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SUR LE BASSIN VERSANT CHÈZE-CANUT EN ILLE ET VILAINE:Le croisement de deux CTE collectifs environnement et production laitière
 
SUR LE BASSIN VERSANT CHÈZE-CANUT EN ILLE ET VILAINE : Le croisement de deux CTE collectifs environnement et production laitière
 

Hebdomadaire N° 2430 - 09/11/2001

Bernard et Maryvonne Rouxel, éleveurs à Treffendel, et le préfet Claude Guéant, ont signé le premier CTE environnement-production laitière. Un contrat individuel basé sur la complémentarité du CTE collectif Chèze-Canut pour les mesures agro-environnementales et du CTE collectif Coralis pour le volet économique.

Le bassin versant Chèze-Canut a une importance stratégique pour l'agglomération rennaise. La retenue d'eau constituée en 1975 à Treffendel fournit en effet 45 % de ses besoins en eau. Plus encore que d'autres, les agriculteurs de ce secteur sont ainsi sollicités pour adopter des techniques agronomiques qui préservent la qualité de cette eau. La Chambre d'agriculture en particulier s'est beaucoup investie dans ces actions.

UN CTE COLLECTIF

Le bassin versant Chèze-Canut, d'une superficie de 6 000 ha (4 500 ha de SAU) concerne plus de 122 agriculteurs résidents et 148 y ont des terres, avec une production laitière largement dominante, mais aussi quelques producteurs de volailles et de porcs.

Les actions collectives pour préserver la qualité de l'eau ont commencé en 1993 avec le programme "ferti-mieux" et se sont poursuivies dans le cadre des actions "Bretagne Eau Pure". Les axes de travail ont porté essentiellement sur la fertilisation (il y avait en particulier une sur-fertilisation du maïs) et l'utilisation des phytosanitaires.

Les efforts réalisés ont permis de maintenir un faible taux de nitrates dans les eaux de la retenue et une diminution sensible des concentrations de triazines. Il reste toutefois encore d'autres matières actives trop présentes (herbicides céréales et glyphosate) ainsi que de fortes quantités de matières organiques et de phosphore. D'où des objectifs de réalisation de bandes enherbées, de haies, de talus pour limiter l'érosion et l'entraînement de la matière organique et du phosphore dans l'eau.

Ces objectifs ont amené la Commission agricole du bassin versant à proposer un CTE collectif bassin versant Chèze-Canut, dont le porteur de projet est l'association "Ec'eau". Pour rentrer dans le cadre de ce CTE collectif (avec majoration des aides), les agriculteurs doivent mettre en œuvre un certain nombre de mesures supplémentaires par rapport au socle commun obligatoire. C'est en fait, un CTE "simple d'accès et évolutif".

UN CTE HYBRIDE DE DEUX CTE COLLECTIFS

Un Contrat Territorial d'Exploitation est toujours un contrat individuel entre l'agriculteur et l'État. Il comporte également toujours un volet "économique" et un volet "environnemental". Mais, il peut s'appuyer sur des contrats collectifs et bénéficie dans ce cas de majorations d'aides.

Le contrat signé par Bernard Rouxel rentre complètement dans ce cadre, avec la particularité de s'adosser à deux CTE collectifs diffé-rents : "Nous avons construit notre CTE individuel en jouant sur la complémentarité du CTE collectif Chèze-Canut pour les mesures agri-environnementales et du CTE collectif Coralis pour le volet économique. Les mesures offertes par l'un et l'autre nous permettent de nous engager dans des pratiques respectueuses de la qualité de l'eau et en même temps d'assurer la pérennité de notre exploitation laitière et de garantir au consommateur un lait de qualité au travers d'une démarche de traçabilité".

Sur le plan environnemental, le CTE reprend bon nombre de mesures déjà appliquées. C'est ainsi que le diagnostic des parcelles à risques est déjà réalisé depuis 3 ans et qu'il n'y a plus d'atrazine depuis la même date. Une parcelle à risque en bordure de ruisseau (6 ha) va bénéficier de la mesure de reconversion des terres arables en prairies. Les sols nus reçoivent déjà un couvert pour l'hiver. Une partie du fumier sera compostée.

Pour le volet économique, un bâtiment génisses améliorera les conditions de travail. Et surtout, la démarche de certification réalisée depuis un an permet d'accéder au CTE Coralis, avec l'engagement dans la démarche Agri-Confiance.

Premier contrat de ce type, le CTE de Bernard Rouxel a été signé sur l'exploitation en présence de nombreuses personnalités dont le préfet Claude Guéant, Michel David, président de la Chambre d'agriculture et Pierre Marquet, président de Coralis.



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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 16 Novembre 2001
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