
Devant une trentaine d'adhérents de la Coordination Rurale d'Ille-et-Vilaine, François Lucas, vice-président national, a présenté la vision d’une Pac revisitée. Une Pac qui entend assurer la sécurité alimentaire européenne et des prix rémunérateurs pour les producteurs, avec un budget qui pourrait être inférieur à celui d'aujourd'hui. Pour que cette nouvelle Pac soit mise en place, l'agriculture doit au préalable être considérée comme « hautement stratégique et sortie de l'OMC. » La Coordination se place dans le contexte d’une Europe protectionniste - avec des droits de douanes renforcés - et qui n'a pas de vocation exportatrice pour ses produits agricoles. Pour atteindre l'autosuffisance alimentaire, François Lucas propose l'augmentation des productions fortement déficitaires et une réduction des productions excédentaires. « La Pac doit agir sur les volumes et sur les prix », continue-t-il. Pour conduire cette politique, il faudra mettre en place un observatoire européen des prix et des marchés qui doit permettre d’activer rapidement des outils de régulation. Le prix sera un indicateur de fluidité. « La variation de prix sur un marché est un signal. »
Des tunnels de prix
La Coordination Rurale propose des tunnels de prix interconnectés autour d'un tunnel central, celui du blé. « C'est la culture de référence pour tous les agriculteurs. » Les prix seraient certes variables, mais avec des garanties au travers d’un prix plancher de rentabilité minimale et un prix plafond au-delà duquel la rente est jugée injustifiée. Les interprofessions joueraient également un rôle prépondérant dans ce dispositif. Il s’agirait d’instaurer un système interprofessionnel européen en réseau avec des interprofessions nationales. Pour chaque secteur de production, F. Lucas explique rapidement le fonctionnement. En céréales, il prône le maintien d’une réserve stratégique. Pour le lait, il s’appuie sur le projet de l’EMB, l'OPL et l'Apli. Là encore, il reste persuadé que le marché européen est la base. « L’organisation européenne attribue un volume ajustable à chaque Etat-membre. » C'est donc une Pac très encadrée que défend la CR, avec moins d’aides directes - réservées aux zones à handicaps naturels. « Les prix agricoles devraient alors grimper de 40 %, mais la hausse pour le consommateur resterait bénigne, avec la part de l'alimentation passant de 9,8 à 10,1 % », chiffre François Lucas. Une démonstration simple sur le principe, mais qui dépend évidemment de décisions politiques, n'allant pas dans ce sens actuellement. Agnès Cussonneau et Pierre Dénès. Le congrès de l'OPL aura lieu le 22 mars à Saint-Germain en Cogles. L'après-midi, le thème de la stratégie laitière après 2015 sera abordé. Rés. : 02 22 55 18 53.