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Valoriser la génétique des chevrettes
 

La pépinière de chevrettes de Vilaine accueille chaque année près de 200 animaux. « Notre objectif au départ était de valoriser la génétique du Grand Ouest. », explique Franck Mérel, éleveur et président d'Ovi Ouest. En effet, près de la moitié des chevrettes du Grand ouest vont à l'abattoir, alors qu'elles ont un bon niveau génétique. « En créant cette pépinière, nous valorisons les chevrettes des éleveurs naisseurs ». Ces chevrettes sont en effet achetées au naisseur 45 €/pièce contre 5 € pour des animaux destinés à l'engraissement.


Un tri rigoureux


« Nous donnons également la possibilité à l'éleveur de chèvres dont le potentiel du troupeau serait peu élevé, de progresser au niveau génétique par l'achat de chevrettes ». En  effet, l'élevage de la chevrette impacte directement la carrière de l'animal et donc la production future du troupeau. Cette phase d'élevage s'est beaucoup professionnalisée, ces dernières années. L'objectif de la pépinière est d'élever les chevrettes de 10 jours jusqu'au stade « prête à saillir » (6 à 7 mois). Elle est située à Amanlis, à l'EARL Thomas qui a aménagé un ancien bâtiment spécialement pour cette production. Ovi Ouest approvisionne la pépinière en achetant les chevrettes. Le suivi technique est réalisé par la Chambre d'Agriculture 35. « Nous avons mis en place un cahier des charges pour l'achat des chevrettes », explique Jean-Yves Connault, directeur d'Ovi-Ouest. « Elles proviennent d'élevages adhérents au Contrôle laitier avec une productivité supérieure à 800 kg et à Capgènes (schéma de sélection Gènes+). Les chevreaux doivent peser au moins 3 kg à la mise-bas (en fonction de la taille de la portée). La prolificité (nombre de chevreaux par chèvre) est également prise en compte ».


Des conditions d'élevage optimales


Les chevrettes arrivent à la pépinière fin janvier, elles sont âgées de 5 à 15 jours. « Par lots de 30, elles bénéficient d'un espace sur caillebotis pour la phase lactée puis d'une aire paillée pour l'alimentation en foin et concentrés », précise Carole David, conseillère caprin à la Chambre d'Agriculture 35. L'organisation en 4 salles d'élevage permet un ré-allotement. Elles sont nourries à la louve jusqu'à 2,5 mois, elles peuvent être vendues à partir du sevrage et avant 6-7 mois, période de mise à la saillie. « Elles sont pesées régulièrement : au sevrage, à 4 mois et vers 200 jours. Une étude a en effet montré un lien étroit entre le poids à 200 jours et la production laitière de la chèvre ». Qu'est ce qu'une bonne chevrette ? « Elle doit être suffisamment développée pour peser 14 à 15 kg au sevrage, ce qui correspond à un GMQ de 180 g/j », répond Carole David. En dessous de ce niveau, elles sont réformées. Elle ne doit pas être trop grasse. « La période entre le sevrage et la saillie est importante car la chèvre doit développer ses fonctions de rumination et d'ingestion de fourrage ».


Un levier de progression


Le taux de renouvellement impacte la rentabilité du troupeau. « Il se situe en moyenne autour de 30 %. L'objectif est de le ramener à 25 % », précise la conseillère. « La qualité des chevrettes permet d'augmenter la longévité du troupeau. La pépinière est un levier dans l'amélioration technique de la filière, car elle permet de valider les rations type des jeunes animaux ». L'éleveur qui a des soucis de croissance, de développement de ses chevrettes doit s'interroger.    Disponibilités en bâtiment, en temps pour réaliser cette phase d'élevage, le niveau génétique est-il   correct ?  ...  « Plutôt que ­d'avoir des chevrettes peu productives, il est parfois préférable d'acheter. On constate par exemple des erreurs techniques ou des bâtiments peu adaptés qui entraînent des problèmes pulmonaires alors que les chevrettes ont un bon potentiel ». Patrick Bégos


 


Photo : Les chevrettes sont regroupées en lots pour obtenir des animaux homogènes et de bonnes croissances.

 





Des écarts de coût de production
En analysant les coûts de production des chevrettes, on constate que les plus gros écarts concernent les coûts alimentaires, surtout durant la phase lactée (coût moyen de 30 €). L'optimum consiste à sevrer la chevrette à 15 kg mais la majorité des éleveurs le font autour de 17 kg. La quantité et la qualité de la poudre doivent être adaptées pour atteindre un objectif de GMQ de 180 à 200 g/jour. Du sevrage à 4 mois, il faut gérer les risques de coccidiose et surtout le démarrage de la rumination afin que les animaux puissent ingérer suffisamment de fourrage. L'impact du bâtiment, la qualité du fourrage et la compétition à l'auge expliquent aussi les écarts de coût alimentaire. Peu d'éleveurs sont équipés d'une bascule fonctionnelle. Une prestation de pesée par bascule électronique proposée par Ovi Ouest facilite le suivi des croissances des chevrettes pour un coût modique (1,20 €/chevrette pour un lot de 100). L'animal passe sur la bascule qui
associe le numéro lu sur sa boucle électronique et son poids, elle affiche le GMQ. L'analyse des croissances ainsi que les conseils techniques sur l'alimentation, le tri des animaux sont ensuite réalisés par la Chambre d'Agriculture.


 



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Date de l'article : semaine du N° du 3 au 9 Février 2012
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