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Déshydratation:Une technique qui gagne du terrain
 
Déshydratation : Une technique qui gagne du terrain
 

Hebdomadaire N° 2430 - 09/11/2001

Déshydrater les fourrages ? Peu à peu, l'idée fait son chemin dans les campagnes. Eleveur laitier à Saint-Aubin des Landes (35), Joseph Lebrun pratique cette technique innovante depuis... plus de 25 ans ! Pour ce pionnier, l'expérience a du bon.

De plus en plus d'éleveurs sont tentés par la technique de déshydratation des fourrages. Rien qu'en Ille-et-Vilaine, plusieurs projets d'usine sont à l'étude comme à Bain-de-Bretagne ou à Fougères. Qu'en pensez-vous ?

Joseph Lebrun : "Si j'étais installé dans ces secteurs, je participerais certainement aux projets en cours. Pour monter une usine, il faut bien sûr un brin de folie, mais le challenge en vaut la peine."

Quels sont les atouts de cette technique ?

JL : "La déshydratation, j'y ai recours depuis 1975, mais de manière plus intensive depuis 1982. J'en mesure aujourd'hui les avantages sur mon exploitation de 46 hectares pour 300.000 litres de quota. Mes performances d'étable sont meilleures. J'ai gagné en qualité de lait. Je me sens plus autonome. Et puis, ce qui ne gâte rien : j'ai davantage de temps libre."

Au départ, qu'est-ce qui vous a conduit à adopter le déshydraté ?

JL : "Je souhaitais améliorer la valeur du fourrage. Je cherchais aussi à réduire la part de l'ensilage d'herbe pour avoir moins de perte. Une ration de base de qualité améliore le niveau de production des vaches laitières."

Le déshydraté a t-il une influence bénéfique sur l'état sanitaire du trou-peau ?

JL : "Oui. Incontestablement. En favorisant la rumination, le déshydraté améliore l'efficacité de l'ensemble de la ration. L'utilisation de la luzerne dans la ration de base stabilise le PH de la panse. Le troupeau est ainsi moins sujet à l'acidose qui affecte les performances."

Les crises alimentaires successives ont mis en évidence la nécessité pour les agriculteurs de garantir la traçabilité de leur production. Le déshydraté constitue-t-il une réponse à cette exigence ?

JL : "L'utilisation du déshydraté permet de réduire les intrants. L'élevage acquiert ainsi une plus grande autonomie en matière de nutrition animale. Chez moi, le déshydraté provient exclusivement de l'exploitation. Nous déshydratons 50 à 55 tonnes de luzerne, 20 à 30 tonnes de RGA et 3 ha de maïs épi. A la Coopedom, l'usine certifiée à laquelle je livre, les fourrages sont identifiés par adhérent. D'où une parfaite traçabilité du produit. Je connais exactement ce que je donne à manger à mes vaches."

Le déshydraté est réputé pour être coûteux ? Qu'en pensez-vous ?

JL : "C'est vrai, la déshydratation est gourmande en énergie, donc tributaire des cours. Dans les années 80, suite au choc pétrolier, le déshydraté coûtait entre 70-75 centimes/kg. Aujourd'hui, son prix oscille entre 40-50 centimes/kg. Ça peut paraître beaucoup. Mais comparé aux gains en termes de qualité, de traçabilité, d'autonomie et de conditions de travail, c'est plutôt rentable."

CER Bretagne
Jean-Luc Serrand - CER 35
www.cerbretagne.cernet.fr



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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 16 Novembre 2001
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