
Les conséquences sur le rendement peuvent être importantes, il convient donc d’intervenir dès que les premiers symptômes apparaissent. L’orge est particulièrement sensible, mais toutes les céréales sont concernées. Les symptômes sont très caractéristiques. Une bonne observation permet, rapidement, de lever le doute. Comme toutes les carences, les plantes atteintes sont réparties en foyers irréguliers. Les zones où le sol est soufflé sont plus touchées. Les symptômes peuvent être localisés en bandes liées au travail du sol et/ou aux passages de roues. La végétation est parfois plus verte sur les zones tassées (tournières, passages de roues). En effet, dans ces zones, le manganèse n’est pas oxydé et reste donc bio-disponible pour les plantes.
Visible sur les feuilles
Les vieilles feuilles sont les premières touchées et le plus souvent, entièrement desséchées. Lorsque la carence est précoce (donc grave), toutes les feuilles sont peu à peu atteintes et les plantes peuvent disparaître. Sur les feuilles jeunes et intermédiaires, on observe des dessèchements blancs à beige alignés entre les nervures, surtout sur la courbure de la feuille. Ce phénomène apparaît dans les cas les plus graves, il est plus fréquent sur orge. Parfois, les plantes ont un port affaissé, flétri, mou. Elles s’écrasent au sol et manifestent des symptômes de verse dans tous les sens.
Sols soufflés ou pH trop élevés
Le manganèse a la particularité de changer rapidement de biodisponibilité en fonction des conditions d’aération du sol. En effet, dans les sols aérés, le manganèse peut s’oxyder et devient alors non disponible pour les plantes. Cette année, les conditions automnales et hivernales peu pluvieuses ont conduit à des implantations en sol soufflé et l’hiver peu pluvieux a maintenu cet état. De plus, le fort développement végétatif que nous constatons a vraisemblablement conduit à une demande plus précoce. Signalons également que les sols dont les pH sont trop élevés (pH > 7) conduisent également à des blocages de manganèse.L’analyse de terre est peu prédictive, compte tenu du changement rapide de biodisponibilité du manganèse dans le sol.
500 g de manganèse, dès que possible
Les applications foliaires sont efficaces, si on intervient rapidement, dès l’apparition des symptômes (courant tallage à début montaison). Tous les produits sont équivalents, à condition d’apporter par passage, la dose de 500g/ha de Mn minimum (dès le stade 3 feuilles dans les cas les plus graves). Apporter des engrais foliaires contenant uniquement du manganèse. L'apport sera renouvelé trois semaines à un mois après. En cas de carence grave, trois apports peuvent être nécessaires, le troisième sera réalisé courant montaison. Le roulage du sol peut parfois atténuer la carence, mais ne la supprime pas. Eric Masson / Arvalis-Institut du Végétal
Photo : Symptôme caractéristique : les vieilles feuilles sont desséchées.