
Moins de vaches, moins de réformes. Sur 2011, l'effectif français de vaches laitières s'est réduit d'environ 2 %, dans la lignée de la tendance à long terme. Du côté allaitant, la décapitalisation amorcée en avril 2011 en raison de la sécheresse et des problèmes de trésorerie des éleveurs s’est poursuivie et accentuée jusqu’à la fin de l’année, et ce mouvement pourrait se poursuivre à un rythme moindre en 2012. La baisse du stock de départ et un moindre taux de réforme du cheptel allaitant comparé à 2011 induiront une baisse des abattages de femelles de l’ordre de 4 %. En tonnage, la baisse sera encore plus forte, de l’ordre de 5 %, en raison de la moindre proportion de vaches de races à viande dans les abattages qui pénalisera le poids moyen des carcasses. Chez les mâles, le dynamisme des exportations de broutards constaté en 2011 devrait marquer le pas en 2012. Néanmoins, il implique que moins de taurillons sortiront des élevages français. Si l'on ajoute à cela, l'hypothèse d'une exportation en vif d'animaux finis de l'ordre de 160 000 têtes (+6 %), les abattages de taurillons et taureaux reculeraient de 5 % sur l’année. En veau de boucherie, compte tenu de la situation économique et des prix au détail en hausse, la baisse de la consommation devrait se prolonger en 2012. En outre, une augmentation des coûts de production est à craindre. Ces deux facteurs amènent inévitablement les intégrateurs à faire preuve de prudence dans les mises en place.
En Europe aussi
L’année 2011 avait vu une forte baisse des importations françaises de viande bovine en raison de l’afflux d’abattages de vaches en France. Les exportations avaient fortement augmenté du fait de la forte demande en Turquie, en Allemagne et dans les pays du Maghreb. Elle ont permis de compenser la baisse d'1,5 % de la consommation nationale. En 2012, le déficit en viande de vache conduira à recourir davantage aux importations. Elles ne devraient cependant pas retrouver leur niveau de 2010, étant donné le manque de disponibilités et la hausse des prix chez nos principaux fournisseurs. Compte tenu de la baisse de la production de taurillons et d’une possible baisse de la demande de nos clients italiens et grecs, les exportations pourraient retomber à leur niveau de 2010. La consommation calculée par bilan se réduirait alors de 2,2 %. Autant de tendances attendues aussi à l'échelle européenne. Source : Institut de l’élevage
Photo : Qu'elles soient laitières ou allaitantes, les vaches devraient être 4 % de moins dans les abattoirs français, en 2012 par rapport à 2011.