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Inséminez, c'est pesé
 

Génisse : jeune femelle de l'espèce bovine encore improductive du point de vue de l'éleveur laitier. Et pour l'élever le plus économiquement possible, plusieurs options se présentent. Certains choisissent d'y engager le minimum de frais. D'autres optent pour un démarrage précoce de la production laitière en visant un vêlage à 24 mois. Daniel Hédan, à la tête d'un élevage d'une quarantaine de vaches Prim'holstein à Caro (56),  fait partie de cette seconde catégorie. Chez lui, l'âge moyen au premier vêlage est inférieur à 26 mois (25 mois et 21 jours en 2011). Pourtant, « je n'insémine pas en fonction de l'âge, mais je me base sur le poids. À partir de 400 kg, on peut inséminer. » Dans les faits, en 2011, l'âge moyen à la première IA des 18 génisses inséminées était de 15 m et 16 j (contre 16 m et 19 j en 2010) pour un poids vif de 444 kg.


Contrôler l'adéquation de la conduite…


« J'ai toujours été soucieux de la croissance des génisses », et depuis plus de 10 ans, Daniel Hédan adhère au contrôle de performances des génisses laitières de Bovin croissance. « En 1 h 30, la trentaine de génisses est pesée. » Pour lui, c'est « un peu comme un passage d'examen. On ne veut pas "ne pas être bon", donc ça oblige à atteindre les objectifs. » Christophe de Vitton, technicien génisses laitières de Breizh Bovin croissance, précise « pour prétendre faire vêler une génisse à 24 mois, il faut viser 200 kg à 6 mois et 400 kg à 15 mois, avec une hauteur au sacrum d'au moins 1,38 m. Aujourd'hui, toutes les Prim'Holstein ont le potentiel pour atteindre cet objectif », reste à le valoriser par une conduite adaptée et surtout à peser ses animaux pour savoir quand ils l'atteignent.


… Repérer à partir de quand inséminer


Il constate que dès la première pesée, les éleveurs qui s'engagent dans le suivi avec un âge moyen au vêlage de 30 ou 31 mois gagnent environ 2 mois sur l'âge à la première IA. « En pesant, ils voient tout de suite que telle ou telle génisse a atteint les 400 kg et peut être inséminée, alors qu'avant, ils auraient attendus quelques semaines supplémentaires pour le faire. » De la même manière, il observe que sur des élevages où la pesée n'est plus faite, « la moyenne de l'âge au premier vêlage se dégrade et revient à un niveau moyen dans les 5 ans, car il n'y a plus de repères. »


L'apport de l'œil extérieur


Au-delà du repère de la pesée, Daniel Hédan apprécie l'apport de conseils formulés par un œil extérieur et spécialisé. « Avec trois pesées, en février, juin et octobre, on met en place et l'on contrôle les rations hivernale et au pâturage. » Alors qu'il utilisait de l'ensilage d'herbe comme aliment de base de sa ration hivernale, il a suivi la proposition du premier conseiller de Bovin croissance qui est intervenu sur son élevage et a opté pour une ration sèche à base des céréales, produites sur l'exploitation, et d'un complément azoté. En plus des 3 kg de mélange fermier par animal, Daniel Hédan distribue de la paille à volonté, bien détassée. « Au départ, j'étais réticent à élever mes animaux à la paille, se souvient-il. Mais je m'y suis mis, et ça fonctionne. »


Stratégie payante


Selon des études faites par différents organismes, « entre 24 et 30 mois au premier vêlage, le coût supplémentaire de l'élevage des génisses est de 30 € / mois / animal », chiffre Christophe de Vitton. Réduire l'âge au vêlage, c'est aussi moins d'animaux improductifs sur la ferme, et donc moins de bouches à nourrir, par exemple quand la pénurie de fourrage menace : « sur ces 6 mois de vie, une génisse consomme 1,1 t de matière sèche. Pour 10 génisses, ça représente 1 ha de maïs », ajoute-t-il.  Et c'est aussi plus d'effluents, d'autant que dès 24 mois, le bovin femelle compte pour un UGB, qu'elle ait vêlé ou non. Ronan Lombard


 


Photo : Daniel Hédan (à gauche) et Christophe de Vitton, avec le lot de génisses en cours d'insémination. La plus âgée du lot affichait 450 kg avant ses 15 mois.







L'exploitation en bref
Daniel Hédan exploite seul 76 ha de SAU où il cultive des céréales, du colza, du pois et les fourrages nécessaires au cheptel (herbe et 20 ha de maïs dont une partie est vendue en grain). Pour le pâturage, 13 ha de prairies sont pratiquement tous accessibles depuis le corps de ferme où sont élevées vaches et génisses. Les 40 Prim'holstein présentes produisent en moyenne 11 300 L /an à 42 TB et 32,5 TP. En 2011, l'âge moyen à la réforme était d'environ 5 ans
et demi.


 





Surfer sur la vague génomique
Avec ce service, « nous nous adressons à la fois aux éleveurs qui veulent réduire la durée d'élevage des génisses, et à ceux qui sont déjà proche de 26 mois mais qui veulent valoriser le potentiel génétique de leur cheptel »,  pour avoir des animaux les mieux développés possible. « Avec la génomique, on connaît désormais précisément ce potentiel. Notre service est donc complémentaire car il permet de mesurer l'efficacité de la conduite d'élevage et de l'optimiser », explique Christophe de Vitton. Pour promouvoir son suivi génisses laitières, Breizh Bovins croissance propose une pesée de démonstration (une heure de pesée offerte) aux éleveurs intéressés et n'ayant pas été adhérents durant les 5 dernières années. Contact : 02 96 46 28 26



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Date de l'article : semaine du N° du 13 au 19 Janvier 2012
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