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Ille et Vilaine (35)
Lait : « Des raisons d'être optimistes »
 

« La filière laitière n'est pas un long fleuve tranquille. A l'avenir, les soubresauts sur la production mondiale vont perdurer, dus au climat, aux politiques, aux fraudes et accidents sanitaires... Du côté des prix, la volatilité s'installe », a rappelé Anne Richard, directrice du service Economie du Cniel, lors de la journée laitière, organisée par la FDSEA et les JA, le 14 décembre à Pacé. Mais c'est bien sous le signe de l'optimisme que les syndicats avaient voulu placer les débats. Avec des raisons objectives de l'être... optimistes. « La population mondiale s'accroît et s'enrichit, et va donc consommer davantage de protéines, notamment laitières. L'Union européenne, qui exporte 9 % de sa collecte, va continuer a jouer un rôle sur le marché mondial, alors que les différences de coûts de production s'amenuisent à l'échelle planétaire, en particulier du fait du foncier en hausse dans de nombreux pays. »


Valorisation française


S'agissant de la France, 41 % du lait produit est exporté hors du pays (beaucoup de fromages, et des poudres pour le grand export), avec une valorisation qui reste intéressante, en comparaison à l'Allemagne par exemple. « Moins cher que dans d'autres pays, le prix du foncier est un avantage pour les producteurs français. Par ailleurs, 95 % de l'alimentation des vaches provient de notre pays. » Un bon score. Autre atout des Français : « ils savent aussi produire en été, en cas de conjoncture favorable. » Mais, même si elle a régressé ces dernières années, la variation saisonnière reste forte sur la collecte nationale, moins importante toutefois dans l'Ouest. Autre désavantage, les investissements et le coût de main-d'œuvre/L de lait sont élevés. Reste que la production française est reconnue pour son sérieux et sa qualité.


20% de lait en plus ?


Cette dynamique laitière forte signifie-elle que les éleveurs de l'Ouest produiront 20 % de lait en plus dans quelques années, comme on l'entend parfois ? « Non, il y aura sans doute une augmentation, mais pas d'une telle importance », répondent à l'unanimité les invités de la table ronde. « C'est vrai que nous nous développons avec des produits d'origine française dans des pays émergents, comme la Chine, mais ils vont également augmenter leur productions locales », souligne Michel Nalet, responsable relations extérieures Lactalis. « Certaines exploitations produiront peut-être 20 % de plus, mais d'autres auront arrêté », complète Pascal Nizan, président de Sodiaal Bretagne Est, soulignant que la main-d'œuvre constitue le premier frein au développement de la production. La coopérative va toutefois réaliser des investissements industriels pour être prête demain, à transformer et valoriser le lait. « En tant que coopérative, nous devons aussi assumer le fait d'être présents sur tout le territoire français. » Pour Anne Richard, l'équilibre territorial des élevages français est une force : « Il permet davantage d'autonomie fourragère et une meilleure image de la part des consommateurs. Dans les zones moins dynamiques, la préservation des exploitations passera par contre par des choix politiques. » Agnès Cussonneau


 


Photo : De g. à dr. : Thierry Roquefeuil (FNPL), Anne Richard (Cniel), Jean Dubé (Terra), Michel Nalet (Lactalis) et Pascal Nizan (Sodiaal).







OP : « Sécuriser les installations et la modernisation »
Constatant l'avenir positif pour la filière laitière d'Ille-et-Vilaine, René Collin, président de la FDSEA, a cependant réaffirmé l'importance pour les syndicats de rester mobilisés. « La mise en place des OP (Organisations de Producteurs) doit permettre de sécuriser les installations et la modernisation des exploitations. » Sur les contrats, alors que les discussions sont toujours en cours avec les producteurs, Michel Nalet précise que Lactalis souhaite s'orienter « vers une relation partenariale. » L'entreprise se montre toujours opposée aux prix différenciés, « car la frontière entre les marchés n'existe pas. » Pour Sodiaal, le système de double prix a été choisi.



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Date de l'article : semaine du N° du 23 Décembre 2011 au 5 Janvier 2012
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