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Sommaire | " POLITIQUE AGRICOLE " | Article n°2235 |
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Chambres d’agriculture:S’intégrer dans la dynamique du développement local
 
Chambres d’agriculture : S’intégrer dans la dynamique du développement local
 

Hebdomadaire N° 2453 - 26/04/2002

Les chambres d’agriculture doivent être présentes dans la nouvelle entité territoriale liée à l’émergence des « pays ». Cette « conviction » a été avancée, lors d’une journée sur le développement local avec les présidents des chambres d’agriculture.

Si ce n’est pas l’agriculture qui se préoccupe du milieu rural, ce sera le milieu rural qui s’occupera d’agriculture », expliquait Jean-François Cesbron, président de la Chambre d’agriculture de Maine-et-Loire, dans le cadre de la journée sur le développement local organisée à l’APCA le 17 avril. Cette évolution peut s’avérer gênante selon l’intervenant. Les réseaux des chambres d’agriculture aura, dans ce cas, perdu son rôle d’acteur politique et économique. De nouveaux lieux de décision L’émergence des « pays », modifie la donne au niveau local. De nouveaux lieux de décision (conseil de développement local, syndicat mixte ou groupement d’intérêt public, CRADT : confédération régionale d’aménagement du territoire) voient le jour parallèlement à la création de 250 « pays » (350 à terme). Cette nouvelle structuration du territoire entraîne aussi une modification des circuits financiers traditionnels. Face à ce nouveau contexte, les chambres d’agriculture se doivent d’être présentes dans ces nouvelles structures, soit en étant « membres actifs » ou associées, explique Rémi Baihlache, président de la Chambre d’agriculture de la Manche et chargé du développement local au bureau de l’APCA. L’objectif est « politique », explique-t-il. Le développement agricole tel que défendu par le réseau des chambres d’agriculture doit s’intégrer dans le développement local mis en place par ces nouvelles organisations qui regroupent soit des élus (Syndicat mixte ou GIP), soit des membres de la société civile (Conseil de développement local). Etre absent, ce serait prendre le risque de « laisser à d’autres le soin de définir le métier d’agriculteur et les conditions de l’activité agricole ». « C’est une manière de tisser des partenariats avec les autres acteurs du développement local avec une volonté d’écoute, poursuit Rémi Baihlache. Il faut aussi savoir accepter les positions qui ne sont pas les nôtres ! ». Faire « reconnaître ses compétences » « Si nous sommes bien intégrés, nous serons reconnus pour nos compétences », prédit le président. Des compétences qui peuvent intéresser les nouvelles structures mises en place. L’enjeu est « énorme », avoue Rémi Baihlache. En effet, les syndicats mixtes ou GIP peuvent embaucher directement du personnel notamment des agents de développement. On le voit, les chambres d’agricultures peuvent, si elles n’y prennent garde, se trouver en concurrence. Jouer la complémentarité est donc crucial. C’est le cas dans la Manche, où l’un des agents de développement de la chambre d’Agriculture est à la disposition du « pays », explique Rémi Baihlache. En contrepartie, le « pays » rembourse les frais généraux. La diversification du financement des chambres d’agriculture (mis à part l’impôt) par des prestations de services payantes atteint pour certaines d’entres elles 40 % du budget total. C’est le cas en Maine-et-Loire où ces services prennent la forme de conventions avec la région, de prestations avec les Communautés de commune… « Ce qui demande d’ailleurs beaucoup de temps et de compétence tout en étant moins sûr que l’impôt », souligne. On comprend que la nouvelle architecture des territoires va modifier les conditions d’élaborations des politiques con- tractuelles et l’obtention des budgets. Intégrer le développement local dans la stratégie des chambres d’agriculture est le passage obligé afin de pérenniser leur action dans le futur. La question budgétaire n’est pas prioritaire « Pour le moment la question budgétaire n’est pas au centre de nos préoccu-pations », avance Rémi Baihlache. D’autant que les « pays » ne bénéficient d’aucun argent neuf mais de rédéploiement, argumente-t-il. Il n’empêche : en Champagne-Ardenne par exemple, près de 2 milliards de francs de crédit pour l’animation des « pays » au sens large sont prévus. À terme, les conditions de financement d’une organisation seront liées à leur implication dans les « pays ». Chaque pays doit notamment se doter d’une charte précisant les orientations sur dix ans du territoire. Les problématiques agricoles ne seront pas de reste quand on sait qu’un certain nombre de « pays » ont été définis suivant leur orientation agricole. Il faut raisonner en terme de projet à proposer conclut Rémi Baihache. « Si on y va que pour l’argent, on n’y arrivera pas », prévient le président de la Chambre d’agriculture de la Manche.



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Date de l'article : semaine du N° du 26 Avril au 3 Mai 2002
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