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Côtes d'Armor (22)
Une filière bois bocage en cours de structuration
 

Le contexte local en Trégor-Argoat est propice au développement d’une filière bois bocage. Avec 160 mètres linéaire/ha de haies bocagères en  moyenne, les acteurs estiment à 53 000 tonnes par an, la disponibilité du bois issu du bocage. Le secteur est déjà bien fourni en chaudières collectives, pour l’équivalent de 1000 tonnes, et d’autres projets sont à l’étude. De même une quinzaine de chaudières individuelles sont en fonctionnement. « Sur 2012, les besoins sont estimés à 2 000 tonnes », souligne Lucie Collin, chargée de l’animation de la filière bois du Trégor.


Economique, environnementale et citoyenne


C’est actuellement la communauté de communes de Beg-ar-c’hra qui porte et anime le projet de structuration d’un
filière  bois énergie en partenariat avec Lannion Trégor- agglomération, les  communautés de communes de centre Trégor, le Pays de Belle-isle en Terre et Callac-Argoat.  L’idée est désormais de créer une structure de type société coopérative ou société d’économie mixte pour développer la filière. La forme de société coopérative permettant d’associer les acteurs du territoire semble avoir la préférence, même si la réflexion se poursuit.
Lors d’une réunion fin novembre à Plouaret, un retour sur 4 années d’expérience sur le Pays de Rance (Dinan) a été présenté par l’animateur Jérémy Dauphin. « Les facteurs d’adhésion sont de s’appuyer sur un projet collectif qui met en avant la durabilité de la filière  et participe à la protection de l’environnement ». Mais, il relève aussi des contraintes et des freins. « L’importance de l’investissement, le manque de formation des acteurs, les difficultés d’ordre technique pour l’entretien des haies et talus ou l’approvisionnement des silos ».
Il voit cependant dans la forme coopérative l’avantage de réunir tous les acteurs d’un territoire du producteur au consommateur, qu’ils soient particuliers ou élus. Ils se retrouvent autour d’objectifs communs : la valorisation, la gestion et la pérennisation du bocage, le développement de l’approvisionnement en copeaux de bois, la participation à la création et au  maintien de bois local. « Une démarche économique, environnementale et citoyenne ».
À l’instar de ce qui existe déjà dans le pays de Dinan, l’idée est de rassembler au sein d’une même structure tous les acteurs : agriculteurs, collectivités, professionnels de la filière tels que les élagueurs, les entreprises de broyage, de transport..., et les particuliers. Il s’agit donc de créer une dynamique qui permette de répondre aux besoins en croissance de plaquettes de qualité, de favoriser une bonne gestion du bocage garantissant la ressource.


Des atouts à faire valoir


Reste évidemment à cerner les aspects économiques. « Même si, souligne, Christian Le Fustec, maire de Plouaret et porteur du projet, il faut d’abord de la conviction ». En 2001, le prix d’achat est de 50 €HT/t. Il doit permettre de couvrir le travail de bûcheronnage, de débardage, le rangement, le broyage et la livraison sur la plateforme. Après séchage qui aboutit à une perte de 30 % du poids son coût s’élève à 75 €HT/t pour un prix de revient rendu au consommateur final un peu  supérieur à 96 euros. D’ailleurs la filière ne s’équilibre pas tout a fait actuellement. « La collectivité prend en charge environ 4 euros/tonne et l’animation de la filière ».
L’objectif est donc d’apporter un peu plus de compétitivité à cette filière. La mobilisation des agriculteurs est essentielle. Les arguments mis en avant sont  nombreux : « Une ressource disponible importante et durable au travers d’une bonne gestion du bocage ; l’autonomie énergétique pour ceux qui sont équipés d’une chaudière bois automatique, une valorisation totale du bois disponible, des chantiers de plus en plus automatisés ».
La réflexion va se poursuivre. Les objectifs dans les premiers mois de 2012 sont d’élaborer les statuts de la nouvelle structure après avoir retenu la forme juridique, et d’avancer sur le plan de développement de la filière et de son financement. Pierre Dénès




Légende photo : L’une des chaudières-bois collective du secteur se situe à Trégrom.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 20 au 26 Janvier 2012
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