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Des poules en plein air et avec un jardin d'hiver
 

« J'ai toujours souhaité m'installer en production d'oeufs, mes études et mes stages ont été orientés vers cette production », explique Frédéric Chartier. Après son bac Pro CGEA, il a été salarié pendant 10 ans dans une usine d'aliment. Son projet a mûri lentement. Car Frédéric voulait  s'installer à Saint-Juvat (22), à proximité de l'exploitation de ses parents.


3 ans pour aboutir


Démarré en 2008, le projet de création d'atelier a abouti en 2011, avec l'aide d'Alain Carrée (Sanders). Il a fallu mener de front la réflexion technique sur le projet, le volet environnemental, l'échange de terres avec des voisins pour atteindre les 11 ha de parcours,  le dossier d'installation JA, la négociation avec les banques... « Je savais qu'un dossier d'installation par création d'un atelier neuf serait difficile », résume Frédéric. Le jeune agriculteur a préféré le système poules plein air au sol. Il a bénéficié de droits à produire jusqu'au seuil JA-EDEI mais il a dû racheter des unités d'azote pour obtenir l'agrément de son projet de 25 000 poules. « Cette taille d'atelier correspond bien à l'emploi d'une personne en temps de travail et en revenu », précise A. Carrée.


Jardin d'hiver


Le logement des 25 000 poules (3 000 m2) est en 2 parties avec une partie fermée (15,50 m de large) et un jardin d'hiver, en appentis de chaque côté, sur 4 mètres. « Les poules auront accès à ce jardin d'hiver, 24 h sur 24, par un système de trappes. Puis, elles pourront s'ébattre sur le parcours herbeux de 11,6 ha (4 m2/poule) », précise Frédéric. La mise en place d'un jardin d'hiver permet de répondre aux normes de densité (9 poules/m2) pour un coût plus faible. C'est aussi une opportunité pour vendre des oeufs sur les marchés des pays du nord de l'Europe, en répondant à leurs normes.
Construite par Serupa, la coque est réalisée en panneaux Serwall nouvelle génération avec une protection PVC de 205 microns. Le revêtement, très lisse, est spécialement étudié pour faciliter le nettoyage. Les pondoirs deux étages Vencomatic sont situés au centre du poulailler. « Ils sont conçus avec un fond mobile qui repousse les poules quand elles ont pondu, permettant ainsi de maintenir un tapis propre et d'obtenir des œufs de qualité ».


3,7 km de perchoirs


Les poules accèdent à leur zone de vie, sur caillebotis (5,17 m de large). Les orifices ovales des caillebotis ont été conçus pour minimiser les blessures aux pattes et bien évacuer les fientes. Des lignes de perchoir ont été installées sur ces caillebotis et les chaînes d'alimentation. Au total, 1,28 km de chaîne et 3,7 km de perchoirs devraient apporter un bon confort aux poules. L'éclairage halogène a été spécialement étudié pour attirer les poules au fond des pondoirs, en jouant sur l'intensité lumineuse. Les tapis mobiles convoient les œufs jusqu'au magasin (200m2) conçu pour que l'éleveur puisse bien surveiller l'arrivée des oeufs. Une emballeuse automatique Prinzen les place sur les alvéoles en les manipulant avec douceur et en imprimant sur chacun le code 1, réglementaire du plein air. L'aspect sanitaire a été bien réfléchi avec un sas d'entrée mais aussi des sas intermédiaires de chaque côté du poulailler. La marche en avant est la règle de base.


5 heures de travail / jour


Avec l'emballeuse automatique, installée dans le magasin, la charge quotidienne de travail sera d'environ de 5 heures/jour, 7 jours sur 7 : moitié pour la collecte et moitié pour la surveillance. Le coût global du poulailler est de l'ordre de 30 € par poule. Cet investissement est financé sur 12 et 15 ans, et le prêt JA représente environ le tiers des emprunts.
En fin de bande, les fientes seront stockées sur une plateforme qui sera construite à 700 m du poulailler et suffisamment loin des habitations (plus de 600 m) pour éviter tout risque d'odeur. Elles seront ensuite épandues sur les terres voisines, conformément au plan épandage, chez des éleveurs laitiers. Patrick Bégos


 


Photo : Le jardin d'hiver (4 m x128 m) de chaque côté du poulailler, dans lequel les poules pourront s'ébattre avant de sortir sur le parcours de 11 ha.

 





294 œufs à 67 semaines
Les poules de souche Lohmann arriveront vers 18 semaines pour être réformées à 70 semaines. Le stage de 5 mois effectué par Frédéric, chez Michel Coguen, éleveur à Bourbriac devrait lui permettre de bien maîtriser la conduite des lots. La production d'un tel outil doit se situer dans le  tiers supérieur des élevages (294 œufs par poule à 67 semaines et 143 g d'aliment par œuf).



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Date de l'article : semaine du N° du 27 Janvier au 2 Février 2012
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La traction animale démontre encore son utilité





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