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TRAITEMENT DU LISIER:Un coût de 6 euros par porc au Gaec de Kerbrézel
 
TRAITEMENT DU LISIER : Un coût de 6 euros par porc au Gaec de Kerbrézel
 

Hebdomadaire N° 2453 - 26/04/2002

Trouver de la surface d'épandage ou traiter. Tel était le dilemme du Gaec de Kerbrézel, une exploitation spécialisée en porc et en viande bovine à Sizun (29). Pour assurer la pérennité de leur exploitation, les trois associés ont tranché : ils ont investi 205 800 euros dans une station de traitement.

Avec le premier programme d'action directives nitrates, il nous fallait une cinquantaine d'hectares d'épandage supplémentaires. Le second programme aurait exigé encore plus : environ 80 ha".

PAS QUESTION DE
RÉDUIRE LE CHEPTEL

Yves le Saout, en Gaec avec son épouse et leur fils Christian, sait bien que la réglementation environnementale sans cesse revue à la hausse aurait, à terme, atteint son élevage naisseur-engraisseur de 220 truies et de 17 vaches allaitantes en son cœur, à savoir sa pérennité.

De cela, pas question. Pas question, en effet, de mettre en péril le devenir de l'exploitation quand on a un fils qui a décidé de s'installer. "En 1999, quand nous avons investi, le seuil de traitement était fixé à 17 000 unités d'azote par exploitation pour notre canton déjà classé en Zes. Nous dépassions légèrement ce seuil", explique Christian qui, comme son père, se félicite de ne pas avoir été tenté par une éventuelle diminution de la production pour se mettre aux normes. Et de justifier le choix : "Demain, le seuil pour l'obligation de traitement va passer à 15 000 unités d'azote. Si nous avions réduit de quelques truies, nous aurions à nouveau été contraints d'opérer une seconde coupe dans les effectifs".

ABATTEMENT DE 70 %
DE L'AZOTE

Cette réflexion prospective a conduit le Gaec à investir dans une station biologique à boue activée selon le concept proposé par Bio Armor Environnement. Une station sans séparation de phase qui traite 12 m3 par jour selon le procédé de nitrification-dénitrification. "Nous traitons tout le lisier produit par l'élevage de porc, soit 4 500 m3 par an. Le taux d'abattement de l'azote est de 70 %".

Cette solution technique permet à cet élevage de descendre à une charge azotée de quelque 100 unités par hectare. "Les boues sont épandues avec la tonne sur les terres de l'exploitation. L'effluent liquide stocké dans la lagune, en fait de l'eau épurée dosant 0,15 unité d'azote/m3, est épandu par aspersion avec un canon à irrigation", précisent les éleveurs.

12 % DE SUBVENTION

Au-delà du bon rendement technique de l'outil, la résorption d'azote par le traitement se répercute sur la situation économique et financière de cette exploitation familiale. "L'investissement s'élève à 205 800 euros (1,350 million de francs). Un investissement subventionné à hauteur de 33 386 euros par l'Agence de l'eau, 12 805 euros par le Conseil général et 8 080 euros par la région", détaillent les éleveurs.

Cet investissement se
traduit par une annuité de 4,70 euros par porc produit (39,50 F). "À cela, il convient d'ajouter un coût de fonctionnement de1,32 euro dont 0,91 pour l'énergie, 0,26 pour le suivi Satese et 0,15 pour la maintenance". Total de la facture : 6 euros par porc sorti.

Ce coût de 6 euros court sur la période d'amortissement de la station (10 ans). "Après, nous avons estimé que le coût serait de 1,5 euro par porc. Mais c'est sans compter les investissements supplémentaires que nous pourrions être conduits à réaliser pour nous mettre aux normes au vu d'un durcissement de la réglementation", ne cachent pas Y. et C. Le Saout qui pensent notamment au dispositif phosphore actuellement en gestation dans les circuits de l'administration.

ET DEMAIN…

L'obligation d'adjoindre une centrifugeuse à l'installation existante, en vue de réaliser une séparation de phase nécessaire pour extraire le phosphore, aurait porté la charge actuelle de traitement évaluée à 7,6 ct d'euro par kg de carcasse (50 ct de franc) à 10,67 centimes d'euro (70 ct de franc par kg de carcasse). Une hypothèse à la limite de l'économiquement supportable. L'environnementtechnico-économique porcin fixe en effet entre 10,50-11,5 ct d'euro/kg de carcasse le seuil critique à ne pas dépasser pour ne pas mettre en péril la rentabilité d'un élevage porcin.



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Date de l'article : semaine du N° du 26 Avril au 3 Mai 2002
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