
Des données plus nombreuses et mieux classées. Au lieu de dix, les régions sont regroupées en quatre grands ensembles, centrés autour de Rennes (pour la Bretagne les Pays de la Loire et la Normandie), Lille, Dijon et Toulouse. De fait, les quatre commissions régionales couvriront un plus grand nombre d’outils d’abattage, ce qui vise à fournir une meilleure représentativité du marché. D'autre part, la cotation se veut plus fine et « permet de revenir à une vraie définition des cotations », souligne Pierre Halliez, directeur général du Sniv-SNCP (Syndicat des entreprises françaises des viandes). Dans le nouveau système, elles sont élaborées par FranceAgriMer (Ministère de l’Agriculture) uniquement à partir de données chiffrées. Les commissions régionales conservant la possibilité d’alerter les autorités compétentes si les cotations sont trop éloignées des données régionales.
Plus de données collectées
« Un nouvel article du Code rural devrait prochainement étendre le pouvoir d’enquête et de contrôle des agents de FranceAgriMer et de la DGCCRF chez les abatteurs », précise-t-on chez FranceAgriMer. En outre, l’obligation de transmettre les données concerne désormais les abatteurs ou les personnes qui font abattre au moins 5 000 gros bovins par an sur le territoire national, au lieu de 10 000 dans l’ancien système. Il y a donc un élargissement des données disponibles. Marc Zribi, chef de l’unité cotations et informations de conjoncture de FranceAgriMer, précise : « nous pensons qu'une trentaine d'abatteurs supplémentaire devra faire remonter ses données d'abattage. Nous devrions désormais toucher aussi des productions plus qualitatives. »
Des catégories d'animaux plus précises
« Ce changement semble être bien accueilli par l’ensemble des maillons de la filière », déclare Guy Mérieau, président de la section bétail et viande de Coop de France. Chez les éleveurs, la réforme était plutôt attendue et la grande avancée concerne l'évolution de la grille de cotations. En effet, les catégories d'animaux sont aussi revues pour « coller davantage aux marchés » et donc « améliorer la transparence dans les transactions commerciales », expliquent Marc Zribi et Michel Meunier, délégué pour les filières viandes chez FranceAgriMer. Mieux définir les types d'animaux permettra aussi une homogénéisation des cotations entre les bassins de production. Gérard Doré, président de la section viande bovine de la FRSEA, insiste : « Maintenant il y a un code par race pour les principales races à viande. » Charolaise, Limousine et Blonde auront toutes trois leur propre indicateur, distinct de celui du type viande. De fait, l'acheteur d'une vache de telle ou telle race ne pourra plus aussi facilement éloigner son prix de la cotation en arguant que cette dernière ne prend pas assez en compte la race en question. Pour lui le système a gagné en « transparence. » De son côté, le Sniv-SNCP resitue la place de la cotation : elle est « un élément de formation du prix parmi d’autres. » Le syndicat note, par ailleurs, que la refonte du système n'a pas bouleversé les cotations, ce qui lui fait dire que « l'ancien système n'était pas aussi biaisé que ce que certains discours ne le laissaient croire. » Gérard Doré estime quant à lui, que les bénéfices de la réforme seront surtout visibles en cas de forte variation du marché. « Pour le moment, le prix pour les mâles est resté stable et celui pour les femelles n'a progressé que de quelques centimes. » Et de donner rendez-vous à la fin du printemps pour faire un point après les premiers mois de mise en œuvre de la réforme. Ronan Lombard
Photo : Avec la réforme dont les textes apparaissent dans le Journal officiel du 7 février, la grille de classement a été affinée. Pour les éleveurs, le calcul du prix des animaux à l'entrée de l'abattoir n'en sera que plus clair.