
«Julien est courageux, rigoureux et raisonnable. Il a beaucoup de qualités pour réussir, en premier lieu la motivation. C’est ça qui nous a séduit » relatent Marie-Noëlle et Pierre Le Hégarat, éleveurs de porcs à Saint-Brandan (22.) Depuis octobre 2010, Julien Méléard est devenu leur associé, après avoir été stagiaire, puis salarié à mi-temps au sein de l’exploitation.
Un trio de choc, de 26 ans
Le jeune éleveur et le couple de quinquagénaires forment un trio de choc. « Nous nous complétons bien. Julien nous amène son énergie, ses idées et ses connaissances, notamment en informatique. De notre côté, nous essayons de rester dans le coup, en partageant avec lui un peu de notre expérience. » Pour Marie-Noëlle et Pierre : « avoir un jeune motivé à nos côtés, c’est rien que du bonheur ! Nous sommes sereins de savoir que, d’ici quelques années, lorsque nous partirons en retraite, notre exploitation sera entre de bonnes mains. » Julien, qui se destinait a priori à l’élevage laitier, a « attrapé le virus de l’élevage porcin » auprès de ses associés, férus de techniques et passionnés par leur métier. « Pierre et Marie-Noëlle ont fait pour moi exactement ce qu’ils auraient fait pour leurs enfants. D’ailleurs, ces derniers, qui ne souhaitaient pas reprendre à terme l’exploitation, sont ravis de mon installation. » L’arrivée de Julien a permis d’augmenter la taille de l’élevage de 40 truies (portant l’effectif à 210 truies naisseur engraisseur) et de réaliser la mise aux normes bien-être des truies. Pour limiter le montant des investissements, les associés ont fait tourner la toupie à béton, réalisant par eux-mêmes une bonne partie des travaux d’agrandissement et de rénovation de l’élevage.
Une transmission progressive
« L’intelligence de cette association tient au fait que je n’ai pas eu besoin d’amener des fonds pour l’outil de production. J’ai simplement acheté un tiers des parts sociales de l’EARL de Quéneblaye » explique Julien. Et Pierre de poursuivre : « pas question d’assommer les jeunes avant même qu’ils aient commencé à exploiter ! Nous avons donc réfléchi, avec nos conseillers, à la meilleure formule d’installation, dans la perspective d’une transmission progressive. » Pour ce faire, les associés ont fait appel à un conseiller de gestion. « Il a évalué l’exploitation pour pouvoir déterminer la valeur de la part sociale. Il a ensuite élaboré l’étude économique pour vérifier la faisabilité de l’installation, et s’assurer que le projet remplissait toutes les conditions pour bénéficier des aides à l’installation » détaillent Marie-Noëlle et Pierre. « Cette étude a aussi servi de support aux banquiers et aux partenaires pour décider s’ils allaient nous suivre. Ce qui a été le cas » complète Julien. Une fois cette phase achevée, une conseillère juridique, a pris le relais. « Elle a formalisé mon entrée au sein de l’EARL. Nous avons notamment discuté ensemble de décisions importantes comme le règlement intérieur, le partage du résultat, les prélèvements mensuels… » Julien qui « préfère tenir que courir » est, selon ses associés, très raisonnable au niveau de ses prélèvements. « Il faut que le projet soit viable et crédible avant tout. L’exploitation doit continuer à inspirer confiance. Et puis, avec 210 truies pour trois personnes en période de crise, nous n’avons pas d’autre choix que d’être économes et performants » estime le jeune éleveur. À ce niveau là, la comptable-conseil, le banquier et le groupement ne se font pas trop de souci ! L’EARL de Quéneblaye, neuf fois lauréates des Cochons d’Or, force le respect. Une exemplarité technique et économique que Julien aura à cœur de faire perdurer. CERFRANCE Côtes d’Armor
Photo : Julien, Marie-Noëlle et Pierre sont associés à parts égales au sein de l’EARL de Quéneblaye. « Le petit dernier des associés » prend part aux décisions au même titre que ses aînés.