
En 2009, en pleine crise laitière, les éleveurs répondaient présents « au quart du tour ». Dans une conjoncture plus favorable, il est plus délicat de rassembler. C’est le constat effectué par les responsables des Apli départementales qui ont accueilli la semaine dernière, lors de réunions décentralisées, le nouveau président national du mouvement, Richard Blanc. Cela se traduit par une baisse des adhésions. Ainsi l’Apli 22 revendique une cinquantaine de cotisants en 2011, mais beaucoup plus de sympathisants. Mercredi à Trégonneau, l’assemblée générale de l’Apli 22 a rassemblé une trentaine d’adhérents.
L’exemple belge
Cette assemblée costarmoricaine aura surtout été l’occasion de mieux connaître Richard Blanc. En Gaec (4 associés) l’exploitation de 327 ha (170 ha de culture) produit 2 millions de litres dans le département du Nord. Tout comme son prédécesseur, il n’est pas tendre avec le syndicalisme majoritaire, ni avec les responsables des entreprises coopératives. La proximité de la Belgique lui permet de livrer sa production à la coopérative Milcobel, de l’autre côté de la frontière. Il vante le fonctionnement et la gouvernance de son collecteur. « La direction reçoit des primes, dès lors que le prix payé aux adhérents est supérieur au prix moyen des autres entreprises. Un encouragement à bien valoriser la production ».
Il réfute pour le secteur laitier comme pour les autres secteurs la contractualisation telle qu’elle est aujourd’hui envisagée en France. « Elle n’apportera rien aux producteurs et surtout pas une garantie de prix ». L’interprofession, dont il conteste le fonctionnement et notamment son financement au travers des cotisations (CVO), est vivement critiquée. « Nous attendons le résultat de la procédure engagée contre les CVO ». Caressant l’espoir que privée de financement, elle serait contrainte d’accepter la pluralité syndicale.
Snipper
L’évolution de la structure Apli fait par ailleurs débat. Elle a en effet, pour des raisons juridiques, décidé de se constituer en fédération d’Apli départementales. Ce qui ne convient pas à tous. Quelques adhérents auraient préféré garder un statut de « snipper », car ils ont la crainte de s’enfermer dans une structure conventionnelle. Richard Blanc a expliqué qu’il s’agissait d’une obligation pour pourvoir revendiquer une représentativité, mais que cela ne changeait rien dans les objectifs. Une adhésion à la nouvelle organisation sous forme de fédération a finalement été votée. Pierre Dénès
Photo : L’assemblée générale de l’Apli 22 a rassemblé une trentaine d’adhérents.