Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Viande bovine / La rentabilité remet la transmission en question
 

Réforme de la Pac en 2014. Si la « cohérence des aides à 217 euros » touchait uniformément tous les hectares et toutes les productions, « le prix de la viande bovine devrait, à charges constantes, augmenter de 64 ct/kg, pour espérer un maintien du revenu des producteurs. Dans l’hypothèse ou une part d’aides à l’élevage est maintenue en plus du DPU, avec une baisse limitée à 100 € au total par ha, le prix de la viande bovine devrait quand même augmenter de 30 ct/kg de carcasse. À défaut, un éleveur de 70 vaches sur 80 ha percevant aujourd’hui 434 €/ha de primes (moyenne bretonne DPU plus aide couplée) perdrait 8 000 € par an à échéance 2019 », a calculé Limousine Finistère.


Problème d’efficacité des charges fixes


Le tableau dressé par le groupe de travail de ce syndicat de race n’est pas des plus réjouissants. Pourtant, les éleveurs de viande bovine ont agrandi leur troupeau et modernisé leur atelier pour tenter de maintenir les revenus. « L’augmentation de la productivité provient essentiellement de l’augmentation du nombre de vaches par UTH accompagnée d’une progression du nombre de veaux sevrés ». Reste qu’en parallèle, les charges ont littéralement explosé. Pour compenser l’augmentation de la charge de travail, les éleveurs ont largement fait appel à la mécanisation. « + 48 % en 9 ans, soit + 27 % par ha », chiffre cette étude à partir des données des fermes de référence et de l’Institut de l’élevage. Même scénario en bâtiment où la combinaison de la mise aux normes et de la recherche d’un plus grand confort de travail s’est traduite par une progression des charges de 45 % par vache. Sur la même période, les charges opérationnelles ont épousé la même courbe. De 2000 à 2009, elles passent d’un indice 100 à un indice 155. Avec cette nuance que la progression du coût des concentrés tient en premier à la hausse des quantités consommées, doublée en deuxième période d’une augmentation des prix de la tonne. Dans le même temps, le prix au kg vif est passé d’un indice 100  à 107, après avoir marqué le pas au début des années 2000.Résultat des courses : le gain de productivité est consommé par l’augmentation globale des charges. Le groupe de travail soulève un problème d’efficacité des charges fixes et une sensibilité des ateliers à la hausse des charges opérationnelles. Avec ce problème récurrent de la viande bovine : les revenus ne décollent pas. Depuis 2006, le résultat courant du producteur de viande bovine s’érode (15 000 € en moyenne), même si un frémissement à la hausse se fait sentir depuis 2009.


Très loin du compte


Le groupe de travail met le doigt sur l’avenir de la production bovine. Et plus particulièrement la capacité financière de jeunes éleveurs à reprendre des exploitations qui ont constitué de beaux outils pour tenter de maintenir leur revenu.
Si l’on considère le cas d’un jeune investisseur qui reprend une ferme de 80 ha avec un troupeau naisseur-engraisseur de 70 vaches allaitantes, le groupe de travail aboutit à un investissement, hors bâtiment et foncier, de 400 000 €, soit 5 714 €/vache. Un montant que ne sont pas prêtes à financer les banques tant que le demandeur ne dispose pas d’un autofinancement minimum de 100 000 €. Sachant que dans une telle hypothèse, le revenu dégagé sera inférieur à 1 Smic alors que dans un plan d’installation, l’objectif se situe entre 1 Smic (12 800 €) et 3 Smic (38 500 €). Au travers de cet exemple, le groupe d’éleveurs Limousins veut interpeller le monde économique sur les difficultés qui s’annoncent en matière de transmission dans une production qui est aujourd’hui vieillissante et qui mobilise d’importants capitaux.
Se pose tout l’avenir de la production bovine en Bretagne. À moins que, comme le réclament les éleveurs, les prix de vente s’alignent sur les coûts de production. « Dans le cadre d’une telle installation, le prix d’équilibre serait de 4,26 €/kg de carcasse. Dans une perspective moins favorable avec achat de bâtiments, le prix d’équilibre monte à 4,52 € et si on fait abstraction de l’autofinancement et d’une réduction des aides Pac à 300 euros /ha, ce prix d’équilibre monte même à 5,20 €/kg », calcule le groupe Limousin qui rappelle que le prix de vente départ ferme était de 3,53 €/kg en 2011 (mâles et femelles). On est bien loin du compte… Didier Le Du


 


Photo : Le gain de productivité est consommé par l’augmentation globale des charges.







Un point commun avec les autres productions
Que ce soit en viande bovine, en lait, en porc, en volailles, les outils qui seront cédés demain représentent des volumes de capitaux importants de plus en plus inaccessibles aux « primo-installants ». Contrairement à la génération en place qui a investi progressivement, aujourd’hui, on propose aux candidats à l’installation de reprendre un outil clés en main, ce qui, avec les financements actuels, pose problème. Le point positif à mettre au compte de la viande bovine est la création d’un capital en cheptel non négligeable. Contrairement à certains investissements en dur, qui auront perdu en valeur au bout de dix ans, la valeur cheptel demeure.



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Date de l'article : semaine du N° du 27 Janvier au 2 Février 2012
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