Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Ne pas confondre gel hivernal et gel d’épi
 

Les céréales sont adaptées à des températures hivernales de -5°C à -15°C, sous abri selon les stades, et les dégâts sont rares. Ce qui est inhabituel cet hiver, c’est le développement avancé des plantes (jusqu’au stade « épi à 1 cm » dans certaines situations) qui rend les cultures plus exposées à la vague de gel que nous connaissons. Le tallage est très important dans les cultures, ce qui devrait compenser d’éventuels dégâts.


Risque de gel hivernal faible en Bretagne


C’est durant le tallage que le blé est le plus résistant au froid : il peut résister à des températures de -10°C à -15°C. En revanche, la sensibilité maximale de la plante au gel intervient à la levée. Dans ce cas, des températures minimales de -8°C environ sont suffisantes pour provoquer des disparitions de plantes (soit -5°C sous abri). Les semis tardifs de janvier ou début février pourraient alors être concernés. En Bretagne, les minimales observées actuellement sont de l’ordre de -8° C sous abri, valeurs qui restent généralement acceptables pour des céréales d’hiver, à l’exception de l’avoine. 
La vague de froid actuelle s’est installée progressivement, elle a été accompagnée de chute de neige à l’est de la région, qui peut constituer un isolant efficace. L’installation progressive du froid sur quelques jours a laissé un peu de temps aux plantes pour « s’adapter ». Le faible engorgement en eau des sols a limité les effets mécaniques du gel. Certaines espèces sont plus sensibles au froid que d’autres : avoines d’hiver, orges d’hiver et blés alternatifs. Les espèces les moins à risque sont le blé tendre d’hiver, le triticale et le seigle, sous réserve que le stade « épi 1cm » ne soit pas atteint. Au sein de chaque espèce, il existe une forte variabilité génétique de la sensibilité au froid.


Le gel d’épi est possible.


A partir du stade « épi 1 cm », la destruction de l’épi est possible dès lors qu’une journée avec des  températures mini inférieures à - 4°C est enregistrée. Cette année, quelques observations indiquent des stades épi 1 cm dépassés dans quelques cas : variétés très précoces à épi 1 cm (Blé : Altamira, Paledor ; Triticale : Tribeca, Bienvenu) et semés tôt (avant le 15 octobre). Le risque de gel d’épi existe donc pour ces rares situations. Toutefois, l’impact du gel à ce stade est limité car les céréales ont de fortes capacités de compensation, à travers le tallage, la fertilité épi (nombre de grains dans l’épi) et le PMG (poids de mille grains). De plus, le gel éventuel du maitre-brin va provoquer une croissance accrue des talles de la plante (abondantes cette année), qui compenseront partiellement la disparition des tiges principales. Enfin, les racines de la culture survivent à de tels scénarii de froid : les tiges qui se maintiendront bénéficieront donc d’un système racinaire déjà développé, ce qui accroît la capacité de la culture à se rétablir en début de printemps. Pour des céréales qui auraient atteint le stade « épi 1 cm », l’épi s’élève au-dessus de la surface du sol, ce qui le rend plus vulnérable à une chute brutale et ponctuelle de la température. On considère généralement à partir de ce stade, le seuil de -4°C de T° mini sous abri (environ -7°C au champ) comme un seuil d’alerte, et non un seuil de dégâts systématique. Il est important de noter que toutes les talles d’une plante ne sont pas synchronisées. Lorsque le maître-brin atteint ce stade, les apex des talles primaires et a fortiori secondaires sont beaucoup moins avancés et donc moins vulnérables. Ainsi, des céréales semées claires sont moins à risque que des céréales semées denses. La proportion de maitre-brins sur l’ensemble des tiges est plus faible.  Antoine Bray / Eric Masson Arvalis Institut du Végétal


 


Photo : Dans l'Est de la Bretagne sujette aux températures froides, la neige a joué le rôle d'isolant pour la culture.


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Date de l'article : semaine du N° du 10 au 16 Février 2012
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