Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°12620 |
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Finistère (29)
Les paysans en appellent au bon sens
 

Pas simple aujourd’hui. Encore plus compliqué demain. Deux phrases pour résumer le sentiment des agriculteurs face à l’évolution de la Pac, doublée d’une réglementation environnementale de moins en moins lisible et de plus en plus contraignante.
Pour autant, comme il l’a fait mardi à Plomelin, André Sergent, vice-président de la Chambre d'agriculture, invite les paysans finistériens à rester optimistes. « La demande de produits agricoles augmente. S’il y a moins d’aides, notre revenu se fera davantage par les prix ».


Des aides largement amputées


De leur côté, les agriculteurs présents se montrent beaucoup plus mesurés au regard de la réforme de la Pac qui se dessine. Une réforme qui va amputer les aides de près de 40 % en élevage laitier, de plus de 20 % en élevage porcin. Et Daniel Mazeau, chef du service économie à la Chambre d'agriculture, de prendre l’exemple d’une exploitation laitière spécialisée de 70 ha qui perçoit aujourd’hui 360 €/ha (25 000 €) et qui en 2014 ne percevra plus que 280 €/ha et 217 €/ha en 2019 (- 9 700 €).
Un agriculteur présent à la réunion constate amèrement que « l’on nous reprend d’une main l’ADL (aide laitière) qu’on nous a donnée d’une autre ». À 35,5 €/1 000 litres, cette aide intégrée aux DPU peut en effet représenter des montants conséquents pour certains agriculteurs qui ont beaucoup de lait à l’hectare : jusqu’à 300-400 €/ha sur certaines exploitations du Nord-Finistère.


Trois cultures au minimum


La nouvelle Pac, qui doit rentrer en vigueur le 1er janvier 2014, sera une structure de paiements directs à 5 étages, dont un paiement de base (53 % minimum) et un paiement vert (30 %). Bref, des paiements soumis à la conditionnalité. Avec, entre autres, ce verdissement de la Pac qui imposera une diversification des cultures (3 cultures minimum dont chacune doit couvrir 5 % et aucune plus de 70 %), un maintien de 95 % des pâturages permanents, le maintien de zones à « focus écologique » (bandes enherbées, talus, etc.). Bref, de la simplicité en perspective…
Pour la profession, le cadre de cette réforme est jugé inacceptable. « La Bretagne perdrait 22 % de ses DPU, soit 120 millions d’euros d’aides. C’est autant de revenu en moins »,
calcule Jean-Michel Le Breton, vice-président. Côté salle, les agriculteurs s’élèvent immédiatement face à cette perspective : « Il va falloir que les prix augmentent, déjà que nos revenus ne correspondent pas à la charge de travail ».
D’autant également que la réglementation environnementale qui continue de durcir
s’accompagne de coûts supplémentaires. « Le rallongement de 1 mois de la période d’interdiction d’épandage va coûter cher », cite un agriculteur qui plaide pour la mise en place d’une opération collective d’aide à la couverture des fosses.


Réglementation cocasse


Les nouvelles normes Corpen laissent également pantois plus d’un éleveur. « D’un côté, on nous impose le maintien des surfaces en prairie ; d’un autre, on nous dit qu’une vache à l’herbe est plus polluante », n’en croit pas un agriculteur qui en viendrait à rire… de dépit.
La superposition des cartes des différents dispositifs environnementaux (Zes, Zac, BV, etc) montre que certains territoires empilent jusqu’à cinq, voire sept, réglementations auxquelles doivent se soumettre les agriculteurs. « Bien plus », calculent des agriculteurs présents à cette réunion qui ajoutent « la réglementation phosphore, les zones de captage, etc ».
Reste à savoir si cet arsenal réglementaire suffira à atteindre l’objectif de 5 à 10 mg de nitrates souhaité par certaines instances françaises bien plus exigeantes que l’autorité bruxelloise ? Non, pour Patrick Durand, ingénieur Inra qui, lors d’une conférence à l’Académie d’agriculture en décembre dernier, a estimé qu’une si faible concentration était hors de portée.
En tout cas, constatent les agriculteurs, « personne ne nous demande si l’on pourra parvenir aux objectifs fixés – ni si cela a quelconque intérêt – , ni combien d’agriculteurs en moins cela va-t-il coûter ». Et A. Sergent de conclure :  « C’est tout de même surprenant que dans un contexte de crise et de chômage, personne n’arrive à faire le lien entre la première région agricole et le plus faible taux de chômage constaté en Bretagne ». Didier Le Du



Des Menus à la carte
 Allongement des périodes d’interdiction d’épandage pour les agriculteurs ; pas de modification pour les collectivités. De même, mises aux normes exigées dans les deux ans pour ce jeune agriculteur et des plans « à 20 ans » pour la mise aux normes des installations des collectivités.  Deux agriculteurs bénévoles présents à une commission environnement mais une cinquantaine de salariés spécialisés en environnement en face.  Alors que la Chambre d'agriculture a plutôt une approche consensuelle pour faire avancer les dossiers ayant trait à l’environnement, les agriculteurs se veulent plus revendicatifs face à une réalité qu’ils jugent inéquitable: « Faisons la grève des plans d’épandage pour les boues des collectivités », propose un agriculteur. « Prenons des photos de stations qui débordent », enchérit un autre. Des exemples qui illustrent un ras-le-bol qui ne touche plus exclusivement les syndicalistes engagés.



Des algues, pas de cochon
La superposition des cartes Zes, Zac, bassins versants en contentieux, bassins algues vertes, bassins « phosphore » met en évidence une particularité bretonne : le bassin algues vertes de La Forêt-Fouesnant est entouré de blanc. Aucune réglementation particulière ne concerne les communes et cantons qui entourent ce bassin versant. C’est que sur ce territoire, plus qu’ailleurs, l’agriculture a marqué le pas... mais pas les algues vertes. La « charge » azotée de ce territoire n’est que de 103 unités d’azote/ha et l’on ne dénombre que 1 100 truies. Sujet suivant…




Légende photo : Les élus sont allés à la rencontre des agriculteurs.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 20 au 26 Janvier 2012
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