Demain où vont aller les sous de l’Union européenne ? Si la question est
posée de manière simpliste, elle n’en est pas moins d’actualité. Aujourd’hui
les aides directes représentent selon les productions une part importante et
croissante des revenus. L’Inra a calculé qu’elles représenteront d’ici 2008,
81 % de l’excédent brut l’exploitation en production de viande bovine contre
60 % aujourd’hui, les céréaliers arriveront à 50 %, et les producteurs de
lait passeront de 20 à 41 %. Ces aides viennent en compensation de la
diminution du budget européen consacré au soutien des marchés par les prix
qui reste encore le premier poste budgétaire de la Pac (1er pilier).
Aujourd’hui l’Europe veut les diminuer.
Le développement rural constitue le deuxième pilier du budget de la Pac.
Il ne consomme que 10 % du budget total mais ce type d’aides est appelé à
augmenter au détriment du soutien des marchés (1er pilier). Ce sont ces
aides que l’Europe veut favoriser pour plusieurs raisons. Sur le plan
interne, elles obtiennent l’assentiment de l’ensemble des pays membres et
pour l’Organisation mondiale du commerce (O.M.C) elles sont « dans la ligne
». On peut donc penser que les aides directes dans la formation du revenu
des agriculteurs européens vont encore augmenter dans les années à venir. Ce
n’est évidemment pas ce que souhaitent l’ensemble des organisations
agricoles françaises plus attachées à tirer le revenu du marché, même
protégé.
C’est aussi au moins partiellement pour profiter de nouveaux circuits
financiers que les présidents de Chambre d’agriculture ont exprimé leur
volonté de participer au développement local et conclu qu’ils devaient s’y
investir. Avec la mise en place progressive des « pays » qui seront au
nombre de 350 à terme apparaissent de nouveaux lieux de décision dans
lesquels les Chambres d’agriculture veulent être acteurs. Mais aussi pour ne
pas passer à côté de financements possibles à l’heure où les budgets sont de
moins en moins assurés. À Bruxelles comme à Paris on assiste à la même
tendance, les sources de financement donc le pouvoir, se déplacent de
l’Agriculture vers l’Environnement et l’aménagement du territoire qui
constituent encore en France deux ministères distincts. Mais pour combien de
temps