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Commerce international:Les Italiens ont toujours besoin des bovins français
 
Commerce international : Les Italiens ont toujours besoin des bovins français
 

Hebdomadaire N° 2430 - 09/11/2001

La baisse de consommation, la fièvre aphteuse... ont cassé le commerce des animaux et viande bovine vers l’Italie. Dans un marché ouvert, les producteurs français disposent d’atouts de poids pour reprendre place dans un pays largement déficitaire. Mais certains aspects ont changé.

L’Italie est une bonne cliente de la France en matière agro-alimentaire : elle lui achète 19 % de ses importations. Elle a aussi d’autres fournisseurs avec l’Allemagne et les Pays-Bas pour le veau (14 % chacun) et l’Espagne (9 %). Viande, abats et animaux vivants pèsent pratiquement 20 % de ses achats agro-alimentaires. A l’inverse, 38 % des exportations françaises vers l’Italie se font sur ce créneau. Les producteurs de viande, broutards et jeunes bovins, connaissent le poids de ce client sur l’équilibre du marché.

Les chiffres le confirment : en 1999, l’Italie largement déficitaire en production de viande bovine a importé 42 % des volumes (pour une exportation de 8 %). Et sur ces 42 %, 14 % correspondent à du maigre, le reste étant essentiellement de la viande (26 %). Un constat : la part de la France dans les importations italiennes s’effrite, surtout dans le nord de l’Italie.

L’ESb a frappé

Pour savoir où en est ce pays, l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (section bovine) avait convié à son assemblée générale Olivier Prothon du Centre français du commerce extérieur à Milan. Pour cet observateur, «il y a des signes encourageants de reprise depuis l’été (achats de maigres), mais sur le plan de la consommation, on est toujours en retrait (autour de 15 % en jeunes bovins). Rien n’est acquis. L’objectif serait de récupérer 90 à 95 % de la consommation avant crise». La baisse de la consommation a été surtout ressentie par les commerces libre service et elle n’a que peu profité aux autres viandes. Ce qui lui fait dire «qu’il y a encore des possibilités».

La crise de l’ESB a démarré plus tard qu’en France. Le repli sur l’origine italienne a fonctionné jusqu’à la découverte des premiers cas d’ESB en Italie (janvier). La chute a alors été très forte. La fièvre aphteuse en bloquant les importations, l’application du retrait des matériaux à risque, les tests, les élections ont freiné la reprise.

Depuis, des choses ont changé. D’abord 700 000 foyers auraient arrêté de consommer du bœuf. La distribution veut avoir plus de garanties sur la viande. Et les fournisseurs se sont adaptés à la réglementation avec, par exemple, la mise sur le marché d’animaux de moins de 12 mois. L’intervenant mentionne qu’il existe toujours des circuits «obscurs», moins chers.

Bonne nouvelle, les exportations françaises de viande décollent après avoir été quasi-nulles en début d’année. Mais on est encore loin des niveaux de l’année précédente (un peu plus du tiers en juin).

L’attrait des races françaises

Plusieurs distributeurs ont fait évolué leurs exigences avec la crise ESB. Coop Italia par exemple (250 000 têtes) va regrouper toute son offre de viande sous sa marque avec un cahier des charges de la naissance au point de vente. Les jeunes bovins seront nés en France, abattus au plus tard à 20 mois après au moins 6 mois d’engraissement en Italie et nourris avec des aliments non OGM. En revanche, Esselunga va maintenir plusieurs sources d’approvisionnement. La viande bio va se développer ainsi que la valorisation des races locales (volumes très faibles). «Il y a tout lieu de penser que la segmentation va progresser», note l’observateur. Je constate aussi que la distribution joue plus le produit que le prix. C’est positif».

La France a pour elle de disposer d’animaux avec une bonne génétique (races allaitantes). Mais elle n’offre pas assez de régularité dans l’approvisionnement (dates de vêlages trop regroupées) et les poids ne sont pas homogènes. En fait, l’inverse de l’Allemagne, l’autre fournisseur important. Les animaux irlandais correspondent à un marché spécifique et ceux de Pologne sont de moins en moins prisés (type génétique).

Il faut aussi compter avec la production locale qui entend conserver ses parts de marchés. L’engraissement italien a l’avantage de la proximité, de la réactivité, de posséder un savoir-faire et de proposer des lots homogènes en s’approvisionnant en France. En revanche les coûts restent élevés. «Les Italiens font une crispation sur les niveaux de prix (faibles) des Français et des Allemands constate Olivier Prothon. Je leur explique que l’origine est à rechercher chez ces derniers et qu’en définitive Français et Italiens ont des intérêts communs parce que leurs productions sont complémentaires».

Dans un contexte d’une offre saturée, d’une consommation moindre, d’un niveau d’exigence plus fort des distributeurs de plus en plus présents, la France conserve des atouts. Elle ne doit pas oublier que les Italiens sont de bons acheteurs et de bons transformateurs. Tout cela dans un marché très ouvert.



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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 16 Novembre 2001
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