Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " REGARD " | Article n°12582 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
La pousse a été forte en fin d’année / Les légumes ont manqué de froid
 

Hormis quelques rares gelées, depuis le début de l'automne, les températures restent douces, très douces, flirtant parfois la journée avec les 13°C et ne descendant que rarement au dessous de 6°C la nuit en Bretagne... Un climat moins froid qu'à l'accoutumée qui est général sur l'ensemble de l'Europe et qui induit le maintien de nombreuses productions légumières. D'un autre côté, les températures élevées ne favorisent pas la consommation des légumes d'hiver. Les potées et autres pots-au-feu n'ont pas la cote.


Loin des prix d'équilibre


Conséquence : les légumes bretons ne trouvent pas leurs prix d'équilibre sur les marchés. « En moyenne depuis le début de campagne en automne, la tête de chou-fleur (calibre gros) est payée 40 centimes d'euro au cadran. Sur la même période, le prix était de 68 ct. l'an passé et de 49 ct. l'année d'avant », chiffre Yvon Auffret, directeur de l'AOP Cérafel.
Toujours en chou-fleur, l'avance de production est considérable. « Fin décembre, 52 millions de têtes ont été commercialisées, alors que seulement 48 millions étaient prévues sur l'automne. » La pousse a été très forte sur novembre et début décembre. « Sur la troisième semaine de novembre, 6 millions de têtes ont été mises en marché : le double des prévisions... » 5,5 millions de têtes ont pu être absorbées par la transformation en automne, mais certaines marchandises ont été invendues. Au 9 janvier, malgré les quantités plus importantes commercialisées (58 millions de têtes contre 43 l'an passé à la même époque), le chiffre d'affaires global est en baisse de 6 millions d'euros par rapport à la campagne précédente, qui était certes plutôt favorable. En début de semaine, tous les choux-fleurs s'écoulaient, mais les cours ne se redressaient pas vraiment. « Nous ne sommes plus en compétition avec les Allemands, mais les Espagnols et surtout les Italiens sont toujours bien présents sur nos marchés d'Europe du Nord. » S'ajoutent à cette conjoncture morose, des conditions de récolte difficiles pour les producteurs, dans la boue... « Ce n'est pas facile d'avancer sur les parcelles avec les tracteurs et remorques », ajoute François Rosec, producteur à Cléder et responsable de la section chou-fleur du Cérafel.


Les stocks en terre atteignent leur limite


Si le chou-fleur est sans doute la production la plus sensible aux variations climatiques, les autres légumes d'hiver bretons sont également touchés par la douceur hors normes. En chou pomme, les cours au cadran sont catastrophiques, situés à 0,19 euro/tête depuis le début de saison. « Fin décembre, seulement 2 000 tonnes étaient passées au cadran, contre 2 600 tonnes l'an passé à la même période. » La raison ? « Il y a encore des productions partout, autour des villes et dans les jardins des particuliers », note Alice Abjean-Uguen, responsable de ces produits au Cérafel. Traditionnellement, les producteurs bretons essaient de se positionner de décembre à mars en chou pomme, quand le froid met à mal la concurrence, mais cette année... Même constat en poireau, produit de ceinture verte par excellence, avec des cours qui ne décollent pas, à 20 cent./kg depuis le début de campagne. Le retard s'accumule sur ce légume également, induisant de forts calibres à la vente, concurrencés à l'export par les Belges. « Les producteurs gardent au maximum les poireaux et choux pomme en terre, mais aujourd'hui ils atteignent une limite, avec des risques de montaison et de maladies », note Pierrick Gauvin, président de Terres de St-Malo. En chou pomme, ils peuvent bénéficier d'un débouché en transformation.
Autre légume qui souffre indirectement du temps doux : l'endive. « Le climat actuel freine la consommation. Depuis mi-décembre, les cours sont descendus à 50-60 cent. d'euro/kg net producteur, alors que le prix de revient se situe plutôt à 75–80 cent. », précise Michel Inizan, producteur à Plouider et président de la section endives de la Sica de Saint-Pol-de-Léon. Malgré des tonnages limités en ce début d'année, les prix n'augmentent pas comme ils le font d'habitude en janvier. La morosité perdure en zone légumière, mais les producteurs ne perdent pas espoir, la campagne n'est pas finie. Vivement un bon coup de froid... Agnès Cussonneau


 


Photo : Le chiffre d'affaires global chou-fleur est en baisse de 6 millions d'euros par rapport à la campagne précédente.







Le chou-fleur, poids lourd d'hiver
S'étendant sur 15 500 ha de Brest à Saint-Malo, la production de chou-fleur est le poids lourd breton en légumes d'hiver. Le chou pomme est cultivé sur environ 650 ha cette année, dont environ 300 ha en Ille-et-Vilaine, 300 ha en Finistère et 50 ha en Côtes d'Armor. Suite à de bonnes campagnes, les surfaces ont eu tendance à augmenter ces dernières années. Le poireau occupe 145 ha, principalement en Ille-et-Vilaine. Après une période difficile, cette production connaît depuis quelques années un regain d'intérêt, avec de jeunes installés, en général spécialisés du fait des coûts spécifiques à cette culture (lavage, conditionnement...). L'endive bretonne est concentrée dans la zone de Kerlouan, avec une production de 8 000 tonnes. Ce légume a connu une lente érosion depuis les années 90, la production atteignait alors 24 000 tonnes.



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 13 au 19 Janvier 2012
Imprimer l'article Imprimer l'article



Quand le café devient grand cru





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)