
« En 2010, dans notre zone des Monts d'Arrée, l'épisode de neige (lourde) a cassé les structures de l'ancien poulailler de 1 200 m2. La toiture n'a pas résisté », explique Jean-François Tourmel, associé du Gaec Tourmel de Commana (29). Les trois associés n'ont pas voulu se priver de cet outil de travail. Accompagnés par leur assureur Groupama, ils ont reconstruit un poulailler neuf et performant, polyvalent pour la production de poulets et de dindes qu'ils réalisent avec leur groupement UKL-Arrée.
Ventilation transversale
« Nous avons profité pour agrandir le bâtiment en passant de 1 200 à 1 500 m2. Cette taille est plus adaptée économiquement au contexte actuel et permet de limiter le coût autour de 200 €/m2 ». Situés en canton ZES, les associés ont pu racheter des unités d'azote chez un éleveur de pondeuses qui en souhaitait pas se mettre aux normes bien être.
En 2010, un autre poulailler de 800 m2 a été rénové et équipé d'une ventilation transversale type Colorado. « Il fonctionne bien, sa ventilation est facile à gérer, notamment quand on change de production (poulet-dinde) », explique Jean-François. « Nous avons choisi le même type de ventilation pour le nouveau projet avec des trappes et une régulation Tuffigo ».
Radiants et aérothermes
« Pour le chauffage, nous avons préféré associer les radiants (démarrage des dindonneaux) et les canons à air chaud utilisés à partir de 8 à 10 jours ». Quand la température de consigne est atteinte, les canons s'arrêtent puis redémarrent, si nécessaire, ce qui limite la charge de gaz. « Nous n'avons pas installé des échangeurs de chaleur, dès le départ, car nous pensons que ce type de matériel va encore évoluer ». Le nouveau bâtiment, construit par une entreprise locale, est bien isolé. « Nous pourrons démarrer les lots de dindes en double densité avant de les répartir dans l'autre poulailler de 1 200 m2 ». Ce bâtiment plus ancien à ventilation statique, servira de station d'engraissement. « Nous avons déjà testé cette pratique avec succès. Elle nous permet de limiter encore plus les charges de gaz et d'accélérer les rotations ». En effet, durant le vide sanitaire, ce bâtiment est préparé en priorité. « En volailles comme en vaches laitières, notre objectif est d'organiser au maximum le travail, par une bonne organisation, de façon à consacrer plus de temps à la surveillance des animaux ».
Des carcasses plus lourdes
Les choix techniques dans les équipements d'alimentation (Multibeck) et d'abreuvement (pipettes Lubing) permettront de produire des mâles plus lourds, (autour de 18 kg à 140 jours contre 15 kg à 126 jours en médium). « La demande actuelle est à l'alourdissement des carcasses, pour améliorer les rendements à la découpe. Ce type de poulailler est adapté pour cette production », souligne Florian Blévin, coordinateur technique UKL. Le volet environnemental a nécessité une bonne coordination entre les associés et le groupement. L'élevage est situé en zone ZES, avec obligation de traitement. « L'installation d'Yvon et l'agrandissement de l'atelier laitier, ainsi que la modification des normes Corpen ont enclenché un effet domino sur l'atelier volaille », explique Christophe Scolan, responsable environnement. Pour résorber l'excédent d'azote et de phosphore, le Gaec va construire une station de compostage pour le fumier de volaille, ce compost sera « exporté » hors Bretagne. La taille de la station, en cours de réflexion, sera adaptée aux normes phosphore. « La gestion des excédents d'azote a des conséquences financières lourdes », estime C. Scolan. « Il faudrait réfléchir à une gestion des excédents sur une zone plus large que le canton ». Patrick Bégos
Photo : De gauche à droite : Yvon, Jean-François et Alice Tourmel, éleveurs, H. Le Bec (UKL) et M. Marinheiro (administrateur).
Des éleveurs qui restructurent
UKL-Arrée regroupe environ 500 aviculteurs, en production d'oeufs à couver et en volailles de chair. Il produit 130 000 à 150 000 dindes/semaine ainsi que 800 000 poulets/semaine. L'activité de multiplication qui est récente a été mise en place au couvoir de Pontivy, pour avoir plus d'indépendance dans la production de poussins et de réactivité dans la réponse aux demandes du marché (dindes plus lourdes). « Depuis 2 ans, avec l'amélioration de la conjoncture, les éleveurs sont motivés », souligne Florian Blévin. « Le groupement est sollicité par des demandes d'installation de jeunes (15 en cours), de rachat de poulaillers existant et de rénovation ». Des bonus sont accordés à la tonne de volaille produite, pour les constructions neuves et les rénovations ainsi que des aides spécifiques pour la rénovation.