
En Bretagne, des initiatives voient le jour pour valoriser les énergies renouvelables et notamment le bois. Les programmes de plantation et de régénération ont permis de maintenir, voire de développer les haies bocagères. Outre l'utilité pour les animaux et le maintien du paysage, elles sont source d’énergie pour l'exploitation ou pour les chaudières des collectivités locales. La mécanisation de leur entretien est indispensable pour inciter les agriculteurs à faire vivre ce patrimoine. La Fédération des Cuma et l’association Aile ont organisé deux journées de démonstration à Hillion (22) et à Louvigné-du-Désert (35), suivies par une centaine de personnes.
Déposé en tas
Depuis quelques années, des nacelles, des lamiers, des déchiqueteuses à grappin apportent des réponses sur le temps de travail et la pénibilité. Les Cuma ont testé un abatteur-coupeur de la Cuma-Innov du Calvados. « Ce type d'outil, initialement utilisé en forêt intéresse les agriculteurs », estime Vincent Laizé, de la Fédération des Cuma. « Il intervient dans un cycle d'entretien et de maintien de la haie bocagère, compris entre 12 et 15 ans ». La tête d'abattage de l’abatteur-coupeur est montée sur une pelle à chenilles de 20 t. Elle peut être placée à la hauteur souhaitée (jusqu'à 9 m). Trois doigts se ferment hydrauliquement pour maintenir le bois pendant que les deux lames se ferment en ciseau. La pelle dépose ensuite les troncs et les branchages, en andains ou en tas, pour permettre une reprise optimale et faciliter le cas échéant les passages de la déchiqueteuse et des bennes.
Jusqu'à 100 m à l'heure
« Cette pratique évite le travail de rangement avec un tracteur muni d'un chargeur et le risque d'incorporation de terre dans les tas. Les chantiers sont ainsi plus productifs ». Le diamètre des bois coupés peut aller jusqu'à 38 cm dans les bois durs de type chêne ou frêne et 45 cm dans des bois tendres comme les peupliers. La coupe est satisfaisante dans les arbres et arbustes de plus de 20 cm et pour les diamètres les plus faibles, il est facile de rectifier à la tronçonneuse.
Le coupeur-abatteur fonctionne sur tous types de haies bocagères ainsi que sur les têtards. « Lors de la démonstration, l’outil a réalisé l’entretien d’une haie d'une longueur de 300 m en 3 heures. Le débit de chantier annoncé varie de 50 à 100 mètres/heure en fonction de la dimension des arbres et des essences ». Le travail réalisé en une journée par une telle machine correspond à un abattage manuel réalisé par 2 personnes en une semaine. Le prix de revient est d’environ 160 €/heure. « La qualité du travail est encore perfectible », estime Vincent Laizé. « Il est nécessaire de repasser avec une tronçonneuse pour parfaire la coupe sur certains troncs mais le temps passé et la pénibilité sont sans commune mesure avec un abattage de la totalité à la tronçonneuse ». Un suivi des repousses sera réalisé sur les 2 sites et une réflexion est engagée pour permettre aux agriculteurs de bénéficier de ce service, dans les départements bretons. Patrick Bégos
Photo : Trois doigts maintiennent le tronc pendant que les deux lames se ferment en ciseau.
Sécurisant en conditions difficiles
La pelle mécanique est bien stable pour les abattages d’arbres âgés. Grâce à ses chenilles, elle passe aussi sans dégâts dans les parcelles, en période hivernale. Autre avantage : le matériel est sécurisant lors des chantiers difficiles, par exemple au pied des lignes électriques ou aux abords des bâtiments. En bordure de route, la technique est également judicieuse.