
En Bretagne, le nombre de chèvres élevées pour leur production laitière se situe entre 16 500 et 17 000 pour environ 130 éleveurs. Soixante d'entre eux vendent leur lait à des laiteries, ils sont surtout situés en Ille-et-Vilaine et Morbihan. Les 70 autres, répartis dans les 4 départements, sont producteurs de fromages qu'ils vendent directement. Depuis 2 ans, la filière française de lait de chèvre est en surproduction. « Compte tenu de la crise, la consommation de fromage, produit haut de gamme, a baissé, alors que la production de lait continuait à progresser, par augmentation de la production par chèvre (+ 80 kg) et des effectifs (installation) », estime Franck Mérel. Depuis 1 an, ces deux facteurs se sont stabilisés. Face à la surproduction, chaque laiterie a réagi, par baisse de la référence (- 4,5 %) ou par baisse du prix (- 28 € /1 000 L).
Une alimentation moins coûteuse
Parallèlement, dans la même période, les coûts de production ont augmenté car les ateliers consomment beaucoup de céréales et de concentrés. Les trésoreries se sont tendues. « Nous sommes entrés dans une période de stabilisation, mais l'année 2012 sera encore assez tendue, car les laiteries prévoient une nouvelle baisse du prix d'achat du lait ». Dans un tel contexte, le principal axe de travail consiste à rechercher plus d'autonomie alimentaire. En effet, le coût alimentaire représente 70 % des charges dans un élevage de chèvres. Les petites structures disposant de peu de foncier sont les plus touchées car elles achètent beaucoup à l'extérieur, elles subissent de plein fouet la hausse des matières premières. D'autres pistes sont possibles comme la production de lait bio, mais cela ne peut concerner qu'une partie des producteurs.
Patrick Bégos
Photo : L'alimentation représente 70 % des charges