaire N° 2453 - 26/04/2002

Si les agriculteurs ont un niveau de formation qualifiante plus élevé à l'installation, la formation continue professionnelle reste très insuffisante. La Chambre régionale d'agriculture a mené une réflexion qui doit aboutir à faire "plus et mieux". Avec pour objectif essentiel, l'autonomie des agriculteurs dans leurs décisions.

Le contexte dans lequel vivent les agriculteurs change vite sur pratiquement tous les plans, qu'ils soient techniques, économiques ou sociaux. Les agriculteurs sont de plus en plus des "entrepreneurs" comme les autres. Les accès à l'information ont changé, en particulier du fait du développement de nouvelles technologies qui offrent de nouvelles possibilités d'accès et de diffusion des informations. Ces constats doivent amener aussi des évolutions dans les offres et les méthodes de formation des agriculteurs.

PLUS D'AUTONOMIE

La formation continue des agriculteurs a, ces dernières décennies, été un point faible. L'agriculture bretonne a globalement consacré peu de moyens à cette formation des actifs, tant salariés qu'agriculteurs. Les moyens financiers investis ont été sensiblement moindres (Faféa et Fafsea) que dans d'autres branches d'activités. Pour la Chambre régionale, "il faut arriver à ce que les exploitations agricoles augmentent leur part de financement direct dans les actions de formation qui leur bénéficient". Chaque exploitation devrait avoir chaque année son "budget formation".

L'objectif premier de cette formation doit être pour les agriculteurs et les salariés d'acquérir plus d'autonomie, tant dans les décisions que dans l'action. Il ne s'agit plus de dire aux agriculteurs "il faut appliquer telle pratique", mais les aider à réfléchir aux questions qu'ils doivent se poser avant de prendre les décisions eux mêmes. Cette évolution pour la recherche d'autonomie vaut pour la formation continue mais aussi pour la formation initiale et la préparation à l'installation. Cette position forte de la Chambre régionale va à l'encontre de ce que l'on constate souvent dans l'entourage des agriculteurs avec nombre d'organisations ou de sociétés qui se positionnent pour "résoudre toutes les difficultés" de l'agriculteur, en particulier actuellement dans le domaine de l'environnement.

Cette formation à l'autonomie, les agriculteurs la trouveront en particulier dans la formation en groupes : "L'action collective doit rester au cœur du perfectionnement des actifs. Elle reste pertinente et d'actualité. Le groupe est un lieu d'apprentissage de la responsabilité collective". C'est aussi une démarche d'optimisation des moyens de formation.

DÉCLOISONNER LE
DISPOSITIF DE
FORMATION

Les nouveaux objectifs de formation, et en particulier le renforcement de l'autonomie des agriculteurs suppose tout d'abord d'élargir le champ des formations traditionnelles aux dimensions "managériales", citoyennes et personnelles. Ces formations doivent également favoriser la diversité des systèmes.

Ces nouveaux objectifs de formation impliquent une approche globale de l'accompagnement des agriculteurs et salariés et pour cela, il faut dans les départements une coordination "Emploi-Formation-Développement", avec des rapprochements "politiques" des différentes commissions. Ces rapprochements "politiques" devront se traduire au niveau des différents agents intervenants qui doivent tous être des "prescripteurs" pour la formation, comme devraient l'être également l'ensemble des structures de terrain.

Cela suppose aussi pour les Chambres d'agriculture d'innover dans les modalités de perfectionnement en renforçant la mutualisation des compétences techniques et pédagogiques au niveau régional, avec un travail en réseau et une valorisation des ressources pédagogiques des centres de formation professionnelle existants, utilisés essentiellement pour l'instant pour la formation qualifiante des futurs agriculteurs ou salariés.

Ce décloisonnement de la formation doit permettre de mieux répondre aux besoins, en proposant des formations à la carte, en utilisant les supports modernes de formation (multimédia). Ceux-ci doivent également permettre des formations à distance.

IMPOSER L'ÉVOLUTION

Pour que les nouveaux objectifs ne restent pas de pieux vœux, la Chambre régionale se propose, pour en imposer l'application, de mettre en place un "Comité de pilotage" associant des élus de la commission formation régionale, les responsables des centres de formation professionnelle et les responsables "développement des Chambres.

Un "contrat de développement" sera initié pour chaque chambre d'agriculture qui devra mettre en place les différents principes énoncés, avec des indicateurs pour mesurer les évolutions. Une évaluation régulière sera mise en œuvre au niveau régional.

Pour les élus qui ont participé à cette réflexion stratégique sur la place de la formation dans les Chambres d'agriculture, ces orientations devraient avoir un impact fort et permettre de faire "Plus et Mieux" : "Il nous faudra montrer et démontrer l'avantage de la formation pour les bénéficiaires, avec l'obsession de satisfaire les besoins d'aujourd'hui et de demain".

J L Le Rest



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Date de l'article : semaine du N° du 26 Avril au 3 Mai 2002
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