
Les canons de la beauté évoluent. Les grands échalas à taille de guêpe n'ont plus la cote dans le milieu de la mode. Il en sera bientôt de même sur les rings des concours. La Prim'holstein à taille de girafe pourrait laisser la place à une descendante moins haute, plus large ; bref, plus puissante, campée sur des membres solides mais toujours aussi productive. Les responsables de la race ont en voulu ainsi, en pondérant différemment les paramètres entrant dans le calcul de l'Isu. « L’esprit de cette nouvelle formule peut être résumé de la façon suivante : maintien du progrès laitier, consolidation de la morphologie et forte progression de la fertilité et la santé de la mamelle », indiquait Denis Biéri, directeur de Prim'Holstein France, mercredi dernier à Saint Aubin d'Aubigné (35).
Santé de la mamelle
Le poids de la production passe de 50 % à 35 %. « Les simulations montrent que, contrairement aux apparences, 35 % de poids dans l’index de synthèse en exploitant l’information apportée par la génomique permettra le même progrès génétique en valeur absolue (kg de lait ou point de matière utile) que les 50 % de poids dans l’ISU actuel. Les éleveurs cherchant toujours une production élevée, ne seront pas déçus ». La morphologie pèsera désormais 15 % au lieu de 12,5 %. A l’intérieur de ce poste, la capacité corporelle compte pour 20 %. La taille de l'animal perdra de son importance. « Ce n'est pas un paramètre intéressant économiquement. Nos vaches sont désormais bien assez grandes ». La largeur aux trochanters et aux épaules est, par contre, favorisée. Les membres progressent de 20 à 30 %. « Avec l'augmentation des effectifs dans les troupeaux, les vaches sortent moins. Les membres et les pieds sont plus exposés au béton ». Les logettes s'imposent au détriment des aires paillées. « Les Pays-Bas ont choisi de donner encore plus d'impact à la qualité des membres ». Au niveau de la mamelle, (50 % du critère morphologie), le poste plancher-jarret perd du poids au profit de l’attache avant. Le nouvel Isu fait la part belle à la santé de la mamelle. Dans ce critère (18 % de l'Isu), le poids cellules est de 60 % et celui des mammites de 40 %. « La qualité cellulaire du lait ne s'améliore pas en France. Nous avons choisi de pondérer plus fortement les cellules car l'information est plus fiable que pour les mammites ». La vitesse de traite revient dans l'index de synthèse (5 %) avec l’objectif de maintenir le niveau actuel en stoppant la légère dégradation que l’on observe ces dernières années sur ce caractère. Les vaches les moins rapides à traire sont celles ayant le moins de cellules. La vitesse de traite s'était donc légèrement dégradée.
Au secours de la fertilité
Enfin, l'index fertilité aura plus de poids, 22 % au lieu de 12,5 %, un véritable cailloux dans le sabot de la Prim'holstein, selon les responsables professionnels. La fertilité des laitières comptera pour 50 % dans cet index, celle des génisses pour 25 %. « Les filles vêlées du taureau Jesther, par exemple, ont de bons résultats de fertilité. Ce n'est pas le cas pour ses filles non vêlées. Ce constat réalisé sur plusieurs taureaux (différences entre vaches et génisses) nous a amené à cette nouvelle pondération ». L'intervalle vêlage-1ère insémination compte également pour 25 %. Cette évolution globale découle d’une année de réflexion menée en particulier par le Comité Technique de l’organisme de sélection avec l’appui de l’Inra et de l’Institut de l’Elevage. Cette réflexion se situe dans le contexte particulier de l’arrivée de la génomique qui permet de disposer d’un progrès génétique accru. Bernard Laurent
Photo : Les adhérents bretons de Prim'Holstein France ont visité l'élevage Perrigault avant la réunion. L'évolution de l'Isu devrait favoriser les longues carrières. A l'image de Topwood, fille de Jesther, qui a déjà produit 104 963 litres de lait.