
Le secteur laitier va bouger, c’est certain. La fin annoncée des quotas, la réforme de la Pac post 2013, la démographie des éleveurs, la concentration des entreprises, la volatilité des prix …, autant d’éléments qui amènent les éleveurs à s’interroger : quelles stratégies la filière laitière française et plus particulièrement bretonne est–elle prête à afficher ? Ce sera le débat de la journée laitière de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs le mercredi 25 janvier à Plouagat. Autour de la table : Pascal Clément, secrétaire général de la FNPL, Guy Le Bars, président du groupe Even et Bertrand Posté, représentant des industriels laitiers en Bretagne.
Les approchent divergent
« Les éleveurs laitiers ont besoin d’y voir clair », martèle déjà depuis plusieurs semaines Hervé Moël, président de la section laitière de la FDSEA. Il dénonce le manque d’ambition de la filière laitière française, alors que d’autres régions européennes se montrent plus entreprenantes et se préparent déjà à l’après-quota. En France aussi, les entreprises réfléchissent, même si elles n’ont pas encore dévoilé totalement leurs stratégies. Gérard You, chef de projet à l’Institut de l’élevage, viendra décortiquer devant les producteurs « la politique d’approvisionnement des entreprises », à partir d’une enquête menée auprès de 17 entreprises privées et coopératives. D’ores et déjà, il est évident qu’il existe des différences d’approche. Certaines veulent surtout assurer l’approvisionnement du marché intérieur, notamment celui des produits de grande consommation (PGC) et ensuite se positionner sur le marché mondial à partir d’une production qui ne sera pas obligatoirement confiée aux éleveurs français. D’autres sont disposées à accepter des volumes supplémentaires sur le territoire pour satisfaire cette demande à l’exportation. Mais les producteurs devront alors s’adapter et se montrer plus flexibles, en termes de volumes et en termes de prix. Les volumes et les prix A et B, voire C pourraient fleurir au gré des entreprises. Des stratégies d’entreprises divergentes qui pourraient donc se traduire pour les producteurs d’un même bassin par des évolutions contrastées dans un avenir proche. Ainsi les accès aux volumes pourraient ne pas être les mêmes pour tous, les politiques de prix évoluer pour s’adapter à ces orientations différentes. De quoi alimenter les débats de cette journée laitière. Pierre Dénès Journée lait FDSEA - JA Le 25 Janvier (réservée aux adhérents).
Contact : Magalie Meignant, animatrice, au 02 96 79 22 32. magalie.meignant@fdsea22.fr
Photo : Ronan Le Denmat, responsable lait des Jeunes Agriculteurs et Hervé Moël, président de la section laitière de la FDSEA