
Après avoir progressé de 3,4 % sur les cinq premiers mois de 2011, les abattages de volailles se sont légèrement repliés jusqu'en octobre (-0,9 %). Sur l0 mois, la progression des tonnages reste positive (+1,3 %). Pour trois productions : le poulet, la pintade et le canard, la tendance est à la hausse (entre 1,6 % et 4 %). Ce n'est pas le cas pour la dinde dont les volumes abattus sont à nouveau en baisse de 4,4 % sur les 10 premiers mois de 2011, par rapport à 2010. C'est la demande en volailles pour l'exportation qui crée le dynamisme en poulet.
Grâce aux pays tiers
L'analyse des échanges français de viande de volailles montre l'évolution des exportations (539 000 t), à nouveau en croissance de 9 % en volume et des importations (399 000 t) également en croissance de 8,9 %, sur les dix premiers mois de 2011. Le solde exportation-importation est positif (140 000 t) et en amélioration par rapport à 2010.Nos exportations vers les pays tiers sont particulièrement toniques : 324 000 t ont été exportées principalement vers les pays du Moyen Orient, soit 16,4 % de plus qu'en 2010. L'Arabie Saoudite et la Jordanie sont très demandeuses de volailles françaises. Les débouchés vers l'Afrique et l'Asie sont également en hausse.
Déficit avec l'UE
Au delà du constat de progression des exportations, on peut toutefois s'interroger sur l'aggravation du déficit avec l'Union européenne. Nous exportons 215 000 t vers l'UE à 27, et nous importons 367 900 t soit un déficit de 152 900 t, qui a progressé de 31 100 t en dix mois. Pour la 4e année consécutive, la France est importatrice nette de viandes et de préparations de volailles, vis-à-vis de ses partenaires européens. La progression de nos importations européennes est surtout tirée par la forte hausse des arrivages de poulets entiers frais en provenance de Belgique et d’Espagne et par la progression des découpes fraîches, belges et allemandes. Les préparations à base de poulet proviennent d'Allemagne, des Pays-Bas et de Pologne, le Brésil étant en repli.
La consommation marque le pas
L'année 2010 a été favorable à la consommation de volailles (en hausse de 4 ,4 %), grâce au poulet. Cette croissance a cependant profité aux importations, dont la part dans la consommation de poulets atteint 40 %. La consommation par habitant est de 24,8 kg/an pour l'ensemble des volailles dont 14,8 kg pour le poulet, 5 kg pour la dinde et 3,1 kg pour le canard. En 2011, selon les premiers résultats du panel Kantar, la consommation marque le pas avec même une légère baisse de 1,8 % sur 10 mois. Par contre, les prix sont globalement en forte hausse (+ 6,2 %), en relation avec l'augmentation des coûts de production. Comme les autres années, les achats de volailles entières chutent de 5 % alors que les découpes sont en légère augmentation. Les achats d'élaborés retrouvent les niveaux de 2010. Seuls les achats de charcuterie à base de volaille enregistrent une forte progression (+ 9,1 %). Patrick Bégos
Photo : La consommation de viandes de volailles atteint 24,8 kg par habitant et par an dont près de 15 kg de poulet.
Production mondiale en hausse
Avec 4,2 % de plus que l’année précédente, la production de volailles de l'UE à 27 a dépassé les 12 millions de t en 2010. La hausse sera plus modérée en 2011. La France reste le premier producteur européen suivi du Royaume Uni et de l'Allemagne. Selon la FAO, la production mondiale de volailles s'accroitrait de 3 % en 2011 pour atteindre la barre des 100 millions de t, en raison des prix élevés des viandes concurrentes. Les USA, la Chine, le Brésil et l'UE à 27 représentent 63 % de la production mondiale.