
À l'initiative d'Idea (inter GVA d'Hennebont), une porte ouverte était organisée vendredi dernier chez Pascal Masschelein qui vient de réaménager deux bâtiments de 1 000 m2. Exit la ventilation statique avec lanterneau papillon. Supprimés également les 46 radiants, âgés d'une vingtaine d'années (comme les bâtiments), et la brumisation sous jupe. Les poulaillers (type Colorado) fonctionnent désormais en ventilation dynamique « pour une gestion plus aisée de la ventilation » avec des canons extérieurs de chauffage (à gaz) et une brumisation haute pression. À noter également le changement de boîtier de régulation et l'installation de quatre échangeurs PRC (progressif récupérateur de calories) pour préchauffer l'air à l'entrée dans les bâtiments. L'isolation n'a pas été refaite.
Meilleures performances zootechniques
Les deux derniers lots ont été élevés dans les bâtiments réaménagés. « Même s'il est un peu tôt pour tirer des enseignements, je note une amélioration de l'indice de consommation et de la marge PA (respectivement 1,86 et 9,20 €/m2, sur ces lots) », indique l'éleveur de poulets lourds, qui y voit la conséquence d'une amélioration de l'ambiance (hygrométrie, litière sèche). « La priorité, c'est de produire de la volaille. Le volet énergétique vient après ». L'économie de gaz est cependant réelle. « J'ai arrêté les canons de chauffage dès le dixième jour après l'arrivée des poussins ».
Selon les informations de la Chambre d'agriculture, le passage d'un bâtiment statique (2 000 m2 en poulets lourds) avec radiants à un bâtiment dynamique (Colorado) avec canons extérieurs permet d'économiser, en moyenne, 9 000 kilos de gaz propane par an. Par contre, la consommation électrique augmente de plus de 5 000 Kwh. Au final, l'économie pour l'éleveur avoisine 7 000 €/an. Les échangeurs apportent un plus, en réchauffant l'air entrant. « Ils permettent une bonne gestion de la ventilation en faible débit, pendant les premières semaines ». L'équipement devrait permettre d'économiser 1 890 kilos de gaz supplémentaire, soit 1 572 €/an. En moyenne, l'économie de gaz est de 30 %, dans les poulaillers équipés d'échangeurs.
L'économie d'énergie totale prévisible sur un élevage tel que celui de Pascal Masschelein est donc estimé à 8 570 €/an. « Compte tenu du coût du réaménagement (80 000 € et des subventions (16 000 €), le retour sur investissement pourrait être de 7,5 ans ». Le coût d'un échangeur PRC (pour 500 m2 de poulailler) est de 6300 €.
Bernard Laurent
Légende photo : Extérieur. A gauche, le canon à gaz. A droite, l'échangeur (capot enlevé).