
Pas de formule unique pour le renouvellement du matériel de Cuma. Pas de solution meilleure qu’une autre non plus. « Tout dépend ». Ce qui pourrait apparaître comme une réponse de Normand est en fait une réponse de bon Breton qui a plusieurs façons de calculer.
La fiabilité n’a pas de prix
Un outil à dents avec une mécanique relativement simple pourra durer dans le temps sans grand risque de faillir le jour où il est sollicité. « Il suffit de changer les pièces d’usure ». À la Cuma de l’Avenir, à Plonévez-Porzay, on applique cette durabilité avec la charrue. « Elle date de 1992. Elle a labouré 4 000 ha », cite Yvon Cadiou, le président, précisant que régulièrement le matériel est estimé par les concessionnaires. « Ça nous permet de choisir : on le répare ou on le change ».
À l’opposé, pour une machine de précision bourrée d’électronique et de « petite quincaillerie » ou pour un tracteur, la réflexion englobera d’autres aspects. Les frais d’entretien ne sont pas les mêmes, la fiabilité dans le temps est parfois incertaine. « Dès que le matériel est complexe, mieux vaut opter pour le renouvellement rapide », estime Michel Seznec, conseiller machinisme à la FDCuma de Vendée. Une option d’autant plus facile à retenir que l’activité du matériel est importante. Et d’ajouter un aspect psychologique : « Un matériel récent, c’est signe de performance, de tranquillité. On le prendra plus facilement que son voisin de hangar plus ancien ».
Yvon Cadiou accorde que « le travail bien fait et à temps » est « le » critère clé à la Cuma de l’Avenir. « Le coût vient après la satisfaction du travail réalisé », dit-il. Des propos abondés par Thierry Gaudec, président de la Cuma de Tréflez, où l’on confie l’entretien au mécanicien local. « Ça coûte peut-être plus cher, mais c’est bien fait et il répond présent tout le temps, y compris le dimanche si besoin ».
Le prix du matériel s’échauffe
Reste que le coût demeure un critère essentiel de la gestion des Cuma. « Le motif de renouvellement est d’abord économique », soutient Michel Seznec qui cite ensuite par ordre d’importance du renouvellement : « le volume d’activité, la mécanique et l’affectif ».
À la Cuma de l’Avenir, on ne contredit pas ces propos, par exemple pour le tracteur qui est changé tous les trois ans : un compromis entre le coût, la fiabilité et le confort de travail est recherché. « Dès que le tracteur à deux ans et demi, nous commençons à réfléchir. Si bien qu’au troisième anniversaire, le choix est fait et le prix de reprise fixé. Ce qui, compte tenu des délais de livraison, nous permet de n’avoir que le fioul à payer pendant les 6-7 mois d’attente. Au bout du compte, c’est comme si nous avions un tracteur gratuit pour quatre achetés ».
Pour autant que chacun a sa stratégie de renouvellement, force est de constater, comme le souligne Guy Kergoat, de Pleyber-Christ, que « le coût du matériel a augmenté de 30 % ces 5-6 dernières années ». Un constat qui peut conduire à revoir le renouvellement du matériel ou la façon de diminuer les coûts.
« Avec les télescopiques, nous avons été obligés de revoir leur utilisation », cite en exemple T. Gaudec dont la Cuma a essuyé d’importantes casses au début. « Aujourd’hui, nous avons responsabilisé les adhérents », dit-il en parlant d’un coût de 20-22 €/heure. Et Yvon Cadiou de conclure : « Certes, globalement, le matériel a augmenté. Mais le vrai problème, c’est que le prix des produits agricoles ne suit pas cette évolution ». Tiens… un discours aux sonorités déjà entendues qui s’infiltre jusqu’aux conseils d’administration des Cuma. Cuma qui, aujourd’hui, doivent composer durablement avec cet écart de prix qui écorne indéniablement les trésoreries des agriculteurs.
Didier Le Du
Changement de président
Après 10 ans à la tête des Cuma du Finistère, Rémi Bodiou se retire de la présidence de la FDCuma29. « Une formidable aventure » dont la rampe de lancement fut le Safir de 2001 à Plonéis alors qu’il était encore président de la Cuma des Châteaux qui avait accueilli la manifestation à la pointe bretonne. Dans son allocution de départ, Rémi Bodiou a insisté sur la notion de « proximité » qui lui est chère. Et d’ajouter : « J’ai toujours tenu à privilégier la convivialité parce qu’elle est la base d’un dialogue constructif ». Ronan Le Bourhis, éleveur laitier à Scaër, a été élu président de la FDCuma 29 à l’issue de l’assemblée générale.
Légende photo : Le renouvellement des matériels était le thème de l’assemblée des Cuma.