L’Inra n’a plus de programme de recherche sur les OGM à des fins de commercialisation de produits. Mais, explique Marion Guillou sa présidente, « la recherche sur les OGM existe à l’Institut, pour comprendre les gènes et identifier les caractères correspondants ». Le doute subsiste sur l’utilité des OGM en Europe. À commencer par les scientifiques impliqués dans la recherche: on y rencontre aussi bien des militants anti-OGM que pro-OGM. Selon un sondage Ifop de décembre dernier, 65% des Français se déclarent inquiets par rapport aux OGM ( 73% en 2000 ) et 80% sont très opposés à leur culture sur le sol national. Un argument qui a sans doute convaincu le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire de confirmer son opposition à l’autorisation de culture du maïs OGM Mon 810 tandis qu’une nouvelle clause de sauvegarde devrait être prise par la France. Restera à voir si elle sera acceptée par Bruxelles. Dans ce débat, tous les enjeux ont été évoqués mais peu d’arguments économiques « indépendants », sur le bénéfice pour les agriculteurs. Les organismes génétiquement modifiés utilisés aux États-Unis ou au Brésil, dans des systèmes de cultures à grande échelle et très extensifs ne présentent pas les mêmes enjeux qu’en Europe où les rendements sont de manière générale plus élevés. Le débat est loin d’être clos, d’autant que désormais, avec les « faucheurs volontaires », il faut aussi que se lèvent les « planteurs volontaires d’OGM » appelle Yann Kindo, enseignant chercheur en histoire du communisme... et des sciences, sur son blog hébergé par le site Médiapart...