Ceux qui étaient alors les jeunes agriculteurs de ces années 60, celles des tracteurs Renault D 16 et D 22, des Dauphines, Arondes, 403 et autres 404, mesurent aujourd’hui les changements de notre agriculture. Révolution matérielle, professionnelle, mais aussi domestique qui a apporté un confort aux femmes qui n'avaient pas encore de statut d’associées d'exploitation et encore moins de chefs d'exploitation. 2012 c'est aussi les 50 ans de la politique agricole commune qui a contribué au développement de l'agriculture bretonne. Mais l’autre révolution de notre agriculture, en Bretagne, est peut-être encore devant nous. Elle n'est plus seulement dans le progrès technique, le développement et la vulgarisation mais dans sa capacité à « cohabiter » avec une société qui lui fixe de nouveaux enjeux dans un nouveau contrat social avec la société. Les agriculteurs cohabitent avec de nouveaux venus dans les communes et dont on ne sait pas s'ils sont des ruraux ou des urbains. Les sociologues ont résumé la difficulté à les définir en les appelant « rurbains ». L'autre révolution en cours, très sensible en Bretagne est celle de l'environnement. L'élevage hors-sol est né dans ces années 60. Ces jeunes éleveurs des années sixties férus de progrès et entreprenants, n'imaginaient pas les normes environnementales ou de bien-être des animaux auxquelles ils doivent s'astreindre aujourd'hui. Cette deuxième révolution en marche ne se fait pas sans douleur. Malgré tout, elle avance. Certes sous la pression des environnementalistes qui trouvent que cela ne va pas assez vite. Mais en la matière mieux vaut les révolutions de velours, plus durables que celles qui coupent les têtes.