
La diminution rapide et continue du taux de réussite en 1re IA a été principalement marquée chez les vaches de race Prim’Holstein : baisse de 1 point par an entre 1995 et 2003. Depuis l’intégration de la fertilité dans les schémas de sélection, celle-ci semble se stabiliser. Une enquête, Fertilia, a étémenée dans 135 élevages Prim’Holstein et a impliqué 15 coopératives d’inséminations pour étudier les facteurs de variation de la fertilité en 1re IA. Les travaux ont été présentés lors des journées 3R en décembre dernier.
Point de départ : la détection
Premier point : le niveau génétique « fertilité femelle sur ascendance » des vaches a un effet favorable sur le taux de gestation. La prise en compte de l’index fertilité des taureaux lors du planning d’accouplement est donc particulièrement importante. « Le niveau génétique lait n’a pas eu d’effet sur la fertilité ». C’est bien connu des éleveurs, les interventions de type « aide difficile, césarienne » ont un impact sur la fertilité. « Il semble donc important de faire de la prévention auprès des éleveurs qui interviennent trop rapidement ou systématiquement lors des vêlages ». De même, le délai de mise à la reproduction (intervalle vêlage – IA1) conditionne la réussite. Le taux de gestation est dégradé quand l’insémination intervient avant 60 jours après vêlage avec une tendance à l’augmentation du taux de non-fécondation et de mort embryonnaire. Le type de signes de chaleurs observés par les éleveurs a un impact sur la fertilité. Le taux de gestation baisse lorsque l’éleveur décide d’appeler sur l’observation d’un ou plusieurs signes non spécifiques et non liés au comportement sexuel (présence de glaires, nervosité, beuglement, etc.). D’où ce conseil répété des centres d’insémination qui invitent aux bonnes pratiques de détection en intégrant tous les signes, y compris sexuels secondaires (intérêt porté à la zone arrière).
Appeler aussitôt
Lorsque le délai entre la détection et l’IA est supérieur à 18 heures, le taux de non-fécondation et de mortalité embryonnaire précoce augmente, mais le taux de gestation n’est dégradé que lorsque ce délai dépasse 24 heures. « Il est cependant important d’appeler l’inséminateur aussitôt après avoir observé les signes spécifiques de chaleur ». L’ IA entre 6 et 18 heures après détection des chaleurs reste préconisée. Lorsque le nombre de vaches inséminées en même temps dans un élevage est supérieur ou égal à 3, la fertilité est moins bonne. « Cela met en évidence une mise à la reproduction de vaches qui ne sont pas vraiment en chaleur. De même, lorsque la contention est jugée “bonne” par l’inséminateur, le taux de non-fécondation et de mortalité embryonnaire diminue ». Enfin, le rang de lactation affecte la fertilité. Les vaches à partir de la 3e lactation sont pénalisées. Tout comme, la quantité de lait produit pénalise la fertilité (+ 39 kg chez les multipares et + 30 kg chez les primipares). Le rapport TB/TP peut être un indicateur facile à utiliser : pour les trois premiers contrôles, lorsqu’il est supérieur à 1,5, cela traduit un déficit énergétique. Avec à la clé des réserves corporelles insuffisantes qui pèsent sur la cyclicité, la fécondation et le développement embryonnaire précoce. D. Le Du
Photo : Pour qu’une vache prenne, il faut d’abord qu’elle soit en chaleur…
Alimentation entre vêlage et IA
Cette étude sur 135 élevages a mis en évidence 9 typologies d’alimentation du vêlage à l’IA. Sans rentrer dans les détails, il apparaît que les taux de gestation les plus élevés ont été constatés dans les élevages qui pratiquent l’apport de concentrés individualisé et fractionné grâce au Dac, malgré une forte augmentation des apports de concentrés autour du vêlage. La fertilité semble pénalisée dans les élevages qui pratiquent des transitions alimentaires brutales. Réintroduire les vaches précocement dans le troupeau des laitières (au minimum 7 jours avant vêlage) participe entre autres à préparer la flore ruminale et à maintenir une capacité d’ingestion. Dans les systèmes herbe, les performances de reproduction observées dans cette étude sont qualifiées de « moyennes ». « Les changements alimentaires liés à la mise à l’herbe peuvent entraîner des excès d’apports azotés qui pourraient être défavorables pour la reproduction ».