
Très inquiète des conséquences de la réforme de la Pac - Post 2013, suite aux dernières propositions du commissaire européen Dacian Ciolos, la profession multiplie les initiatives pour tenter d’infléchir certaines dispositions. C’est dans ce contexte qu’une démarche a été conduite début décembre auprès de parlementaires français et européens. Olivier Allain, président de la Chambre d’agriculture et de la commission économique de la Chambre régionale d’agriculture de Bretagne s’est appuyé sur le député costarmoricain, vice-président de l’assemblée nationale, Marc Le Fur, pour organiser ces rencontres avec les parlementaires. Pour donner plus de poids à cette démarche, il a aussi associé Jacques Chazalé, président de la Chambre régionale d’agriculture d’Auvergne, et du SIDAM, structure regroupant 25 départements d’Auvergne Massif central. Jugée très constructive par les professionnels, elle a permis de porter le dossier et les préoccupations des deux régions auprès de deux députés européens, Michel Dantin du Parti populaire européen, et de Stéphane Le Foll, député socialiste européen, ainsi que de nombreux parlementaires des deux assemblées françaises, dont Louis Giscard d’Estaing, député du Puy de Dôme, également vice-président de l’assemblée.
Travailler avec d’autres régions
La démarche visait à les sensibiliser sur les conséquences de certaines dispositions du projet de la commission pour le monde de l’élevage. Il s’agissait notamment de rappeler les risques liés à une convergence des aides, qui se traduirait pour les éleveurs par une baisse de 20 à 40 % des aides directes.« L’idée est donc de faire reconnaître la spécificité de l’élevage. Avec beaucoup d’actifs, ce sont des structures réduites, qui nécessitent des investissements importants en cheptel, bâtiments », insiste Hervé Moël, vice-président de la FDSEA 22 qui faisait partie de la délégation. Pour les représentants de l’élevage, cette démarche a permis de montrer l’incohérence et l’injustice que créeraient des aides uniformisées sur tous les hectares. « Les aides constituent une part prépondérante du revenu des éleveurs, sans lesquelles dans le contexte actuel, le plus grand nombre serait fragilisé. La vitalité des territoires ruraux dans les zones à dominante élevage serait alors gravement menacée », précise Olivier Allain. Plusieurs pistes sont avancées, comme celle proposée par les Côtes d’Armor qui consisterait à instaurer une prime spécifique à l’élevage, avec un plafonnement aux cinquante premiers hectares. Le débat ne fait que commencer et pour les professionnels costarmoricains, cette démarche se voulait aussi et d’abord la preuve qu’ils ne sont pas seuls à se mobiliser D’autres régions partagent leurs inquiétudes et les rejoignent pour défendre les éleveurs. Pierre Dénès
Photo : Une rencontre avec des parlementaires. De gauche à droite : H. Moël, vice-président de la FDSEA 22, O. Allain, président de la Chambre, M. Le Fur, Député, L. Giscard d’Estaing, député du Puy de Dôme et J. Chazalé, président de la Chambre régionale d’agriculture d’Auvergne.