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DES MOISSONNEUSES ENTRE ARTICHAUTS ET CHOUX-FLEURS:Des céréales dans l'assolement légumier à Cléder
 
DES MOISSONNEUSES ENTRE ARTICHAUTS ET CHOUX-FLEURS : Des céréales dans l'assolement légumier à Cléder
 

Hebdomadaire N° 2417 - 10/08/2001

Près de 60 % des légumiers spécialisés de la commune de Cléder adhèrent à l'Association de Réflexion Clédéroise pour une Agriculture Durable (ARCAD) et ont engagé différentes actions pour améliorer les sols et préserver les eaux, comme l'introduction de céréales, les couverts végétaux l'hiver et l'amélioration de la fertilisation organique.

L’idée de quelques légumiers est née lors de la manifestation sur le "Pont de Morlaix" et 8 agriculteurs clédérois, de toutes tendances syndicales, ont créé une association de réflexion pour faire évoluer un certain nombre de choses, dans les pratiques et dans les esprits. Pour sortir du cercle infernal du "produire toujours plus pour ne pas gagner plus".

CÉRÉALES, FUMIER,
COUVERTS VÉGÉTAUX

La réflexion des agriculteurs a abouti à la mise en place d'un cahier des charges, limité à quelques mesures : "Si l'on veut qu'elles puissent être appliquées par un maximum d'agriculteurs, il faut des propositions simples et limitées, ce n'est qu'après que l'on peut aller plus loin", rappelle André Méar, le président de Arcad.

Les principaux points du cahier des charges défini par les agriculteurs et accepté par l'administation, en fin 99, concernent essentiellement trois mesures. La plus importante et la plus spectaculaire est l'introduction d'un minimum de 20 % de céréales (en pratique essentiellement de l'orge d'hiver) dans l'assolement, avec enfouissement des pailles. La deuxième mesure concerne la couverture des sols en hiver et la troisième l'amélioration de la fumure organique. Celle ci doit être à base de fumier de bovins ou de compost (agréé) alors que l'on utilisait précédemment beaucoup de fumiers de volailles qui se comportent plutôt comme des engrais minéraux.

Pour mettre en œuvre ces différentes mesures, l'association a obtenu qu'elles puissent rentrer dans le cadre des "Mesures Agri Environnementales" (MAE), les Contrats Territoriaux d'Exploitation (CTE) n'existant pas encore à l'époque. Sur les plans administratif, financier ou technique, l'association a travaillé avec la Mairie de Cléder, l'Adasea, la Chambre d'agriculture, l'Inra de Rennes et bien sûr la DDAF.

60 % DES AGRICULTEURS CONCERNÉS

Le cahier des charges proposé (et les aides qui y sont liées) ont séduit 56 légumiers spécialisés de la commune, soit 60 % des agriculteurs concernés et près de la moitié de l'ensemble des agriculteurs. Ils ont signé individuellement avec l'État un contrat de 5 ans.

Les mesures prises sont encore bien sûr trop récentes pour en tirer des enseignements, mais déjà des producteurs ont pu constater une amélioration de rendements légumiers : "Les résultats tendent à démontrer que l'on s'en sort aussi bien avec moins de surfaces en légumes et surtout moins de travail", précise le président. Pour contribuer au progrès, l'association met également en place un certain nombre d'expérimentations et démonstrations, tel cette année un essai en orge d'hiver, avec la collaboration de la Chambre d'agriculture

Sur le plan financier, les pertes de recettes ou les charges en plus sont compensées par des aides non négligeables. Ainsi, près de 2,5 millions de F sont versés chaque année aux agriculteurs concernés, soit une moyenne de près de 45 000 F par exploitation.

ALLER PLUS LOIN

"Nous avons montré qu'il ne faut pas obligatoirement produire plus pour gagner plus, il faut d'abord bien travailler dans un bon système", insiste André Méar. Les actions, dans le cadre des contrats en cours vont se poursuivre jusqu'en 2004. Mais déjà les responsables savent qu'il faudra aller plus loin, en particulier dans le domaine de l'environnement.

Pour cela, ils ont également décidé de collaborer avec les agriculteurs et l'animateur du Bassin versant de la Penzé (qui en est à sa troisième année d'actions dans le cadre de Bretagne Eau Pure). Ce bassin versant va de Commana à Roscoff et sur les 500 agriculteurs concernés, 200 sont des légumiers et peuvent donc rencontrer des difficultés comparables. Il ne s'agit pas du tout pour l'Arcad de se fondre dans un bassin versant mais d'échanger les expériences pour avancer plus vite et mieux.

J. L. Le Rest



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Date de l'article : semaine du N° du 10 au 17 Août 2001
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