
« Comment peut-on reprocher à des producteurs à l’agonie, voire en faillite, que leur production est payée trop chère ? », interroge Emile Riou, président de la section porcine du Finistère en réaction aux propos tenus le 6 janvier par le SNCP (Syndicat National du Commerce du Porc). Et d’expliquer que « le prix du porc a certes augmenté de 14,3 % en 2011, mais il ne faut pas taire la hausse des charges : 20 % de plus, notamment due aux matières premières. » André Guenneugues, secrétaire de la section et producteur à Ploudalmézeau, estime que force est de constater que dans « la filière porcine qui se veut structurée (groupements porc, union de groupements de porc, CRP, Inaporc), les organisations sont incapables de s’accorder pour défendre une problématique commune : le revenu des producteurs ». Il cite des exemples qui illustrent ses propos : « le stockage privé avec restitution en juin 2010 ; le VPF, appellation censée être défendue par la filière dans son ensemble et dont la mise en œuvre ne s’est pas faite sans mal. Si les acteurs de la filière étaient plus volontaires, plus engagés, plus respectueux les uns des autres, les difficultés d’aujourd’hui auraient-elles été les mêmes ? ».
Une juxtaposition d’outils
Emile Riou renchérit : « Et que dire du comportement des acheteurs au MPB qui refusent toute évolution du système de commercialisation ? Que dire du manque de transparence sur les livraisons en direct groupements / abattoirs ? Que dire du dénigrement du système de vente différée ? Autour de nous, tous les autres marchés ont évolué ou évoluent actuellement (céréales, légumes,...), se donnant ainsi les moyens de profiter et d’amortir la volatilité des cours des matières premières ». La FDSEA du Finistère dénonce le fonctionnement de la filière porcine. « Une juxtaposition d’outils sans aucune réelle restructuration donne lieu à une véritable cacophonie interne », disent les syndicalistes en revendiquant que « ceux-ci devraient être au service des producteurs alors qu’au vu de leur comportement, on en arriverait à se persuader que c’est l’inverse ». André Guenneugues monte au créneau : « Nous, producteurs, devons demander des comptes ! Chaque maillon de la filière a-t-il réellement fait son travail ? En 20 ans, les producteurs ont considérablement amélioré leur technique d’élevage : plus 25 % de gain de productivité, respect des exigences qualitatives pour le consommateur, respect des normes environnementales ».
Photo : La production s’éstime le maillon délaissé de la filière.