
L’emploi talon d’Achille de la production agricole. Le déséquilibre entre l’offre et la demande ne se comble pas facilement. Les professionnels ont beau marteler que les besoins sont et seront importants, que ce sont des métiers techniques qui offrent de belles perspectives, y compris en terme de rémunération, le constat reste le même. « Il demeure toujours aussi difficile d’attirer vers les métiers de l’agriculture ».
La demande ne devrait que croître. Jean-Jacques Poëzévara, élu Chambre et responsable du pôle formation de Quintenic, rappelle que « 50 % des chefs d’exploitations ont plus de 40 ans ». Il ajoute « 450 à 500 exploitants prennent leur retraite par an, et nous avons seulement 153 installations aidées en 2011 ». Même en ajoutant les installations non aidées, le déficit de main d’œuvre est évident. Les agrandissements ont leur limite et le volume de travail par actif aussi.
La pénurie se fait déjà cruellement ressentir. La présentation du premier observatoire de l’emploi en production agricole l’a de nouveau illustré jeudi à Plérin. Les demandeurs d’emploi de l’agriculture inscrits à pôle emploi fin 2010 était de 1840 pour faire face à 3264 offres. Ce qui ne veut d’ailleurs pas dire que les profils recherchés correspondaient à l’offre.
Offre et demande déséquilibrée
Les principaux secteurs con-cernés par ce déficit sont l’aide à la production légumière avec près de 1500 offres et moins de 150 demandes, le porc avec plus de 200 offres et moins de 50 demandes. Les offres du secteur légumier méritent cependant d’être relativisées car il s’agit pour une part importante d’emplois saisonniers. L’offre est par exemple très forte pour la récolte des Cocos de Paimpol.
Pour le secteur porcin, à la pénurie de main-d’œuvre s’ajoute la problématique de la formation. « La production agricole et notamment l’élevage a un besoin de salariés formés », insiste Jean-Jacques Poëzévara. Il rappelle les vertus de la formation par alternance. Alain Robert évoque les contrats de professionnalisation qui existent.
Informer et former
De toute évidence la mise en adéquation de l’offre et de la demande n’est pas chose facile. Didier Copin, chargé de mission à pôle emploi constate qu’il existe notamment des déséquilibres territoriaux, avec parfois des demandeurs d’emplois pas toujours mobiles. Les déplacements ne s’organisent pas facilement. Il souligne aussi une méconnaissance des métiers de l’agriculture, ceci malgré les efforts déployés par les différents partenaires de l’emploi .
Au final, il s’avère que ce dossier de l’emploi est une priorité. Sans doute pas de recettes-miracle mais l’addition d’actions pour informer sur les métiers, attirer des jeunes hors du milieu, développer des formations appropriées. La première phase d’information des différents acteurs et partenaires semble aujourd’hui aboutie.
Pierre Dénès
Légende photo : Jean Ollivro, géographe, Michel Rouvrais, président de l’AEF 22 et Patrick Macé, vice-président.