
Même si le nombre d’exploitations est en baisse (- 3 % en 1 an ; - 25 % en 10 ans), le nombre d’employeurs reste stable. C’est le constat du rapport annuel de l’emploi salarié en production agricole, édité chaque année par l’AEF du Finistère, la MSA d’Armorique, Pôle Emploi et la Chambre d'agriculture.
La concentration engendre des besoins
En 2010, le département comptait 4 273 employeurs de main-d’œuvre en production agricole. Soit à quelques unités près le même nombre que l’année précédente. « La baisse du nombre d’entreprises employant du personnel est bien moindre que celle constatée sur le nombre total d’exploitations. La concentration et la spécialisation des activités engendrent des besoins en main-d’œuvre salariale », commentent les responsables de l’étude.
Près de 90 % des entreprises emploient moins de 5 salariés ETP (emploi temps plein). La moitié des employeurs emploie moins de 1 ETP et un tiers moins de 0,5 ETP. À noter encore la place occupée par les groupements d’employeurs de main-d’œuvre : 173 groupements emploient 2 904 salariés (2 116 travailleurs occasionnels). Cette formule est relativement développée en cultures spécialisées.
C’est sur les territoires de Brest et Morlaix que se trouve la très grande majorité des emplois de la production agricole. La présence sur ces zones de cultures spécialisées explique en partie cette répartition. Le rapport souligne que le secteur des cultures spécialisées emploie 57 % des 24 604 personnes qui travaillent chaque année dans la production agricole.
Emploi saisonnier
Le nombre d’ETP est très différent d’un secteur à l’autre. La saisonnalité des cultures spécialisées fait qu’il faut plus de 3,73 personnes pour atteindre un ETP. En élevage de gros animaux, ce ratio est de 1,73. À signaler que ce dernier secteur est le 2e plus gros employeur avec 2 675 salariés pour 1 165 employeurs. Le pourcentage de femmes étant plus élevé en porc (40 %) qu’en lait (10 %, y compris les conjointes salariées d’exploitants).
Sur les 24 604 personnes qui travaillent chaque année dans la production agricole, plus de 10 000 travaillent moins de 20 jours par an. 5 300 salariés sont présents plus de 200 jours par an. « Les hommes bénéficient de temps de travail plus long. Ils sont en effet très majoritaires (72 %) dans la catégorie de personnes ayant travaillé plus de 200 jours en 2010 ».
Depuis 2007, le nombre de contrats de travail proposés par la production agricole a baissé de 15,9 %. Dans le même temps, les effectifs et les ETP sont restés stables. En 2010, les CDI représentaient 19 % des contrats proposés en agriculture.
Le rapport souligne également que la grande partie des rémunérations se situe entre le Smic et 1,4 Smic. « La population de salariés agricoles est plutôt jeune, notamment en cultures spécialisées où ces derniers sont très largement majoritaires. À noter qu’en élevages de petits animaux, les publics de plus de 50 ans sont très importants (ramassage de volailles) ». D. Le Du
2 050 offres d’emploi en 2011
L’AEF du Finistère a collecté 2 050 offres d’emploi en 2011. « Soit + 25 % par rapport à 2010 », calcule Gilles Burel, responsable de l’association emploi-formation. Et de préciser qu’il ne s’agit pas d’une augmentation du volume de travail proposé par la production agricole, mais d’un plus grand recours des employeurs aux services de l’AEF pour trouver un salarié. En lait, la conjoncture favorable a boosté les offres d’emploi. La production porcine rencontre toujours les mêmes difficultés pour trouver les profils correspondants aux postes proposés. Quant au légume, il doit faire face à des salariés qui s’appuient sur ce secteur d’activité comme tremplin vers d’autres emplois. «Les travailleurs font parfois quelques jours et partent vers d’autres secteurs », observe G. Burel. Si face aux offres, les candidats sont souvent suffisants en nombre, se pose l’éternel problème d’adéquation offre-demande. « Que ce soit en termes de formation, d’expérience ou de mobilité ».
Légende photo : Le secteur des cultures spécialisées emploie près de 6 personnes sur 10.