
La question démographique préoccupe tous les maillons de la filière. « En 2014, 52 % des exploitants auront plus de 50 ans et moins de 20 % moins de 40 ans », alerte Jean-pierre Fleury, secrétaire général de la FNB. Les professionnels de l’élevage appellent à la création d’un groupe de travail réunissant les professionnels, les pouvoirs publics et les établissements bancaires pour faciliter l’installation des jeunes
Alléger le réglementaire
La relance passe aussi par une évolution des contraintes réglementaires qui, en l’état, pèsent sur la réactivité des éleveurs. « L’obligation de maintien des surfaces classées en prairies permanentes est un non-sens sur le plan agronomique et sur le plan économique », affirme-t-on à la FNB. Le sujet de l’autonomie en fourrages, en céréales et en protéines végétales sera décisif pour donner aux éleveurs les moyens de s’adapter aux signaux du marché et du contexte économique global. En outre, la FNB propose d’insérer les prairies permanentes dans les rotations, notamment dans le cadre du verdissement des aides Pac. Par ailleurs, le relèvement des seuils IPCE (Installation classée pour la protection de l’environnement) de 400 à 800 places est demandé par la FNB. De même, concernant la taxe sur le foncier non bâti : « c’est un impôt complètement dépassé ».
Refaire du développement
La fédération souhaite que les financements accordés par les contrats de plan Etat-Région soient renforcés pour favoriser l’accès à des formations sur les coûts de production en systèmes viande bovine. Selon la FNB, « il est temps que les éleveurs s’approprient les coûts de production ». Parallèlement à cela, le développement de la contractualisation entre les éleveurs et les abatteurs donnerait une visibilité au maillon de la production. Dans les futurs contrats, les coûts de production devront faire partie intégrante des clauses pour déterminer une fourchette de prix. « Il faut accélérer la sécurisation de la production », explique Dominique Langlois, président d’interbev (interprofession bovine). Dans un premier temps, les efforts sont concentrés sur la contractualisation dans les filières des jeunes bovins et des génisses. L’objectif est aussi de « favoriser l’adéquation offre/demande ». La production nationale doit répondre à la demande exprimée par les consommateurs français.
Trouver l’équilibre entre marché export et marché intérieur
La filière française est en train de reconquérir des parts de marché à l’export hors-UE qu’elle avait perdues avec les crises sanitaires de ces dernières années. Mais la FNB n’occulte pas la situation fragile dans laquelle se trouvent les abatteurs français. « La surcapacité d’abattage en France engendre des coûts pour la filière ». Alors que le SNIV-SNCP (entreprises françaises de la viande) se refuse à intégrer le GEF ( Groupement export ) et pointe du doigt l’assèchement des établissements d’abattage français, la FNB est convaincue que la revalorisation des prix payés aux producteurs permettra de maintenir une production sur le territoire national.
Référence sur l’effectif et non sur les hectares
« Nous proposons des nouvelles références basées sur l’effectif du cheptel actuel. nous allons le faire sur les hectares, pourquoi pas sur les animaux ? », s’interroge Jean-pierre Fleury. À défaut de maintenir la PMTVA, la fédération demande une aide couplée de 200 euros/tête sur la base des nouvelles références. De fait, un taux de recouplage supérieur au 10% proposé par la commission européenne est indispensable.